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Toussaint : le souvenir de nos chers disparus © ALC

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Toussaint : le souvenir de nos chers disparus

Récemment, un groupe de parents, alliés et amis biarrots d'Olga Hagar-Galitzine se sont réunis pour un office religieux (panikhida) en sa mémoire à l'église russe de Biarritz, suivi d'un sympathique buffet dans la belle maison de Marie Alicia Bourrat à Saint-Charles.

Dans notre lettre du 6 octobre dernier, nous rappelions le souvenir de cette dame d’une exquise courtoisie, toujours prévenante et souriante, éminemment cultivée et polyglotte, dont le départ, le 17 juillet dernier à l'âge de 95 ans, a privé d’une digne représentante cette société policée, hélas en voie de disparition, que vient de perdre la côte basque, et tout un pan de l'histoire de Biarritz qui s'achève, tant la famille des princes Galitzine a marqué notre région, avant et après la révolution russe de 1917. De nature généreuse, enjouée, et très fidèle en amitié, Olga avait la passion des voyages : elle avait sillonné tous les continents, parlait anglais, français et portugais et avait des amis partout, non sans revenir chaque année pour un long séjour sur la côte basque qu’elle affectionnait particulièrement et où elle retrouvait ses nombreux amis de jeunesse.

Marie-Thérèse de Montebello, hôtesse appréciée du Tout-Biarritz

En juin 2014, c’était une autre grande dame de Biarritz qui nous avait quittés, à l'âge de 86 ans : Marie-Thérèse de Montebello, établie dans la maison que sa grand-mère avait acquise après la guerre de 14-18 en haut du quartier Saint-Charles, au coin des rues Lavigerie et Sarasate, en l’ayant rebaptisée « Sœur  Thérèse » en l'honneur de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à qui elle vouait une grande dévotion. Marie-Thérèse en avait hérité de ses parents, Napoléon Jean Jules Lannes, 6e duc de Montebello et prince de Sievers, marié en première noces avec Marie Adrienne Mathilde de la famille des ducs d'Albert de Luynes.

Pendant des années, elle reçut merveilleusement ses nombreux amis dans l'appartement qu'elle s'était réservé au rez-de-chaussée, et qui donnait sur un jardin privé le long de la rue Lavigerie. Comment ne pas se souvenir de ses collections d'œufs précieux et de porcelaines rares de Vincennes et de Sèvres... Ancienne assistante de vétérinaire, c'était une grande amie de toutes les bêtes, depuis les chats jusqu'aux rats des champs en passant par les chiens qu'elles recueillait en nombre, au point d'incommoder un jour son voisin, le Duc de Baena, qui protesta contre les aboiements nocturnes répétés des protégés de Marie-Thérèse. Cependant, placé près d'elle au cours d'un déjeuner peu de temps après, ce grand ami de la musique et des arts, en homme du monde, n'avait rien laissé paraître de son irritation !

Le marquis de Carvajal

En septembre 2015, c’était un homme d’une exquise courtoisie, toujours prévenant et souriant, lui aussi éminemment cultivé et polyglotte, que perdait la côte basque. Pedro Alcántara Finat y Samaniego, marquis de Carvajal – « Peter Carvajal » pour ses intimes -, s’était éteint au seuil de sa 95e année à Biarritz où il résidait depuis de très nombreuses années. Parallèlement à de multiples séjours Outre-Atlantique, sa connaissance des langues lui avait permis d’occuper des postes dans le tourisme en Espagne.

C’est en avril 1956 que le troisième duc de Carvajal avait succédé à son père Hipolito Finat Rojas, décédé cette année-là dans leur belle propriété d’Anglet. Ce diplomate chevronné qui représenta – entre autres – le gouvernement espagnol à la Conférence internationale du Travail à l’hôtel Bellevue de Genève, était marié à Leonor Samaniego y O' Ryan, d’où ce parfum « britannique » des ascendances de leur fils Pedro ou « Peter »… En réalité, les O' Ryan provenaient de l’Irlande qu’ils avaient quittée en 1693 pour suivre en France le catholique roi Jacques II Stuart d’Angleterre après un débarquement infructueux en Irlande afin de récupérer son trône usurpé par le protestant Guillaume III d’Orange. Après l’échec de diverses tentatives de restauration des Stuart, l’ancêtre maternel de Pedro Carvajal abandonna les armes pour faire souche à Majorque.

Quant au titre de marquis de Carvajal, il avait été attribué en 1896 par Alphonse XIII (durant la régence de sa mère, la reine María Cristina – dont on avait attribué le nom au célèbre palace de Saint-Sébastien -) à la grand’mère paternelle de Pedro Carvajal, María de los Dolores Rojas y de Vicente. Mais, curieusement, il se rapportait au nom de son mari, Hipólito Finat y Carvajal, donc le grand-père de Pedro Carvajal !

Précisément, ces premier marquis de Carvajal - Hipólito Finat et son épouse María de los Dolores -, grands-parents du disparu, résidaient déjà à Saint-Jean-de-Luz et « défrayaient » la chronique en circulant dans leur belle Delaunay-Belleville de 40 chevaux de puissance que le marquis, grand aficionado de belles voitures, avait acquise en 1907 au cours de l’Exposition Internationale « Automovilismo, Ciclismo y Deportes » de Madrid, ce qui lui valut même un reportage avec une photo du véhicule dans le quotidien ABC du 10 mai de cette même année !

Pedro Alcántara Finat y Samaniego, 3e marquis de Carvajal, sans héritier, avait transmis son titre à l’aîné de ses neveux. Ses funérailles avaient eu lieu à l’église Saint-Martin et l’inhumation au cimetière bayonnais Saint-Léon. RIP.

ALC

 

 

 

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