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Patrimoine
Soule : les Gorges de Kakuetta de nouveau accessibles
Soule : les Gorges de Kakuetta de nouveau accessibles

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Soule : les Gorges de Kakuetta de nouveau accessibles

Une extraordinaire ballade dans ce magnifique patrimoine naturel en Haute-Soule, à "l'Orient" du Pays Basque...

Les gorges de Kakouetta, ce site parmi les plus sauvages et intéressants d'Europe, avait été fermé depuis le 16 mars à cause de la crise sanitaire. Rouvertes samedi dernier, la visite des Gorges de Kakuetta est désormais libre, de 8h à la tombée de la nuit.

La randonnée débute à Sainte-Engrace. Depuis le petit lac bleu, on suit l'itinéraire aménagé qui longe le gave par la paroi jusqu'au pont au dessus des gorges. Leur longueur atteint 2000 mètres, leur profondeur varie entre 30 et 350 mètres et par certains endroits, comme "le grand étroit", quelques mètres à peine séparent les deux versants de la faille. Le sentier longe une petite vallée dans le fond des gorges, passe par un tunnel puis retrouve les aménagements suspendus qui suivent les parois des gorges. Le sentier redescend ensuite en bordure du gave et mène à la grande Cascade de Kakuetta qui chute d'une vingtaine de mètres et à sa grotte ornée de stalactites et stalagmites géantes. Autrefois, les fermiers descendaient le blé depuis les hautes falaises des Grottes de kakuetta jusqu'au moulins installés au bord de l'eau. Ensuite, les lourds sacs de farine étaient remontés par le même chemin. La promenade dure environ 2 h, allée et retour, à la découverte de magnifiques paysages et d'un climat particulier.

 Edouard-Alfred Martel, leur « découvreur »

Les gorges de Kakuetta ont été explorées pour la première fois en 1906 par Edouard-Alfred Martel, un spécialiste des expéditions scientifiques. Il était né à Pontoise, en Seine-et-Oise le 1er juillet 1859. Grand lecteur de l’œuvre de Jules Verne, il se passionne très tôt pour la géographie et les sciences naturelles au cours de ses études au lycée Condorcet à Paris. En 1877, il remporte le premier prix de géographie au concours général. Mais dès 1866, en vacances avec ses parents, il avait visité les grottes de Gargas dans les Pyrénées ce qui réveillera sa vocation future.

Car, c'est incontestablement à Edouard-Alfred Martel que l'on doit la véritable naissance de la Spéléologie non seulement en France mais dans le monde entier.
Les Russes le reconnaissent comme "père" de leurs recherches souterraines car il a décrit des cavernes de Transcaucasie ; les Américains ont officiellement rendu hommage à sa mémoire le jour où, suivant ses directives, ils ont réussi à trouver la liaison entre Mammoth-Cave et Flint-Ridge-Cave dans le Kentucky, portant ainsi à près de 500 km les galeries topographiées dans un seul réseau karstique ; on a dénommé des grottes en son honneur et des gouffres Martel un peu partout, jusqu’au Venezuela ; il y a des clubs Martel dans toute l'Europe, mais aussi jusqu'au Japon et à Cuba.

En pratique

Afin d’assumer la sécurité sanitaire des usagers du site, le village de Sainte-Engrâce a mis en place de mesures visant à éviter la contamination au Covid-19. Des marquages au sol ont été mis en place au niveau de l’accès au site (descente et montée) et dans les zones d’attente. Du gel hydroalcoolique est à la disposition de chacun à la billetterie, à l’entrée et à la sortie du site et dans les toilettes publiques. Le port du masque est obligatoire pour toute personne de 11 ans ou plus, à l’intérieur du parcours, dans la mesure où la distanciation physique ne peut y être garantie.
Pas de changement de tarif (adultes et plus de 16 ans : 6 €, enfants 7 à 16 ans : 4,50 €, gratuite pour les moins de 7 ans) ni d’horaires (de 8h à la tombée de la nuit).

Sainte-Engrâce

Par ailleurs, en dehors de très belles promenades, on peut visiter le village de Sainte-Engrâce une étape sur le chemin de Compostelle. Son nom, il fait référence à une jeune lusitanienne (ou portugaise) qui fut martyrisée par les romains vers l'an 300 alors qu'elle se rendait en Gaule pour épouser un noble chrétien. Le culte de la sainte prit naissance à Saragosse et la légende dit qu'au Xe siècle, des voleurs s'emparèrent d'un bras de la sainte et le cachèrent dans le tronc creux d'un chêne. Chaque jour un taureau s'agenouillait devant le chêne et ses cornes flamboyaient. Une église fut alors édifiée à cet emplacement et devint lieu de pèlerinage. La précieuse relique disparut en 1569 au cours des guerres de religion.

Cette église est classée monument historique depuis 1841. Ses trois nefs présentent une douzaine de chapiteaux remarquables avec de véritables joyaux de sculptures romanes. Des témoignages exceptionnels au sein de ce Pays Basque médiéval ravagé lors des guerres de religion, des scènes sculptées - entre autres sur les chapiteaux - montrent des musiciens, des montreurs de singe et même une allégorie de la luxure confrontée à une Adoration des Mages !
L’église fut l'objet d'importants travaux de restauration dans le milieu des années 1980 et le cimetière contient de belles stèles discoïdales.

Il y a quelques personnages remarquables à signaler à Sainte-Engrâce : d’abord, un certain Haritchabalet, qui était prêtre de cette paroisse à la fin du XVIIIe siècle et avait une forte réputation de contrebandier.
Quant à Marc Large, il a publié un roman dont l'intrigue se déroule dans ce village en 1780 : il s’agit de "Xan de l'Ours, la légende de l'homme sauvage", publié aux Ed. Cairn.

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