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La Tragédie au Mali et l’opinion du général hazpandar J.-B. Pinatel © DR - Le capitaine Clément Frison-Roche, tué au Mali

| Rédaction

La Tragédie au Mali et l’opinion du général hazpandar J.-B. Pinatel

Treize morts (parmi lesquels cinq officiers et deux sous-officiers du 5ème Régiment d'hélicoptères de combat de Pau) dans le tragique accident d’hélicoptère qui a frappé les militaires français au Mali lundi 25 novembre dernier, ce sont également des veuves, des orphelins, des parents, des familles endeuillées que le ciel de la nuit de Noël, si proche, ne pourra faire oublier, celui de cette sinistre nuit malienne.

Parmi les nombreuses réactions, citons celle de l’évêque bayonnais Mgr Aillet : « C'est avec une profonde émotion et une grande tristesse que je présente à leurs familles mes plus sincères condoléances. Je prie et j'invite les fidèles du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron à prier pour ces militaires qui ont donné leur vie pour la patrie en accomplissant leur devoir, ainsi que pour leurs familles et leurs proches si durement éprouvés ».
Pascal Célerier, agrégé de lettres classiques et professeur dans le secondaire à Villeneuve-sur-Lot a dressé le portrait d’un des disparus, le capitaine Clément Frison-Roche, passé par l’EALAT de Dax et engagé au 5ème REC de Pau, qui effectuait sa première opération extérieure ; il l’a bien connu car son épouse, également enseignante, l’avait eu comme élève : « un garçon plein d’allant. Cet adolescent prometteur, gentil, ce grand qui a tant apporté à nos grands et à nos petits. Et à nous. Cet élève unanimement apprécié de ses enseignants, que Christine, mon épouse, a eu le plaisir d’avoir en cours, et qui illumine une existence de professeur. Brillant, il savait rester modeste ; d’un grand sérieux dans ses études, il irradiait une gaieté contagieuse jusque dans les exercices les plus austères ; ses grandes qualités intellectuelles se doublaient de qualités humaines encore plus rares chez un lycéen. Ce jeune officier exceptionnel. Ce jeune mari. Ce jeune père ». Sur la photo fournie par sa famille, Clément Frison-Roche est en tenue de combat avant son départ pour le Mali, avec sa fille Victoire dans les bras. 
L’opinion du général hazpandar Jean-Bernard Pinatel
« Après la mort de nos treize soldats, il est normal de se poser des questions. Mais ma réponse est claire : Barkane est un succès militaire. Avec 4 500 soldats, des pertes humaines limitées même si elles sont toujours douloureuses et un surcoût inférieur à 5% du budget de la Défense, la France interdit aux islamistes de contrôler durablement villes et villages dans les cinq pays du Sahel où vivent 93 millions d'habitants sur 5 millions de km2 (8 fois la France) et évite ainsi une immigration massive de cette population francophone vers notre pays . Mais la stabilisation de la situation demandera encore de longues années et du courage politique notamment des pays européens »
Et d’ajouter, en rappelant « qu’à la mort de Kadhafi en août 2011, 5000 SAM7 avaient disparu à la suite du pillage des arsenaux libyens et du  retour dans leur pays des militaires originaires du Sahel qui servaient dans l’armée libyenne avec un armement considérable » : « en 2012, tout le Nord du Mali était en rébellion ; les villes de Tombouctou et de Gao passaient aux mains de plusieurs organisations islamistes AQMI et le MUJAO dont  les chefs n’étaient pas originaires du Mali et qui cohabitaient plus ou moins avec les  indépendantistes Touaregs du massif des ifhogas. Le 12 janvier 2013, début de l’opération Serval face à la menace des rebelles qui après avoir pris Konna menacent Bamako. Or, depuis le 18 janvier 2013 je ne cesse d’écrire que le retour à la stabilité du Mali ne pourra être obtenue seulement par une option militaire ;  que notre objectif doit se limiter à casser les katibas et à ramener les bandes à de petits groupes qui seront incapables de contrôler durablement une ville ; que pour faire monter en puissance l’armée malienne comme celle du Burkina et qu’elles soient capables de conduire seules des actions offensives vers le nord,  il faudra  reconstruise presque complètement le corps des officiers qui a démontré en 2011 sa lâcheté et sa corruption ; qu’il est essentiel de mettre en place une solution d’autonomie pour l’AZAWAD qui ressemble à celle que les espagnols ont consenti aux Basques afin de dissocier les Touaregs des bandes d’islamistes dont l’encadrement est souvent étranger ou qui a servi de longues années en Libye. Au final l’opération Barkane est un succès car cet engagement limité a permis  de garantir un niveau de sécurité acceptable et elle fournit les délais nécessaires  à la reconstruction des armées de ces pays. Dans ce domaine on est à peine au milieu du gué. Elle permet aussi, tant bien que mal, de préserver  une activité économique minimale notamment grâce à l’exploitation de leurs richesses minières. Cet objectif est atteint avec un surcoût financier limité pour notre budget militaire de l’ordre de 1,5 milliard d’€ (moins de 5% de nos dépenses militaires) si on prend en compte l’usure accélérée des matériels. Et aussi avec des pertes humaines très limitées même si elles sont toujours très douloureuses. Cela dit l’objectif de muscler les forces de ces pays pour leur permettre de mener des actions offensives contre les rebelles du Nord sera un travail de longue haleine. Certains  pensent même que c’est illusoire. Le Tchad a connu une stabilité relative à partir du moment où se sont les Toubous ou les Goranes qui ont pris le pouvoir à N’Djamena car les nomades du désert ont un ADN de guerrier ce qui n’est pas le cas des populations sédentaires du Sud. Enfin sur un plan géographique plus large tant que les milices islamiques continueront de contrôler Misrata en Libye et une  partie de Tripoli,  Erdogan pourra continuer à ravitailler en armes et en munitions les islamistes du Sahel ».





 

 

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