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Notre disparu
In Memoriam : Jean-Pierre Abeberry, un plaza gizon biarritztar
In Memoriam : Jean-Pierre Abeberry, un plaza gizon biarritztar

| Alexandre de La Cerda

In Memoriam : Jean-Pierre Abeberry, un plaza gizon biarritztar

Jean-Pierre Abeberry, champion de pelote basque
Jean-Pierre Abeberry, champion de pelote basque ©
Jean-Pierre Abeberry, champion de pelote basque

Né le 22 août 1953 à Biarritz, l’enfant de la rue de Madrid au quartier Beaurivage de Biarritz où son père, Albert, tenait une boulangerie fort connue, fut champion international de pelote basque et avait également remporté de nombreux titres de champion du Pays Basque et de France avec pour équipier, Lilou Echeverria, l’actuel président de la Fédération française de pelote basque. Membre d’une famille emblématique de Biarritz et de tout le Pays Basque, parmi les oncles de Jean-Pierre Abeberry, on citera volontiers Jakes Abeberry, directeur de publication d’Enbata et ancien directeur d’Oldarra, qui eut une part déterminante dans le développement de la culture à Biarritz en tant qu’adjoint de la municipalité, avec la création du Festival le « Temps d’Aimer » et la venue de la troupe de danse Thierry Malandain ; également Maurice Abeberry, avocat et ancien président de la Fédération française de pelote basque (1972-1988), également président des Ballets basques de Biarritz Oldarra de 1952 à 1973, ou encore Jean-Claude «  Koko » Abeberry, avocat et figure du mouvement abertzale, également pierre angulaire d’Enbata pendant 50 ans.

Pour ma part, j’avais souvent rencontré Jean-Pierre Abeberry pour faire écho de tout ce qu’il organisait dans le domaine culturel, en particulier le Festival des traditions basques qui, en sept soirées, alliait danse, chant, pelote et force basque autour de la Toussaint, « lorsqu’il y a du monde à Biarritz ». Et combien de fois avions-nous entendu sa voix résonnant dans bon nombre de frontons et Jaï Alai, en particulier ceux d’Aguilera et du parc Mazon ?  Car, il aimait accompagner au micro les spectateurs tout au long des parties de cesta punta ou de grand chistéra, distillant à merveille anecdotes et explications techniques de ce sport qu’il aimait tant. 
Beaucoup de ses camarades et collaborateurs ne le décrivent-ils pas comme « investi, si gentil, passionné et dévoué » ? J'aime l'expression de mon ami Yves Ugalde : « Cette ville (Biarritz), il y aura accroché sa vie comme l'operne sur son rocher. Aussi solidement ».
De nombreuses personnalités ont partagé leurs souvenirs :

Maider Arostéguy, maire de Biarritz : « issu d’une famille emblématique de Biarritz, il était et restera une figure de la Ville et de la pelote basque. Toute sa vie il a participé à l’animation de Biarritz et à la promotion de son sport, culture et tradition chevillées au corps. D’abord joueur de pelote à grand chistera et à Cesta Punta, sacré champion du monde à Montevideo en Uruguay en 1974, il s’est ensuite investi dans son club de cœur, le Biarritz Athletic Club, créé par son père et son oncle. Incontournable, il a été au cœur de l’organisation des plus grandes animations biarrotes : au Parc Mazon, puis au sein du Comité du tourisme et des fêtes, de Biarritz Animation ou encore du Comité des Fêtes de Bibi Beaurivage…. Une implication totale pour ce passionné qui ne comptait ni son temps ni son énergie pour le Pays Basque, pour Biarritz et pour la pelote. Ez adiorik Jean-Pierre ».

Le sénateur Max Brisson : « Jean Pierre Abeberry était bien-sûr un avant gauche à grand chistera parmi les plus doués de sa génération mais aussi et surtout une figure biarrote. Le fils d’Albert le boulanger, un de la célèbre fratrie qui a tant donné à Biarritz et au Pays Basque. Un animateur toujours dévoué à sa ville et à son club, le BAC. Engagé professionnellement dans ce que l’on appelait autrefois le Comité de Tourisme et des Fêtes - le CTF - où il travailla avec mon épouse Muriel, il fut la cheville ouvrière des “semaines” du début juillet, des “pêches aux crabes” de la grande plage et des soirées du Parc Mazon ”avec repli à Plazza Berri en cas de pluie. Devenu permanent au BAC, il animait les soirées d’été avec cette grande générosité qui le caractérisait pour faire applaudir les Serge Camy, Eric Irastorza et autres grandes figures de la Cesta-punta. Homme au grand cœur, il a vu grandir dans ce club de l’« Euskal Jaï Fernand Pujol », sa deuxième famille, des générations de joueurs qu’il a entourés de sa gentillesse et de son affection.

Il avait épousé lui, Abeberry le biarrot - certes le fils d’Albert, l’ami de Bernard Marie, mais qui ne rejetait rien des combats de sa famille -, une Kanboar, Martine Fagoaga, fille de militants profondément gaullistes, que j’ai bien connus et profondément respectés. Comme quoi sa bonne ville de Biarritz et son cher Pays Basque sont plus complexes qu’il n’y paraît. Lors de tous mes combats, il me manifesta toujours beaucoup de respect et d’amitié.

Il faisait partie de ce Biarritz qui disparaît où chacun se connaissait, s’appréciait, se jaugeait, se tutoyait, se respectait et faisait profondément communauté. Il a mené la dernière partie jusqu’au bout, avec détermination, comme un pilotari qui cherche le dernier point. Repose en paix Jean-Pierre. Ce matin, je pense aux tiens, à ton épouse Martine et à ton fils, mon ami, Peio. Ta voix résonnera longtemps dans la mémoire des Biarrots lors des belles soirées d’été de l’Euskal-Jaï de Biarritz. Au revoir Jean Pierre et merci pour tout ».

A la demande du défunt et de la famille mais aussi en raison des conditions sanitaires drastiques du moment, la cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 18 août  à 15 heures à l’Euskal-Jai Fernand Pujol de Biarritz Aguilera. R.I.P. Goian bego.

Légende : Jean-Pierre Abeberry ©Bernard Hiribarren

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