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La tragédie d’Yzosse : adolescences « fragiles », soumises à la permissivité... © DR - L’adolescent dacquois assassiné

| François-Xavier Esponde

La tragédie d’Yzosse : adolescences « fragiles », soumises à la permissivité...

Les amis de l’adolescent de 17 ans dont le corps a été retrouvé à Yzosse dimanche soir, qui étudiait au lycée de Borda à Dax et pratiquait l’athlétisme à l’Union sportive dacquoise, se réuniront ce samedi 8 février (entre 15h et 17h) dans le parc de la mairie de Dax. François-Xavier Esponde revient sur ce crime commis par des élèves mineurs, eux-mêmes lycéens à Orthez.

La violence des adolescents ayant entraîné la mort d’un camarade pour des raisons « sentimentales » laisse tout un chacun sonné et perplexe devant la brutalité du geste et du délit.
La vie humaine mise en danger et objet d’un crime aussi barbare ne pouvait être pensable dans nos régions paisibles où d’ordinaire, les activités ludiques du dimanche laissent peu de place à ces horreurs.
Un fait divers sans doute, mais d’une gravité incroyable.Parents, enseignants et éducateurs adultes, en charge de ces adolescents, en prennent-ils la mesure et comprennent-ils la responsabilité qui leur incombe ?Pourquoi, et selon quelles raisons, ces adolescents « fragiles » ont-ils franchi la ligne rouge d’une aversion et d’une haine devenues criminelles ?
Nos régions ne sont pas pour l’heure soumises au racisme, à la xénophobie ou au fondamentalisme religieux, et de Dax à Orthez, le temps des violents affrontements entre calvinistes et catholiques correspond heureusement à un passé révolu : des sentiments humanistes ne peuvent imaginer de tels actes sauvages aux conséquences de longue portée et d’inversion des valeurs qui contredisent toute éducation civile et humaine attachée à des principes que l’on pensait intangibles.
Mais les faits sont réels, indéniables, irréfutables et condamnables. La justice aura ce lourd tribut de chercher à en comprendre les raisons et en saisir le sens.
On promouvait jadis des Maisons des Jeunes et de la Culture, devenues des Maisons Citoyennes, pour endiguer les passions juvéniles et les éduquer vers des projets humanistes pour assurer le bien public de la jeunesse.Les éducateurs de ces institutions reconnaissent la dureté de leur tâche. Le manque de moyens humains et matériels font défaut parfois. Mais dans le cas présent, ces adolescents n’étaient pas déscolarisés et la question se pose lancinante : pour quelle raison et pourquoi faire, ces jeunes gens ont-ils agi de la sorte, sans réserve, sans retenue et sans interdit !
Adultes interloqués et mis en situation de l’urgence, chacun devra chercher à vouloir comprendre les mobiles du crime, et réviser certaines conduites dites de « liberté sans entrave » dont on peut parfois payer dans la douleur le prix au plus fort, lorsque des faits délictueux d’une telle gravité déstabilisent les institutions de la ville, de l’école et des familles.
Les adolescents vivent dans le numérique, les réseaux sociaux et les images d’une extrême violence diffusées sur divers sites et vidéos.Le réel et le virtuel cohabitent, se heurtent et s’opposent dans leur imaginaire. La frontière entre ce qui est permis et le défendu s’avère extrêmement ténue, voire inexistante selon le principe du « laisser-faire », du « laisser-voir » et l’opinion que patience et longueur de temps répareraient davantage les erreurs de jeunesse que la force de l’éducation. Mais devant la gravité du crime, les plus avisés des adultes ne peuvent acquiescer et la règle des interdits devient la seule possible.
Jeunesse adolescente, fragile et exposée au regard introspectif de la pudeur et de l’intimité personnelle, la vie même de l’enfance perdue et recherchée à jamais démasque les frontières des passages vers la maturation personnelle. Il faudra du temps à ces adolescents perturbés par les faits commis pour reprendre le goût de vivre et assumer la triste réalité d’un jour où les choses basculèrent dans l’absurdité !

NDLR. : on ne peut que se réjouir d'une initiative conjointe de la direction et de l’association des parents d’élèves du collège Sainte-Marie à Saint-Jean-de-Luz qui consiste à remettre des diplômes à un garçon et à une fille dans cinq catégories :
sports, arts, écologie, médiation et « responsabilisation et bonne action », chacun des lauréats étant appelé dans la cour et distingué devant les élèves et les enseignants. L'objectif de cette manifestation étant de « mettre en valeur le bon exemple  à l’heure où, dans les colonnes des journaux et sur les réseaux sociaux, on ne parle que de ce qui ne va pas », selon le chef d’établissement.
Par ailleurs, il convient également de signaler la conférence de Kathleen Blackwood, formatrice et facilitatrice en éducation positive, conférence qui s'adresse tout particulièrement aux parents, grands-parents et éducateurs, sur le thème : «L’encouragement de nos enfants au cœur de l’éducation» (mardi 11 février à 20h à Saint-Jean-de-Luz, salle Ducontenia au 1er étage / Entrée libre).

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Rivera | 08/02/2020 08:22

Bravo pour ce texte bien argumenté et nuancé. Je viendrai à cette réunion.

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