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La Langue Basque
Langue basque : trouvaille historique en Navarre
Langue basque : trouvaille historique en Navarre

| Manex Barace 540 mots

Langue basque : trouvaille historique en Navarre

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La mano de Irulegi ©
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Une main de bronze, pièce unique, avait été découverte lors de fouilles archéologiques menées par la société savante Aranzadi sur le site d’Irulegi, vallée d’Aranguren proche de Pampelune, le 18 juin 2021 dans les ruines d’une maison incendiée entre 82 et 72 avant Jésus Christ. 
La destruction était intervenue dans le contexte de la guerre sertorienne, qui opposait le rebelle Sertorius à l’autorité de Rome. 
La structure de la maison s’était effondrée dans les flammes, recouvrant les objets qui se trouvaient à l’intérieur. 

Le site a été abandonné et la terre l’a recouvert au fil du temps, protégeant les objets laissés là il y a plus de 2 000 ans. Seules les ruines toutes proches du château d’Aranguren attestaient d’une présence humaine en ces lieux mais à une époque plus récente. 
Cette découverte revêt une grande importance car le plus ancien témoignage écrit en langue basque « moderne » datait du haut moyen-âge. 
Un texte très court de quarante caractères en cinq mots sur quatre lignes dont seul le premier mot, mais sans doute le plus important, a été déchiffré à ce jour. 
Gravé, poinçonné même dans une adaptation locale d’un alphabet pré-ibérique, ce mot se lit « Sorioneku », ce qui signifie « bonne fortune » et pourrait être une formule de bienvenue pour les visiteurs. 
En langue basque moderne on dit plutôt « Sorioneko » de nos jours. Cette main pourvue d’un trou à la hauteur du poignet devait être clouée sur le linteau de la maison en signe d’accueil pour les visiteurs. 

La trouvaille a été présentée officiellement le 14 novembre après restauration et étude approfondie. Si le premier mot est parfaitement compréhensible en langue basque, le reste du texte l’est beaucoup moins. 
Selon les experts cette langue est un dialecte pré-basque, un peu comme la relation entre les langues latines issues du latin parlé du temps de la Rome antique. L’euskara actuel dérive de 2 000 ans au cours desquels la langue des Basques a reçu des influences d’autres langues. « Les habitants de l’époque étaient Vascons et ils parlaient vascon », expliquent les deux experts qui ont étudié l’objet. « Il s’agit sans doute du premier document écrit en vascon et rédigé en signes vascons, ce qui nous renseigne sur un peuple alphabétisé », concluent-ils. 

Cette découverte est unique par l’inscription du message gravé dessus. Le symbole est loin d’être unique : peintes, de nombreuses mains ont également été retrouvées ailleurs. Ainsi celle de Huesca (Aragon), qui présentait également un orifice, mais qui ne comportait pas d’inscriptions, ou une autre encore dessinée sur une stèle à Teruel (Aragon), qui avait été interprétée comme les mains coupées d’ennemis tués ou comme un symbole de la mort. 
Il existe des exemples similaires ailleurs dans le monde, comme au Yémen, une main sur laquelle on lit une inscription en écriture sud-arabe, « une main apotropaïque, c’est-à-dire qui sert à conjurer le mauvais sort et détourner les influences maléfiques »

Photos :
La plus ancienne inscription en langue basque trouvée à ce jour est datée - 82 à - 72 avant Jésus Christ. Capture d’écran Sociedad Aranzadi 
Gravée et poinçonnée la main d’Irulegi est la plus ancienne inscription en langue basque connue à ce jour Capture d’écran Sociedad Aranzadi 

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