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Société
Le secret de la mission ?
Le secret de la mission ?

| François-Xavier Esponde 730 mots

Le secret de la mission ?

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L'inviolabilité du secret de la confession rappelée par le Pape ©
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“Les secrets furent levés, les réseaux informatiques de la défense d’un pays ont été violés, les réseaux sociaux diffusent des infos inédites sur les affaires en cours”, et de la sorte la faculté de silence réservée à des professions sensibles et au bon sens de chacun, ne connaît ses limites ou zones rouges que la diffusion sans limite de l’information rendent publiques et incontrôlables.

- Que penser d’un médecin de famille qui ne garderait pas le silence sur les consultations de clientèles ?
- Que faire d’un homme de loi, juge, avocat, notaire, greffe de tribunal, directeur de prison qui dévoileraient sans réserve des sources de dossiers en cours ?
- Que présager d’un diplomate, d’un journaliste tenu par sa déontologie propre, à ne pas dévoiler ses sources ?
- Que penser encore d’un militaire, d’un gendarme, d’un maire de commune, d’un gardien de la sécurité des biens et des personnes, livré à la merci des divulgations d’un devoir de réserve imposé par sa mission professionnelle ?

Le devoir de réserve des clercs, de toutes appartenances spirituelles, de sociétés philosophiques laïques et non confessionnelles, n’est jamais une facilité de la conscience, ni l’objet d’un libre choix volontaire et personnel.

Les professions tenues par ce secret sont légion dans une société humanisée, éduquée et rationnelle.
Le devoir de réserve, le secret professionnel, la confidentialité prennent des visages multiples selon l’exercice appliqué de chaque mission.
Les dissoudre dans un corpus légaliste, conformiste et indifférencié ne répond légitimement à cet horizon de l’intelligence humaine.
Prétendre lever le secret dans des affaires scabreuses est légal, moral sans doute, mais met en cause la fonction même du secret d’état qui ne peut être mise en cause sinon encadrée par des garanties de protection des personnes et des biens exposés à leur propagation.

Dénoncer les auteurs de délits de vols, violences et viols relève de la fonction judiciaire et régalienne des responsables de telles tâches policières.
Prétendre instituer un régime de gouvernance sur de telles pratiques exclusives de la loi et des interdits, ne permet à terme de fonder une vie commune en société, hors les sentiers humanisés du vivre ensemble.

Les professionnels de la réinsertion d’auteurs dévoyés, ne cessent de rappeler le bénéfice incontournable de l’éducation première et civique indispensable à tout citoyen, pour sa propre protection et celle des autres.

Lever tous les secrets du monde, dont celui infime des clercs au vu de l’étendue de certaines pratiques d’aujourd’hui, par des informations dénaturées, démesurées sur la vie personnelle, les relations prétendues, les images diffusées sans scrupule, touche en profondeur la pratique quasi tolérée sans vergogne de l’exhibition, de l’exposition publique de déviances personnelles devenues des paravents de l’inversion.
Vouloir changer par la loi ces usages et de telles perversités appelle une conscience citoyenne d’un meilleur du monde, autre que celui des fantasmes et des interdits que l’on cherche à transgresser, transcender et banaliser comme règles communes du vivre ensemble.

On présume dès lors que parler du secret professionnel en toutes ses dimensions possibles aujourd’hui ne se limite à des formes marginales, obsédantes de pulsions dévoyées qui relèvent ici plus de la maladie psychique que de la normalité d’une vie d’homme !

En levant uniformément le droit au secret de la mission de tant de professions qui en sont les acteurs, le risque de lâcher les digues de rétention de ces pratiques ne saurait augurer de quelque bénéfice sinon de conséquences illimitées de débordements.
Le secret de confession dans ce panorama étendu du devoir de réserve demeure pour beaucoup la bouée de sauvetage d’une parole partagée avec un tiers, tenu au silence, de ce qui peut au pire menacer un être humain de bannissement, et condamner à la double peine, celle de la justice et celle des proches, l’auteur coupable d’un tel forfait !

A l’heure où l’on rappelle la suppression de la peine de mort des prétoires de la République en France, il n’est pas importun de risquer quelque additif à “tant de peines de mort de substitution possibles”, dans une législation en cours en laquelle faute de solution totalement satisfaisante, le législateur requiert la réponse “la moins injuste, à la réparation des victimes de tels crimes !”

François-Xavier Esponde 
(ancien aumônier de cliniques pendant 25 ans, de la maison d’arrêt pendant 11 ans, et à ce jour du funérarium où le secret des familles à l’heure des funérailles n’est jamais simple ! )

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