0
Exposition
Musée Asiatica à Biarritz : « Pour que l’Histoire ne les oublie jamais » © DR - 10 octobre 1937 : les Chinois residant en France à l'Institut de secours pour la Chine

| Manex Barace

Musée Asiatica à Biarritz : « Pour que l’Histoire ne les oublie jamais »

Dans le cadre de l’année « Sino-Française », la nouvelle exposition présentée dans le hall d’accueil du musée Asiatica traite des itinéraires des élites chinoises qui ont étudié à l’Institut Franco-Chinois de Lyon. Cette exposition  est  organisée par madame Zhu  Xintian, conservatrice, vice-présidente et fondatrice  du Musée d’art  oriental  Asiatica à Biarritz. 

C’est la première fois qu’une telle exposition rassemble les documents et raconte l’histoire personnelle et individuelle de ces 41 élites et savants chinois, qui sont les fondateurs de la science, de la technologie, de la médecine et des arts etc. de la Chine moderne. La préparation de cette exposition a duré plus de 22 mois, Madame Zhu a donné toute son énergie et tout son temps pour assembler les documents historiques et pour contacter les descendants de ces élites. Cette exposition est la plus documentée à ce jour, que ce soit en France ou en Chine.

L’Université Franco-Chinoise de Pékin a été fondée en 1920. Avec les efforts des mêmes promoteurs chinois et français de cette université, l’Institut Franco-Chinois de Lyon a été fondé en 1921. On peut dire que la création et le développement de cette université font partie de la plus glorieuse période de l’histoire de l’éducation chinoise. C’est aussi le chapitre le plus important de l’histoire des échanges culturels sino-français. Ici, en un peu plus de deux décennies, la future élite chinoise a non seulement reçu un haut degré d’enseignement en France, mais a aussi tissé entre la Chine et la France des liens culturels puissants et importants. Entre 1921 et 1946, 473 étudiants chinois de différents domaines ont été sélectionnés et envoyés à Lyon pour approfondir leurs études. Parmi eux figurent des scientifiques, des médecins, des experts forestiers, des spécialistes de l’agriculture, des ingénieurs, des écrivains, des traducteurs, des artistes-peintres, des sculpteurs… Dès l’obtention de leur diplôme, les élèves de cet Institut sont rentrés en Chine afin d’utiliser leur connaissance au service de leur pays natal. Ce sont les fondateurs de la science et de la culture artistique de la nouvelle Chine. Ils ont sacrifié leur vie pour la prospérité de leur patrie. Des efforts inlassables leur ont permis d’avancer et de ne jamais abandonner. Ils ont formé d’innombrables personnes dans tous les domaines, surtout celui de l’éducation scientifique… Chaque membre de cette élite est aussi extraordinaire que les autres ; ce sont les pères fondateurs de la science, de la technologie, de la culture et de l’art de la Chine moderne. Mais, nombre d’entre eux sont passés par beaucoup d’épreuves difficiles, des humiliations et des injustices… Aujourd’hui, l’économie et les hautes technologies ont bien évoluées en Chine. Bien qu’ayant influencé plusieurs de leurs successeurs, leurs vies et leurs actes exemplaires restent méconnus et cette université a été quasiment oubliée. Cette élite aussi, comme un livre d’histoires dont on a passé les pages et qui n’a pas laissé beaucoup de traces. Cependant, lors de sa venue en France, le président chinois, Xi Jinping, a été à Lyon pour rendre visite au célèbre traducteur Monsieur Li Tche-Houa. C’est alors que la page de l’Institut Franco-Chinois et l’histoire de l’échange culturel sino-français s’est à nouveau ouverte. Puis, la télévision centrale de Chine (CCTV) a collaboré avec la télévision française pour la création d’un film documentaire sur l’université appelé « Institut franco-chinois ». Mais, ce documentaire n’a pu parler que d’une dizaine de personnes sur les 473 étudiants présents à l’université.

Or il faut, entre autre, mentionner le rôle du professeur Zhu Xi, père de la conservatrice du Musée Asiatica, qui fit partie des derniers étudiants au départ de l’université sino-française de Pékin avant la guerre et l’invasion japonaise de la Chine en 1937. Il partit avec une quinzaine des meilleurs étudiants de l’université, comme par exemple Monsieur Li Tche-Houa (traducteur renommé), Wang Zhen-Ji (diplomate renommé), Shi Yu-Shu (médecin renommé), etc. Ils embarquèrent au mois d’août 1937 de Shanghai à destination de Marseille à bord du paquebot Le Sphinx.  À leur arrivée, ils prirent immédiatement le train pour Lyon  et  le  commencement  de  leurs  études  approfondies.  Après huit ans de travail inlassable, le père de la conservatrice d’Asiatica obtint deux doctorats scientifiques (dans le domaine de la neurophysiologie et de la psychologie).  Il participa à la libération de Paris, puis retourna en Chine en 1945 pour participer à la guerre contre l’envahisseur japonais. À son retour en Chine, il devint professeur à l’Université du Yunnan, à l’Université de Médecine de Kunming et à l’Université de Hangzhou. Il est l’un des créateurs de la Société nationale de Physiologie Chinoise et de la Société nationale de la Psychologie Chinoise. Avec l’aide de son épouse, Fan Xiaofan, ils ont formé d’innombrables personnes importantes dans le domaine de la médecine  et  de  la  psychologie  en Chine…

Situé au sein du Fort Saint-Irénée dans le 5ème arrondissement de Lyon, l'Institut hébergea, entre 1921 et 1946, 473 étudiants, dont 51 filles, originaires de différentes provinces chinoises (Guangdong, Hebei, Jiangxi, Henan, Hubei, Fujian, Shandong, etc…). Parmi ces étudiants, 140 réalisèrent une thèse de doctorat dans une université française, pour la plupart au sein des facultés de l'Université de Lyon. Les disciplines choisies par ces étudiants couvraient l’ensemble du champ académique de l’époque : Médecine, Sciences naturelles, Biologie, Pharmacie, Mathématiques, Lettres, Géographie, Histoire, Droit. Certains étudiants de l'IFCL sont devenus ensuite des scientifiques réputés, des universitaires de renom, des écrivains ou des artistes reconnus.

Après leur passage à l'IFCL, la plupart de ces étudiants ont vécu dans ce qui deviendra la République Populaire de Chine. Après la Guerre civile entre nationalistes et communistes (1946-1949), certains se sont ensuite installés à Taiwan ou à Hong-Kong. Leurs trajectoires diversifiées reflètent l'histoire tourmentée de la Chine moderne et contemporaine.

« Pour que l’Histoire ne les oublie jamais » : hommage et Commémoration aux grands esprits de Chine et à l’Institut Franco-Chinois de Lyon, exposition visible jusqu’à la fin du mois de novembre au Musée Asiatica, 1 rue Guy Petit à Biarritz (Tél 05.59.22.78.78). 

Répondre à () :


Captcha

Newsletter

Ne ratez aucune actualité !

Abonnez-vous à notre newsletter via ce formulaire.

| Connexion | Inscription