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Histoire
Un an déjà : hommage au Comte de Paris (1933-2019).
Un an déjà : hommage au Comte de Paris (1933-2019).
© DR - Le Comte de Paris avec Michel d’Arcangues

| Michel d'Arcangues

Un an déjà : hommage au Comte de Paris (1933-2019).

Il y a un an, presque jour pour jour, le 21 janvier 2019, Henri d’Orléans, comte de Paris, comte de Clermont, duc de France, s’éteignait brusquement dans son petit appartement de la rue de Mirosmesnil, aux  côtés de sa deuxième épouse, Mikaela Cousiño Quinoñes de Leon, alors qu’il s’apprêtait à se rendre dans l’église de Saint Germain l’Auxerrois pour une messe de commémoration en l’honneur de la mort du roi Louis XVI, guillotiné en place publique le 21 janvier 1793. 
Se sentant fatigué, il s’allongea près de son épouse qui dormait et s’éteignit paisiblement, sans que cette dernière ne se rende compte de rien.
Etonnante et stupéfiante coïncidence, rappel de l’histoire pour celui qui aurait pu comme prétendant orléaniste accéder à la couronne de France sous le nom d’Henri VII si par extraordinaire le pays avait décidé de redevenir une monarchie.

Monseigneur - ainsi que nous avions l’habitude de l’appeler - avait épousé en premières noces en 1957 la duchesse Marie-Thérèse de Wurtenberg avec laquelle il eut cinq enfants, dont un garçon et une fille lourdement handicapés. 
Il s’engage dans l’armée, combat pendant la guerre d’Algérie et est décoré pour faits d’armes.
En 1959 il est chargé de mission auprès du Ministère de le Défense par décision du général de Gaulle.
En 1962, il est affecté au cinquième hussards en Allemagne, puis au premier régiment étranger à Aubagne et de 1966 à 1967 au premier Régiment de Cavalerie de la Légion Etrangère à Mers-El-Kebir en Algérie, puis termine sa carrière militaire à la CAR n°1 de Rueil-Malmaison.
Il travaille un temps au Crédit Lyonnais à Annemasse près de la frontière suisse.
En 1981, il crée le Centre d’Etudes et de Recherches sur la France Contemporaine devenu en 1999 Institut de la Maison Royale de France.
Il succède en temps que président d’honneur à la tête de la Fondation Saint-Louis en 1999 après le décès de son père.
A la mort de ce dernier il ajoute le titre de Duc de France pour qu’on le différencie bien de son père.
Monseigneur était le fils de Henri d’Orléans (1908-1999) et de Isabelle d’Orléans Bragance (1911-2003) qui eurent onze enfants.
Le patrimoine mobilier et immobilier de la famille d’ Orléans faisait partie de la Fondation Saint-Louis créée par lui en 1975. Monseigneur se retrouva pendant de nombreuses années dans de grandes difficultés financières, n’ayant rien reçu de son père à cause de son divorce.

J’ai eu pendant plus de dix années le privilège et l’honneur de bien connaître le Comte de Paris et sa deuxième épouse Mikaela, qui s’étaient remariés religieusement à l’église d’Arcangues, après l’annulation de son premier mariage par le Vatican.
Un grand dîner fut organisé au Château d’Arcangues suite à la cérémonie pour plus de cent invités.
Le Comte et la Comtesse de Paris revinrent régulièrement dans le Pays Basque pour lequel ils avaient une profonde affection – cette dernière y avait passé son enfance où sa famille possédait une demeure - El Quiñon – et j’ai eu l’occasion de les recevoir régulièrement jusqu’au décès du Prince.

Monseigneur est inhumé dans la chapelle royale Saint-Louis de Dreux, nécropole de la famille d’Orléans, construite en 1816, où reposent parmi de nombreux membres de la famille d’Orléans, Louis-Philippe roi des Français (1773-1850), et son épouse Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, son père Henri d’Orléans, comte de Paris (1908-1999) et de son épouse Isabelle d’Orléans Bragance (1911-2003), et son fils François, handicappé, décédé en 2018. 
Tout le gotha de la royauté internationale et une foule nombreuse – plus de 900 personnes - parmi lesquels son fils ainé le Prince Jean d’Orléans, héritier de la couronne de France et son épouse Philomena, l’impératrice d’Iran Farah Diba, la reine Sophie d’Espagne, le Prince Hassan du Maroc, le Prince Albert de Monaco, le Grand-Duc Georges Romanov, le Prince Charles de Bourbon-Sicile, les Princes Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme et Emmanuel Philibert de Savoie, le journaliste Stéphane Bern, assista à la longue et solennelle cérémonie par un froid polaire, la chapelle tout en marbre n’étant pas chauffée.
Un grand chapiteau avait été dressé à l’extérieur de le chapelle pour accueillir les nombreux visiteurs. Monseigneur que j’avais l’habitude de retrouver chaque année au Pays Basque où il venait se ressourcer avec son épouse Mikaela, laisse un grand vide parmi ceux qui ont eu la chance de le bien connaître et de l’apprécier.
C’était un homme d’une grande classe et d’une rare élégance, toujours optimiste et bienveillant, d’un caractère doux et aimable, plein d’humilité, sans la moindre affectation ou condescendance, jamais je ne l’ai entendu dire du mal de quiconque, et quand il se laissait aller à quelques confidences, il le faisait toujours avec mesure et discrétion, sans jamais forcer le trait.
Sa présence nous manque beaucoup et c’est avec affection, tristesse et fidélité que nous évoquons aujourd’hui sa mémoire, un an après son brusque départ.

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