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Tradition
Pandémie : la cathédrale de Bayonne, son oratoire et les pratiques religieuses
Pandémie : la cathédrale de Bayonne, son oratoire et les pratiques religieuses

| Rédaction

Pandémie : la cathédrale de Bayonne, son oratoire et les pratiques religieuses

Le tableau espagnol du XVIIIème siècle représentant la vierge protégeant de la peste, "advocada contra peste" est placée à l'entrée de la chapelle saint Léon dans la cathédrale de Bayonne après avoir été déplacée depuis la sacristie afin de satisfaire la demande des visiteurs et fidèles désireux d'associer leurs dévotions aux soignants, urgentistes, hospitaliers, praticiens sanitaires et humanitaires engagés contre la pandémie dans la cité et dans le monde.
Pour suivre la tradition fidèle des anciens Ordres Hospitaliers du Moyen Âge, des hommes et des femmes au service des malades depuis plusieurs siècles dans la ville de Bayonne, à l'époque de la lèpre, de la grippe espagnole, de la tuberculose, et désormais de la pandémie du Covid 19, la Cathédrale de Bayonne proposera ainsi aux passants ce temps de dévotion, de pose et de partage spirituel, aux heures ouvrables de l'édifice public et en fonction des obligations légales du moment.

Il faut espérer que le pouvoir civil n’interférera pas dans ces légitimes pratiques religieuses, comme cela avait été récemment le cas, en particulier à Paris. Car, si depuis le début du confinement, les offices religieux se déroulent désormais à huis clos, diffusés sur YouTube ou les réseaux sociaux, cela ne va pas sans quelques accrocs comme en témoigne l’irruption de policiers armés dans l’église Saint-André-de-l'Europe (8ème arrt.) où le curé Philippe de Maistre diffusait sur Internet sa messe dominicale – non publique – le 19 avril dernier : « Nous étions sept personnes : moi-même, un servant, un chantre, un organiste, et trois paroissiens pour donner la réplique et faire les lectures », explique le père Philippe de Maistre. C'est alors qu'il voit pénétrer trois policiers armés dans l'église. Choqué, le prêtre continue néanmoins la messe après avoir demandé à son servant d'autel, lui-même policier, d’expliquer aux policiers que « l'autorité de police dans une église, c'est le curé ! À part les pompiers, la police ne peut entrer, tant qu'elle n'est pas appelée par le curé ». Les policiers sont repartis au bout de vingt minutes après avoir exigé que les trois paroissiens sortent, un incident qui a suscité une très vive réaction de la part de l’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit dans sa chronique quotidienne sur les ondes de Radio Notre-Dame : « Il faut garder la tête froide et arrêter ce cirque. Sinon on va prendre la parole et (…) aboyer très fort ! », a-t-il déclaré. Réagissant à l’échange téléphonique entre le pape et le président Macron, l’archevêque a également mis en cause certains dialogues formels et purement protocolaires : « Je crois simplement au véritable dialogue. Celui qui ne fait pas de bruit, qui ne se met pas en scène dans les médias, mais qui agit ».

D’ailleurs, au Pays Basque également, les dénonciations calomnieuses vont bon train : en Soule, un « témoin » aurait même pris des clichés d'une messe célébrée dans la chapelle de l’école libre Saint-Michel Garicoits à Etcharry…

Une pétition au gouvernement pour la réouverture des églises
L'actualité de la semaine, en France, est tout entière occupée par le déconfinement et sa préparation. Le Chef de l'Etat a annoncé au pays qu'il serait sans doute possible de commencer à quitter son "assignation à résidence" le 11 mai. Mais le gouvernement annonce, quant à lui, que les églises resteront fermées au culte public jusqu'à la mi-juin.
En revanche, sur "Radio Gazelle", la radio communautaire maghrébine de la région marseillaise, le préfet des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Barbe, admet : "nous ne pourrons pas éviter que les gens se rendent visite les uns les autres dans une même barre d’immeubles” (...) Mais, là, il s’agit d’une question de responsabilité individuelle” (!) en précisant encore : “Il me semble que la période du Ramadan permet encore plus que d’habitude de veiller les uns sur les autres”.
Autrement dit, les autorités tolèreront les rassemblements entre voisins pour le ramadan, tout en les interdisant aux chrétiens...
Face à cette situation, une pétition réclame que la liberté redevienne la règle et l'interdiction l'exception – et donc que les chrétiens puissent, avec toutes les précautions nécessaires, avoir des messes dès la fin du confinement. S'il sera possible aller au bureau ou au supermarché, pourquoi pas aller à la messe? Il paraîtrait même qu'un parlementaire de la majorité aurait expliqué que les églises, comme les bistrots, n’étaient pas de première nécessité pour le pays. Or les auteurs de la pétition estiment que leurs besoins spirituels ne sont pas moins importants que leurs besoins matériels ! Voici le texte de cette pétition au Premier Ministre Edouard Philippe :

Monsieur le Premier ministre, Le président a récemment annoncé une sortie progressive du confinement à partir du 11 mai, mais les médias affirment que votre gouvernement interdirait les messes et autres rassemblements religieux au moins un mois de plus.

Il est pourtant envisageable, dans bon nombre de paroisses, de célébrer en respectant les règles sanitaires. Et il faut tout ignorer de la nature humaine pour ignorer que les besoins spirituels ne sont pas moins importants que les besoins matériels. Ce qui fait de nous des hommes tient précisément à l’âme et une vie qui se limiterait à la satisfaction des besoins végétatifs ne serait pas une vie humaine digne de ce nom.

Cette interdiction serait d’autant plus révoltante que certains “territoires perdus de la république” ne respectent pas le confinement – quand ils ne sont pas en état de véritable insurrection, agressant notamment les forces de l’ordre. Ce deux poids, deux mesures qui pèse sur les Français les plus tranquilles a quelque chose de profondément choquant pour la justice et nuit gravement à la paix sociale.

En tout cas, il est clair que la liberté doit être la règle et l’interdiction, l’exception fondée sur l’impossibilité de faire autrement. Il est parfaitement possible de respecter les règles sanitaires tout en assurant la liberté religieuse des Français.

Alors, Monsieur le Premier ministre, rendez-nous la messe, rendez-nous les sacrements, rendez-nous les célébrations liturgiques – avec toutes les mesures sanitaires qui s’imposeraient – dès le 11 mai.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma très haute considération.

https://www.lesalonbeige.fr/monsieur-le-premier-ministre-nous-voulons-la-messe/
Légende : L'oratoire de la Cathédrale de Bayonne

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Debains | 25/04/2020 00:30

Réouverture des églises le plus tôt possible

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