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Le covid 19 et les effets sur l'école
Le covid 19 et les effets sur l'école

| François-Xavier Esponde

Le covid 19 et les effets sur l'école

1 - L’école subit le Covid 19
Autour de nous le silence et la sédentarité des familles pendant la pandémie auront été les facteurs les plus saisissants de ces deux mois passés en quarantaine.
Les professeurs des écoles, les enseignants de collèges et lycées donnant leur enseignement via le numérique, on pouvait suivre à distance, au fil des jours, le cours de la maîtresse à ses élèves confinés chez eux comme leur professeur prié de garder son domicile pendant l’épidémie.
Mais de notable observation, autour de 5 à 8 % des  enfants n’ont pas suivi pour tous, les enseignements donnés par l’Education Nationale et la perte des effectifs pendant ce confinement à distance a éveillé le souci pédagogique des enseignants, déconnectés de leurs élèves au milieu de l’année scolaire et à l’heure des examens proches.

L’enseignement à distance était la solution la moins mauvaise, mais faute de mieux, elle aura montré ses limites.
- Les parents devenus enseignants de substitution, les familles disposant ou non d’ordinateurs, les enfants désocialisés par un réglement personnel relâché, la perte du goût des études pour les enfants les moins disposés, auront fait voler en éclat le principe que l’école est laissée à la liberté de chacun et les études, comme une option facultative de toute scolarité...
- Cette crise encore en cours a montré combien les différences sociales, économiques et culturelles décidaient pour une bonne part de la volonté des enfants à étudier à distance de leurs maîtres.
Les pédagogues de l’enseignement tel Philippe Meirieu rapportent encore “le rapport au langage de ces enfants tant à l’oral qu’à l’écrit, si hétérogène selon les familles, est une pénalité pour entrer dans le monde scolaire.”
- Certains élèves toujours en cours pour intégrer les codes scolaires, ne comprendront pas les consignes données par les maîtres. Il ne sera pas naturel à tous les parents d’exercer cette fonction d’assistance dans les pratiques numériques demandées pour cet enseignement à distance de codes qui ne leur sont pas familiers.
- Vouloir distinguer pour le maître les élèves en difficulté et ceux en rupture accroitra davantage la brisure du système mis en place par défaut, pour assurer à minima une école publique et unique pour tous.

Mais, diront les chiffres rendus publics, la perte des effectifs scolarisés sera évaluée au-delà des estimations préalables.
Les premiers avis semblaient positifs de principe, mais au fil des semaines inachevées du confinement, les professionnels des écoles ont mesuré la brisure du système en l’état pour les plus vulnérables, les plus exposés à la continuité scolaire.

2 – Les vieilles méthodes ont encore du sens.
“Le rattrapage chez les élèves moyens s’adressera à ceux qui pourront s’en sortir, et curieusement davantage aux filles qu’aux garçons car selon les pédagogues, dans milieux moins favorisés, les garçons auront une image plus négative du travail scolaire, et la soumission aux règles scolaires pourrait les priver de leur forme de supériorité masculine, à l’âge où la domination psychologique peut avoir une incidence dans leur conduite scolaire.”

Laissant la tendance au laisser faire, laisser passer, la tentation du décrochage serait la pire des menaces face à la demande de donner plus de temps et de travail personnel, pour se réconcilier avec l’école, les programmes nécessaires de toute la scolarité.
Un exercice ingrat pour les maîtres qui auront à mener en sus de leur enseignement à distance, une conduite pédagogique inventive et adaptée au cas personnel de ces élèves difficiles.
Composer de la sorte un accompagnement personnalisé requiert une connection de propositions originales, une capacité d’adaptation et des exigences neuves pour conjuguer la matière, le récepteur de l’enseignement, et la méthode appliquée en ces situations particulières.
Un tel profil existe déjà dans les méthodes de pédagogie active et coopérative des Ecoles Don Bosco, d’un Célestin Freinet, des Ecoles de Marie Montessori,  d’un Paulo Freire et aussi des Ecoles Jean Baptiste de la Salle implantées dans les quartiers difficiles des cités.

Par temps de crise, telle que celle qui est aujourd’hui le lot des enfants confinés chez eux, cette pédagogie adaptable devrait pouvoir bénéficier à tous, permettre de retrouver confiance aux élèves et à leurs professeurs par le partage du savoir, le désir de l’effort pour y parvenir.
Développer le projet personnel pour chaque élève le rendant responsable du vouloir apprendre serait la meilleure motivation vers plus d’autonomie comme l’objectif pour chaque professeur qui à terme le souhaite pour ses élèves.

La crise sanitaire a engendré cet état de la situation et son corollaire avec l’école, révélant de la forte les inégalités entre les parents et les familles, face à l’enjeu scolaire de la connaissance pédagogique des savoirs
Face au confinement pour l’élève et le professeur, il demeurera la nécessité de valoriser le rôle enseignant revisité par les circonstances et contraint à une véritable intéraction pédagogique, en sus à distance, et sans autre solution pour le cas, sinon le renoncement professoral ou scolaire, qui seraient funestes pour l’Education Nationale.

Curieux paradoxe français où l’institution scolaire fut créée en rupture avec les traditions familiales de nos langues vernaculaires, de la religion et des croyances spécifiques à nos régions, où l’Etat jacobin, souverain et premier voulait incarner la langue nationale pour tous, la raison première, la science et l’égalité des chances pour chaque enfant, indépendamment de son origine sociale, et la réalité effective des familles.
De fait et dans les faits, la crise actuelle de l’école, de la crise sanitaire sur les élèves, et de leur éloignement aura creusé la distance entre les familles et leur école, et le risque latent de la méfiance entre les deux institutions liées par le bénéfice de l’enfant à instruire, se posera à frais nouveaux dans le prochain avenir pour chacune.

Familles et écoles seront étroitement liées par la coéducation qui détermine la qualité obtenue en faveur des élèves les plus éloignés de la culture scolaire, et que la crise patente du moment accentue dans ses manifestations et ses rapports.

Le virus sanitaire aura de la sorte infecté aussi le système scolaire pour lequel le rôle irremplaçable du maitre, de la relation immédiate et proche de l’élève dans son école, de la proximité éducative du suivi des études connaîtront par retour une évaluation nouvelle dans les prochains mois.

On ne remplacera jamais dans l’urgence des méthodes qui marchent, par des techniques qui s’apprennent à distance mais par défaut, rien ne faisant écho à la maîtrise parfaite des enseignements que la présence continue du maître et de son élève, qui se jaugent et s’apprécient dans leurs connaissances et leur confiance mutuelle.

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