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Histoire
La présence réelle du Christ dans l'Eucharistie
La présence réelle du Christ dans l'Eucharistie

| François-Xavier Esponde 849 mots

La présence réelle du Christ dans l'Eucharistie

Temples clos, cultes numériques : avec le confinement et tous les "variants eucharistiques" auxquels chacun dut se résoudre, la présence réelle du Christ dans l’eucharistie se posa pour les chrétiens de toutes les églises, faute de messes...

La présence réelle trouve son origine dans les paroles prononcées par Jésus lui-même au cours du dernier repas, rappelées par les quatre évangiles et Paul de Tarse lui-même : "Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi". 1 Corinthiens 11, 23-25. Paul de Tarse.

Dans le propos rapporté d’Hyppolyte de Rome au IIIème siècle, on lit “c’est en vérité le corps du Christ que les fidèles ont à manger.”
Ce qui provoqua les polémiques qualifiant les croyants d’anthropophagie, mais ne décidant les Pères de l’Eglise à vouloir expliquer comment le pain et le vin inchangés pouvaient être consacrés et devenir corps et sang du Christ...

Il fallut attendre la fin du IXème siècle pour échanger des discussions théologiques sur ce sujet.
Le XIIème siècle introduisit le terme de transsubstantiation pour adopter la définition d’Aristote de l’accident ou ce qui se perçoit ou substance, et ce qui est sous ou au-delà de ce qui se perçoit.

Thomas d’Aquin vint à reprendre cette distinction grecque en rapportant que la substance n’est pas le substrat mais la raison d’être d’une chose et son sens.
Une définition capitale pour l’eucharistie selon la nature du corps du Christ selon le mode d’être dans ce sacrement, qui n’est perceptible ni par les sens, ni par l’imagination.

Lors de la Réforme, voulant contrer des dérives de la pratique de l’Eucharistie, des formes de magies dérivées, et de commerces de simonie, le débat reprit entre chrétiens.
Luther restait attaché à la présence réelle, mais Zwingli ne voyait dans le pain et le vin que “des substances premières, des signes”, et Calvin, pour sa part, considérait que “le fidèle recevait spirituellement la présence du Christ”.

Le sujet demeurait on ne peut plus sensible entre les chrétiens.
Le Concile de Trente déclara qu’après la consécration du pain et du vin, Jésus Christ est vraiment, réellement et substantiellement, contenu sous l’apparence de ces réalités sensibles.
En 1992, le catéchisme de l’Eglise catholique reprendra mot à mot la même définition au chapitre N° 1373.

Les écritures originelles ont donné le contenu de l’affirmation de Jésus, “le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie“.
Paul le confirmera à son tour. 1, Co 10-16.

Affirmer que le Christ est présent substantiellement sous les espèces du pain et du vin, ce sera rappeler que Jésus par amour a demandé à ses disciples de célébrer sa mémoire et d’annoncer sa mort, jusqu’à ce qu’il vienne.
La belle citation de Thomas d’Aquin le rappelle : “le mémorial de la cène comme aliment spirituel des âmes nourrit et fortifie ceux qui vivent de sa vie, symbole d’appartenance à cet unique corps dont Christ est la tête”.

Cette rencontre du Christ se manifestait et dans l’Eucharistie et dans la table de la Parole divine, car la présence de Dieu rapportée en "Dei Verbum" du concile Vatican II est nourriture de la parole divine et partage communautaire du corps du Christ, donnant à la fois son sens et sa dimension.
“Commence par honorer le corps du Christ dans la rue, là où il est nu”, disait Jean Chrysostome dans ses prêches.

Les premiers chrétiens avaient compris que la foi sans les oeuvres manquait de profondeur.
La Foi en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie fait l’objet décisif pour l’Eglise catholique romaine, toutes les églises de l’Orthodoxie, et des églises orientales. En ces églises, le Saint Sacrement est conservé en dehors des célébrations et pour pouvoir être porté aux malades. L’Eglise catholique romaine est seule parmi les autres églises à pratiquer l’adoration du saint sacrement sur un ostensoir, ou dans un tabernacle.

Les protestants et les catholiques auront signé ensemble en 1972 une Déclaration Oecuménique dite du "Groupe des Dombes" à propos de l’Eucharistie. On peut y lire : “Nous confessons unanimement la présence réelle vivante et agissante du Christ dans ce sacrement. Le discernement du corps et du sang du Christ requiert la foi. Cependant la présence du Christ en son église dans l’Eucharistie ne dépend pas de la foi de chacun, car c’est le Christ qui se lie lui-même par ses paroles et dans l’esprit, à l’événement sacramentel, signe de sa présence donnée”.
Pain, vin eucharistique, parole de l’institution, vie et communion par les oeuvres et le service des frères les plus fragiles, nourrissent ce corps spirituel et mystique qu’est l’église depuis son origine.

Avec la pandémie, les cultes numériques ont détourné la présence physique des fidèles dans les assemblées de prière. Une affluence protestante et catholique perturbée des assemblées du peuple de Dieu.
En espérant revenir aux temps de la prière et à la présence effective des fidèles, les églises reprendront cette fonction et redeviendront les temples du ressuscité !

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