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Tradition
Entre renards et chevaux : la tradition cynégétique « anglaise » du Pau Hunt. © DR – Le « Pau Hunt » peint par Henri de Vaufreland

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Entre renards et chevaux : la tradition cynégétique « anglaise » du Pau Hunt.

Il n’est pas vain, le surnom de « ville anglaise » attribué à Pau depuis près de deux siècles. Et il n’y a pas que les belles « villas anglaises » qui enrichissent le patrimoine de la capitale béarnaise… Ainsi, vendredi dernier a été élu le 31ème Master du « Pau Hunt » : Georges Moutet a donné son fouet, après un engagement de 19 ans, au Master Bernard Cazenave, cinquième master français depuis la création de l’équipage. Il sera épaulé dans sa tâche par Jean-Paul Vidailhet (Joint Master), Eric Gormand (Field Master) et Bernard Baylacq qui conserve ses fonctions de « Huntsman » et transmettra son savoir-faire à M. Jean-Pierre Salmon, « Joint Huntsman ».

Le Pau Hunt est toujours installé dans la propriété de Berlanne, avec un chenil historique construit pour trois meutes. Cette propriété a été cédée en 1890 par madame Torrence à la ville de Pau, en souvenir de son fils décédé lors d’un « point to point », sous la condition que l’équipage du Pau Hunt y soit maintenu.
Comme une maison mise hors d’eau, en attendant des jours meilleurs, la vieille tradition au Pau Hunt plie mais ne rompt pas... et le PH fêtera ses 180 ans dans quelques mois !
L’équipage de drag connaît aujourd’hui un regain de vitalité porté à la fois par la redécouverte d’une équitation sportive en plein air, qui pousse les cavalières et cavaliers à sortir du confort des manèges, mais aussi par la nature même du « drag ».
Cette tradition de traverser le pays au grand galop commence en 1814 alors que les armées de Wellington franchissent les Pyrénées, après la bataille de Vitoria, et bivouaquent dans la région de Pau.
La ressemblance des landes Béarnaises et de leurs terres natales incite rapidement les officiers de cavalerie à y pratiquer leur sport favori : la chasse au renard ; une pratique qui avait été́ élevée à la hauteur d'une institution en Angleterre.
La nombreuse colonie britannique qui s'installe à Pau en ce milieu du XIX ème siècle fonde alors le Pau Hunt.
Très tôt le renom de l'équipage franchit les frontières, tant et si bien que Pau devient, jusqu'en 1939, la capitale d'hiver des "Riders britanniques" et de la "Jet Set" de l'ancien et du nouveau continent. Mais attention, Le Pau Hunt, fidèle à ses origines, pratique la chasse à courre à l'anglaise : Le Drag. Le renard ici est prétexte pour monter à cheval et c’est le "Drag" qui importe car il s'agit d'une fausse piste, tracée le matin même par des Dragueurs à pieds, que suivra ensuite la meute de chiens et les cavaliers.
Le parcours d’environ deux heures, est extrêmement varié : talus, fossés, passages de route... les obstacles naturels se succèdent à une allure accélérée.
Comme l'écrivait le Baron d'Ariste, Master du Pau Hunt de 1959 à 1976, "si dans la vènerie française l'on monte à cheval pour chasser, le Pau Hunt chasse pour monter à cheval"... et c’est là que le mot « chasse » est partiellement usurpé, car il n’y a pas de gibier !
Si nous devions donner trois caractéristiques au Pau Hunt : on ne s’y ennuie jamais (obstacles et paysages sont assurés), chaque sortie est un évènement populaire qui, s’il est codifié (règles de conduite, tenue), reste festif pour les invités à cheval ou les spectateurs à pieds ... ici on n’est pas snob, et chaque chasse se finit par un solide repas dans ces auberges chères à Cecil Aldin et Harry Eliott. il n’y a là que le plaisir de voir travailler la meute et la communion cheval-cavalier.

Pau Hunt, chenil de Berlanne, rond-point des droits de l’homme, 64160 Morlaàs.
www.pauhunt.fr

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Vidailhet | 15/11/2019 11:21

Un grand merci pour votre article sur le Pau Hunt. JPaul Vidailhet Joint- Master

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