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Patrimoine
Pays charnégou : l’église d’Arancou restaurée
Pays charnégou : l’église d’Arancou restaurée

| Anne de Miller-La Cerda 820 mots

Pays charnégou : l’église d’Arancou restaurée

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Plafond de l'église d'Arancou ©
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Bénitier, église d'Arancou ©
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Sculpture du XIIIème siècle, église d'Arancou ©
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Des travaux de rénovations ont été entrepris afin de restaurer l’édifice religieux du XIIIème siècle. Protégée par les Monuments Historiques et répertoriée dans le Patrimoine de France, l’église d’Arancou sous l’égide du travail très expérimenté de l’architecte du Patrimoine Catherine Matveieff a retrouvé sa beauté d’antan. 

Datant à l’origine du milieu du XIIIème siècle et liée autrefois à un hôpital-prieuré (l’Espiau Nau), l’église d’Arancou est située sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle : Construit sur un rocher sous lequel passe un cours d’eau, l’édifice religieux fut dédié à l’Assomption-de-la Bienheureuse-Vierge-Marie aussi appelée église Notre-Dame (1)

Le portail d’entrée - datant de 1613 - invite à découvrir une sacristie qui date sans doute du XVIIIème. Construite en partie en pierres de grès jaune et roux du Flych de Mix, son style est à la transition du roman et du début du gothique par la naissance de ses voûtes d’ogives, ses chapiteaux à crochets et feuilles lobées. La tribune en bois de 1661 est surélevée.

Les mosaïques du chœur sont beaucoup plus récentes et représentent une scène de chasse, directement inspirée de l’Abbaye de Sordes.
Sur la cuve baptismale qui sert aujourd’hui de bénitier, fut gravée une marguerite à six branches. Ce symbole est une trace du paganisme et du culte du dieu solaire.

En plus de l’entrée principale, il existe la porte des Cagots, considérés à l’époque comme des « parias » de la société. Présents dès le Moyen-Age, on pense qu’ils étaient des descendants des juifs, cathares, sarrasins, gitans, ou se cachaient parmi les lépreux. Ils ne pouvaient emprunter le porche d’entrée de l’église mais une porte latérale dite des cagots qui leur était destinée. Ils avaient ensuite leur propre bénitier et ne devaient en aucun cas se mélanger aux autres fidèles.

Aux alentours de l’église, on remarque deux stèles discoïdales façonnées par des « hargins », ces paysans-sculpteurs qui perpétuaient la tradition de la pierre depuis les XVIème et XVIIème siècles.
Située sous le porche, la première stèle en grès en relief représente le Christ en croix ; elle date de 1790 et provient du cimetière du village voisin de Labets-Biscay (canton de Saint-Palais). La seconde stèle, également en grès, a été placée au milieu du cimetière. 

Vers 1877, faute d’entretien de la toiture, deux travées de voûtes s’étaient effondrées. Depuis lors, elles ont été remplacées par des nervures en plâtre. En 1997, l’entreprise Cazenave, sous la direction d’Alain Becmer, Architecte des Bâtiments de France, rénova ses contreforts, voûtes et couverture. 

Cependant, le 9 avril 2017, suite aux explosions lors de la destruction des armes (ETA) dans la carrière située à 200 m, l’église d’Arancou avait pâti de ces fortes vibrations. Le plafond de l’édifice religieux s’effritait, des pierres tombaient du plafond. Le maire d’Arancou, Alexandre Bordes, décida de s’adresser aux Bâtiments de France afin de faire réparer les dégâts. Et suite à la demande d’entente préalable en 2018 de l’architecte du Patrimoine Catherine Matveieff, les rénovations ont été entreprises.

Les travaux du chantier s'élèvent au total à 362 900 euros. Le Département, la Région et l’État ont réglé 80 % de la facture. Egalement une aide importante de la Fondation du patrimoine 
Parmi les surprises du chantier, le clocheton  s’est avéré être une copie en béton de l’original du Moyen Age. 
L'accès au porche fut refait en pierre de Bidache ainsi que le mur d’enceinte de l’édifice mi-gothique mi-roman, qui fut rejointoyé avec la voûte du chœur L’escalier en colimaçon ainsi que la tourelle qui le supporte furent également renforcé. Les murs extérieurs et la toiture furent remaniés.

A l’intérieur, les travaux ont concerné les joints entre les pierres et les voûtains.
A l’extérieur, autour de la tourelle, la réfection des parements avec nettoyage de pierres, le brochage, le coulinage, le ragréage, la réparation des pierres cassées avec de la résine, la pose de tiges métalliques ont été réalisés ainsi que le nettoyage à l’hydrofuge. Suivirent la réfection des corniches sous les avants-toits et la mise en valeur des abords de l’église par un traitement de sol en pierre  provenant de la carrière voisine. A l’intérieur de la tourelle, les marches de l’escalier à vis en pierre ont été rénovées et nettoyées.

Sur le pourtour de l’église, on a créé une calade en pierre, de manière à éloigner les eaux de ruissellement, un caniveau en pierre venant les canaliser…

Aujourd’hui restaurée, l’église Notre Dame d’Arancou, du XIIIème siècle, située non loin du village de Came entre Pays Basque et Béarn sur le trajet de Saint Jacques de Compostelle, mérite le détour.

(1) "Bien que souvent incluse actuellement dans les listes de communes de Basse-Navarre après avoir « payé franchise au pouvoir royal navarrais en 1309 » (professeur Orpustan) et avoir connu une « situation ambiguë à l’égard du pouvoir des Gramont » (d’après l’historien Eugène Goyheneche), elle dépendit du chapitre de la collégiale Saint-Jacques de Bidache, situation bien caractéristique de ce territoire « charnegou » ou « charnière » entre le royaume (basque) de Navarre, la Principauté indépendante de Bidache (Ducs de Gramont) et la gasconne Sénéchaussée des Lannes)." 

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Calade en pierres, église d'Arancou ©
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