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Tradition
Les haies de nos paysages restaurées
Les haies de nos paysages restaurées

| François-Xavier Esponde 1347 mots

Les haies de nos paysages restaurées

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Les haies du chemin des oratoires à Sare ©
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1 – La haie, sujet vivant de la nature.

Selon l’Office Français pour la biodiversité, 750 000 kilomètres de haies ont disparu depuis 1950 par l’agrandissement des surfaces agricoles, jusque dans nos villages qui ont adopté le remembrement et détruit les haies anciennes de nos terres.

De quelle époque étaient-elles ? Sans doute des forêts ou landes primitives avant le défrichage des terres en prairies de culture ?
Les agronomes le diraient selon les régions et les traditions agricoles locales.
En Pays Basque, le caractère accidentel des collines environnantes a pu préserver des zones salubres pour la flore et la faune sauvages.

De ce temps la disparition de nombreux oiseaux, insectes et mammifères s’est produite réduisant  leur espace, dévasté au cours de ces années passées.

L’heure est désormais à la restauration et au retour d’un passé qui n’avait pas que des inconvénients pour cette faune sauvage en diminution notable depuis.
En supprimant ces réservoirs de la vie exotique, de nombreux arbres et des arbustes ont quitté leur profil en haies,  en bosquets et en alignements, qui démarquaient les limites des prés dans les fermes de jadis..
La modernité de ces réformes réduisit le patrimoine historique de cette richesse naturelle qu’il faut désormais réhabiliter.

Le phénomène se produisit aussi en ville, de moindre gravité somme toute, en choisissant les gazons uniformes aux herbes sélectionnées et renonçant à ces barrières naturelles contre l’érosion, le vent, en défaveur de la purification des eaux et des nitrates auxquelles se prêtaient ces barrages naturels, l’on cherche désormais à corriger, améliorer et restaurer dans les espaces publics et privés de nos cités, ce qui fut défait par la main de l’homme.

Parmi les conséquences les plus graves sur la faune sauvage, les oiseaux furent les plus grandes victimes sacrifiées à des intérêts mal compris et immédiats.  L’on cherche désormais à remettre dans l’espace au prix de campagnes éducatives, faites par des organisations de chasses et les ornithologues conscients de ces avatars du passé, un patrimoine d’espèces et de plants rustiques de la première nécessité.

L’arbre, l’arbuste de forme et de hauteur différente, “en cépée ou en têtard”, disent les techniciens de la terre,  replanté et réparé dans les zones agricoles où il avait eu jadis son droit de vie, revient en force au prix d’un travail mené de longue haleine, par des associations écologiques en phase avec la protection des espèces menacées ou déjà disparues des paysages.

On découvre un choix ciblé, d’arbres de tailles différentes tels le chêne pédonculé, l’érable, le merisier, le tilleul, le cormier, l’épicéa, qui reprennent place dans la campagne alentour. 
D’autres arbres encore de taille moyenne l’alisier, l’aulne, le bouleau, le charme, le poirier,l’if, le pommier, le saule pleureur, le sorbier des oiseleurs revisitent les paysages de nos campagnes, des parcs et de jardins, tournés vers ce retour durable aux charmes anciens d’une végétation authentique.
Parmi de grands arbustes on retrouve l’aubépine, le buis, le coudrier, le noisetier, le houx, le saule marsault, le sureau ou le troène, dont les espèces pourraient avoir quitté la flore de nos terres, par manque d’intérêt ou par un choix prioritaire délibéré à leur disparition des paysages.
Dans les petits arbustes, l’argousier, le bourdaine, le cassis, le cornoullier sanguin, le barendaine, l’églantier, l’épicea vinette, le framboisier, le fusain d’Europe, le groseillier, le nerprun, la ronce, le rosier des champs, le viorne, le lierre, le carérisier redeviennnent de véritables barrières naturelles en faveur de la protection de la faune sauvage de l’agriculture réhabilitée

Pour des amateurs de végétation ornementale la préférence portera sur le coloneaster, le nahovia, le prunier,le pyracantha,qui gardent leur caractère sauvage et primitif prisé par les oiseaux.

Une loi récemment votée stipule l’interdiction de tailler les arbustes entre le 1 avril et le 31 juillet de chaque année (depuis le 2 avril 2015). Pour protéger la nidation des espèces d’oiseaux qui nichent au printemps et l’été dans ces haies sauvages et les bosquets  existant encore et représentant le paradis de la faune sauvage de nos régions.

