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Patrimoine
Musée Balenciaga à Guetaria : de nombreux événements pour l’anniversaire du maître © DR- Cristóbal Balenciaga dans sa maison de couture

| Alexandre de La Cerda

Musée Balenciaga à Guetaria : de nombreux événements pour l’anniversaire du maître

Le Musée Balenciaga à Guetaria commémorera le 125ème anniversaire de la naissance du célèbre maître basque de la Haute-Couture par une série d'événements, en particulier un congrès et deux expositions la première - du 29 février au 22 juin - sera intitulée "Cristóbal", car il s'agit à cette occasion d’approfondir sa personnalité à travers les objets qui l’entouraient.
Cette exposition sera suivie par "Alaïa et Balenciaga : sculpteurs de forme" - du 15 juillet au 31 décembre - qui proposera un dialogue entre les créations de Balenciaga et celles du styliste tunisien Azzedine Alaïa. On a souvent employé le terme « architecte » pour décrire le travail de Balenciaga et d’Alaïa, dont les créations sont des démonstrations de coupe et de technique et il n’est guère étonnant que ce dernier se soit passionné pour le travail du maître guetariar. Car, peu après que Cristóbal Balenciaga eut décidé en 1968 de fermer sa maison de couture, Azzedine Alaïa fut contacté par la directrice adjointe de la maison Balenciaga, inquiète du sort des stocks de tissus et des robes restées entreposées dans l’atelier qui avait récemment fermé ses portes. Elle proposa alors au jeune Alaïa d’en disposer comme il voulait, et de prendre la liberté de couper dans les robes de nouveaux modèles. Fasciné par le travail technique et créatif employé sur les vêtements, Alaïa choisit de les conserver intacts, et de constituer des archives qui marqueront le début d’une grande collection qu’il ne cessera d’enrichir tout le long de sa vie. La nouvelle exposition de la galerie Azzedine Alaïa fait dialoguer plusieurs dizaines de ses modèles avec ceux de Cristóbal Balenciaga, un face à face étonnant entre deux grands maîtres de la coupe et du volume (jusqu’au 28 juin, 18 rue de la Verrerie à Paris IVème).
Par ailleurs, le Ier Congrès international Cristóbal Balenciaga - qui se déroulera les 1er et 2 octobre prochains - étudiera la figure du styliste de manière "scientifique, analytique et académique" dans le but est "d'encourager l'exploration de nouvelles interprétations et l'apport de nouvelles données sur la personnalité, le contexte et le travail du créateur", ainsi que des recherches sur les différents contextes biographiques, culturels et professionnels dans lesquels Balenciaga a évolué. Le programme "Balenciaga Museoa 2020" sera complété par des master classes et des cours professionnels, ainsi que par le IVème cours d'été de l'Université du Pays Basque. Au cours de l'année écoulée, ce sont plus de 54 000 visiteurs qui ont admiré les œuvres originales de Balenciaga au musée de Guetaria qui en compte plus de 3500.

Un Basque universel qui aimait sa terre natale
Par son universalité, la figure de Balenciaga est certes de celles qui représentent avantageusement le Pays Basque dans le monde, quatre siècles après que son compatriote de Guetaria, Elkano, eut accompli le tour du monde (et non Magellan). Pour l’anecdote, le père de Balenciaga était le capitaine du canot de promenade de la reine Maria Cristina et un croquis de l’époque le montre guidant la baignade du jeune futur souverain Alphonse XIII ! Un peu comme Sarasate avait dû, en partie, l'éclosion de son génie à la comtesse Espoz y Miña, c'est la Marquise de Casa Torres qui avait remarqué le jeune fils de sa couturière à Guetaria et l'avait envoyé à Paris en 1912 pour se frotter à la Haute-Couture : le destin de Cristobal Balenciaga était, dès lors, scellé, et son talent fit le reste. Il y rencontrera les couturiers Poiret, Worth… Et l’impératrice Eugénie ! Il assistera à la première présentation de Chanel qu’il avait déjà connue au Casino de Saint-Sébastien et fera ainsi son apprentissage avant d’ouvrir sa première maison de couture au nom de Balenciaga à Saint-Sébastien en 1915.
Après Madrid et Barcelone dans les années trente, Balenciaga s’installe avenue George-V à Paris au moment de la guerre civile et sa première collection connaît un succès immédiat. Dès lors, il habillera reines et gloires hollywoodiennes, créant en 1960 la robe de mariée de la reine Fabiola de Belgique, les toilettes de Grace de Monaco et de la Duchesse de Windsor ainsi que celles de Marlène Dietrich, Audrey Hepburn et de bien d’autres. N’avait-il pas inauguré dès 1951 une nouvelle silhouette féminine, col dégagé, épaules prononcées et taille marquée ? Son travail a influencé de nombreux couturiers, tels Oscar de la Renta, André Courrèges, Emanuel Ungaro et Hubert de Givenchy qui participa activement, dès son lancement, aux activités de la Fondation Balenciaga.
Les visiteurs du musée installé au palais Aldamar, ancienne résidence des Marquis de Casa Torres où s’était joué le destin de Balenciaga, remarqueront l'extraordinaire modernité des modèles qu’il a conçus, en particulier celui, exceptionnel, qu'il consacra au « Boléro » de Ravel : les couleurs, les parfums et les sons ne sont-ils pas voués à se répondre, tel que l'affirmait Baudelaire ? 
Génial créateur d’art dans la Haute-Couture, le guetariar entre assurément au panthéon des plasticiens à l'esthétique basque, de Zuloaga qui peignit un portrait de sa fille Lucia dans une robe Balenciaga, à Chillida qui créa le logo de la Fondation Balenciaga en affirmant :  « Cristobal Balenciaga, créateur de rêves et de chimères, maître parmi les maîtres. Il aimait sa terre, silencieux, admiré de tous, il parcourut le monde »
Dans le cimetière de Guetaria au flanc d’une colline, sa tombe légèrement surélevée fait face aux coteaux couverts de vignes et répond au monument du grand navigateur Elkano qui, le premier, avait accompli le tour du monde.

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Fournier | 25/01/2020 16:03

très bien documenté

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