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Histoire
"Los Reyes", les Rois-Mages et leurs cadeaux, 500 ans de tradition "tras la muga"
"Los Reyes", les Rois-Mages et leurs cadeaux, 500 ans de tradition "tras la muga"

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"Los Reyes", les Rois-Mages et leurs cadeaux, 500 ans de tradition "tras la muga"

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Pampelune ouvre ses portes au cortège royal ©
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Pampelune : entrée des bannerets du cortège royal ©
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Pampelune : le cortège royal, entrée des mages ©
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Si l'identification des Rois Mages avec les «cadeaux» de Noël en Espagne plonge ses racines en des temps très anciens pour se répandre ensuite et dans la plupart des pays de culture hispanique aux Amériques, c’est bien au XVIème siècle que cette coutume s’est implantée, lorsque l'Église a décidé de remplacer les étrennes de Noël, d'origine païenne, par la distribution de cadeaux à la Pâques des Mages.

La première référence aux Mages d'Orient se trouve dans l'Évangile de saint Matthieu qui ne précise ni leur nombre, leur nom ni aucune fonction « régalienne », mais ce n'est qu'au VIème siècle que les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar ont été énoncés pour la première fois, dans une mosaïque de l'église San Apolinar Nuovo à Ravenne en Italie.

La fête des mages coïncide avec la célébration, dans la nuit du 5 au 6 janvier, de la première des trois épiphanies de l'année liturgique chrétienne, plus précisément celle qui symbolise la révélation de Jésus au monde païen, représentée par les mages.

Au fil du temps, et une fois surmontées les disputes théologiques initiales sur quelle devrait être la célébration la plus importante de Noël (Naissance de Jésus ou Epiphanie), l'unification des deux a conduit chaque pays à choisir l'une ou l'autre date comme jour par excellence pour les cadeaux.

Mais au moment de choisir l'une ou l'autre date - Naissance de Jésus ou Epiphanie - comme jour par excellence pour les cadeaux, si la plupart des pays ont opté pour la veille de Noël, en Espagne, où, comme dans d'autres pays catholiques, l'Épiphanie a été unifiée avec la fête des Mages, la coutume s’est établie au XVIème siècle, lorsque l'Église a interdit de distribuer des jouets ou des bonbons en guise de cadeaux de Noël (tradition féodale française d'origine païenne) et d'établir, en compensation, la fête des Rois comme symbole de la victoire du jour sur la nuit. Dès lors, les rois venus d’Orient ont été associés aux cadeaux de Noël.

Si le jour des Rois Mages revêt toujours une grande importance à Saint-Sébastien (voyez notre article dans la "Lettre du 2 janvier 2020 
https://baskulture.com/article/les-rois-mages-au-pays-basque-suite-2773 ), la capitale de la Navarre n’est pas en reste : à Pampelune, le 5 janvier, au son des chants de Noël interprétés par la banda "Belen" (Béthléem, ville de la Nativité), la foule attend patiemment les Rois Mages devant la Porte de France. A l'heure dite, le cortège royal demande la permission d'entrer dans la ville. On ouvre les portes et commence le défilé : les bannerets dirigent le cortège, suivent les trompettes, les chevaliers sur leurs montures, des pages, et enfin les Rois : Melchior entre le premier monté sur son chameau, suivi de Gaspard et de Balthazar. 

Comme tant d'autres coutumes, les Rois Mages ont voyagé à bord des navires des Conquistadores vers le Nouveau Monde pour y importer ces coutumes hispaniques, particulièrement enracinées à Puerto Rico où, selon une tradition non vérifiée, la première messe de l'histoire de l'Amérique a été célébrée précisément le 6 janvier. Sur l'île, les enfants mettent de l'herbe fraîche dans une boîte à chaussures pour que les chameaux puissent manger, et le lendemain, la boîte semble vide d'herbe et pleine de cadeaux.

La coutume de mettre des chaussures à la veille de la fête des Rois existe également, avec diverses variantes, au Venezuela, en Argentine, en Uruguay, au Pérou, en République dominicaine et au Paraguay.
Quant à l’Italie, on y trouve la curieuse présence d’une (bonne) sorcière qui a guidé les Rois-Mages lors de leur voyage à Bethléem et qui distribue des bonbons aux enfants obéissants dans la nuit du 5 au 6 janvier. 

La coutume des douze grains de raisins au réveillon du Nouvel-An en Espagne

"Il est de coutume à Madrid de manger douze raisins à midi sur l'horloge qui sépare l'année sortante de la nouvelle." C'est ainsi que la presse locale rapporta en janvier 1897 une pratique qui, bien que nouvelle à l'époque, avait déjà suffisamment pris racine pour devenir l'une des traditions les plus caractéristiques de la Saint-Sylvestre. Pour le journal "El Imparcial", l'habitude serait venue de France "de manger du raisin et de boire du champagne pour accueillir la nouvelle année".
Le 1er janvier 1896 , le journal "La Correspondencia de España" relatait comment, dans la "belle résidence du Président du Conseil des Ministres", le Général Martínez Campos et les ministres avaient salué l'arrivée de la nouvelle année en mangeant des raisins et en buvant du Champagne", tout en prononçant «des toasts enthousiastes et patriotiques» pour l'armée qui «se battait si courageusement à Cuba». Cette coutume se serait ensuite étendue à d'autres villes d'Espagne et à toutes les couches de la société lorsque des Madrilènes avaient mangé du raisin à la Puerta del Sol au rythme du carillon de l'horloge pour imiter l'aristocratie.
Et la diffusion de la coutume avait bénéficié en 1909 des surplus d'une récolte particulièrement abondante des vignerons d'Alicante et de Murcie qui encouragèrent la dégustation d'un grain de raisin à chacun des douze coups de minuit annonçant l'année nouvelle !

La coutume de manger du raisin le soir du Nouvel-An existe dans d'autres pays hispaniques, en particulier l'Argentine, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Mexique, le Pérou ou le Venezuela. En Grèce, on déguste un gâteau appelé Vassilopitta, dans lequel une pièce a été insérée ; et en Italie, selon une tradition romaine destinée à favoriser la fortune, on prépare une assiette de lentilles...

 

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Première mention de Melchior, Gaspard et Balthazar à l'église San Apolinar Nuovo à Ravenne ©
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Nouvel-An en Espagne : caricature des grains de raisin à la Puerta del Sol ©
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René PETIT | 10/01/2021 10:25

Très beau témoignage des traditions qui rassurent dans ce monde artificiel, virtuel, déshumanisé, cruel que nous subissons au quotidien. J'aime les témoignages des époques où biens qu'elles aient toutes connues chacune des épisodes sombres, nous permettent de croire qu'elles n'avaient rien de comparable à la notre.

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