Des expériences originales existent sur le terrain : nids artificiels placés sur des espaces in situ, précautions prises pour éviter l’empoisonnement des oiseaux par les produits chimiques utilisés en agro-culture, comptages des oiseaux en péril ou en cours de disparition, création de zones préservées à leur usage au delà des haies et de bosquets naturels des paysages fleurissent de la part des écologues soucieux de cette aventure de repeuplement des espèces..

La vie humaine subissant un apprauvrisseme par la disparition des animaux sauvages de nos campagnes, un sursaut réel se produit particulièrement de la part des jeunes générations sensibles à cette présence des oiseaux dans leur gite, leur milieu naturel et leur alimentation autonome
Paradoxalement ce sont les chasseurs eux mêmes qui en ce sujet deviennent les défenseurs les plus assidus de ces opérations conduites par des techniciens de l’agriculture durable et de l’avenir.

2 – La protection des haies en France et dans le reste de l’Europe.

Au cours des années 60-80, elles furent sacrifiées à l’évolution du monde agricole jusqu’en ces années 80-90 où l’on revient à des pratiques anciennes de leur protection et de leur restauration.
Les Romains dans une antiquité datée désormais prêtaient peu d’attention à la haie ou les arbres, disent les historiens.

En France et en Europe d’une manière partagée, l’arbre trouvait au XVII ème siècle un droit de cité, et l’on évaluait à 60 millions d’hectares les surfaces d’arbres dans le continent, mais depuis ce temps passé, leur nombre n’aura jamais cessé de diminuer.

Le XXème siècle consacrant cette évolution négative dans le continent européen, suivant des pratiques de l’arboriculture à géométrie variable et soumises aux contraintes d’une agriculture productive dominante.
On évalue désormais que la moitié de la surface totale occupée par les arbres a disparu des paysages européens. Exception faite, auprès du Bade Wurtemberg, en Autriche, au Royaume Uni, en Allemagne, en Suisse où la population réagit et se remit à replanter ces surfaces de haies et d’arbustes arrachés ou disparus précédemment.

La France disposait au XXème siècle de deux millions de kms de haies, au milieu de prés bergers, de fruitiers,le plus vaste en surface européenne.
De 1970 à 1999, le recul est patent selon l’Inventaire Forestier National, les études de l’Utilisation du Territoire  comparé à l’Inventaire général agricole de 1929 qui donnent les éléments de comparaison utiles pour ce travail actuel.
Les professionnels citent encore l’enquête Teruti pour leur recherche et leurs projets tirés des informations sur l’aménagement du territoire de ce document référencé.

De 1993 à 2004 la tendance va s’inversant. Les arbres épars, les haies, et les deux réunis, les bosquets, les vergers reprennent place et droit d’exister dans les paysages.
Car depuis 2000 le législateur s’étant introduit dans le débat par les lois de juin 97 votées au Parlement national, les Conseils Généraux départementaux ont pris le dossier à leur charge partagée avec le Ministère de l’Agriculture en faveur de l’environnement et des paysages devenus “des pôles d’intérêt pour leurs programmes publics en faveur de la nature.”

L’Europe octroyant des aides par le Fonds de gestion, des opérations sont désormais financées pour réhabiliter les haies, les arbres dans les paysages existants.
On évoque ainsi les Contrats Territoriaux d’Exploitation dès 2000, les CAD en 2005, donnant une reconnaissance juridique aux haies tout le long de cette décennie par des propositions précises et soutenues, durables et en cours.

Les professionnels soulignent encore que la nature des espèces distingue les arbres épars des fruitiers et des bosquets lors de l’obtention des aides publiques, en faveur des arbres soumises aux préfectures.
La haie, l’arbre eurent des fonctions bienfaisantes pour la nature et l’homme. En fournissant le bois de chauffage naturel, des fruits alimentaires, en protégeant l’érosion des sols et la qualité de l’eau, en protégeant les cultures et les animaux du vent et du soleil, en diversifiant la biodiversité et les paysages.

Vouloir redonner à la nature ce privilège perdu depuis peu de temps dans le déroulé historique du passé, redevient une préoccupation agroécologique particulièrement présente chez les plus jeunes générations en quête de cette terre protégée, bienfaisante et durable pour leur propre avenir.

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Les haies de jardin ©
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