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Tradition
Les prénoms en basque ?
Les prénoms en basque ?

| François-Xavier Esponde 1442 mots

Les prénoms en basque ?

1  - La natalité confinée.

La pandémie a selon les indicateurs statistiques de la population 2020 fait subir une baisse de la natalité générale dans nos pays. De 6000 nouveaux-nés en une année comparée aux précédentes...

Le pape lui même s’en est soucié, rappelant “la force de la vie contre les adversités” dont celle de l’épidémie en cours.

Comment les parents en situation aujourd’hui vivent-ils cette intrusion dans leur vie de tant de contraintes affectives imposées par les précautions sanitaires ? Difficile de le penser, laissant à chacun le bénéfice de la vie privée, confinée mais non surveillée pour le cas.
Chez nous comme partout dans le pays le nombre des naissances a connu “une tendance limitée” comparée à l’avant 2020.

L’autre volet de ce sujet porte sur les préférences affichées par les parents intéressés au bénéfice de leurs nouveaux nés.
Le choix des prénoms basques ou en basque administré par l’Etat Civil selon la nomenclature choisie par chacun a le vent en poupe .

On évoque sans distance verbale depuis 2000 une sensible évolution des choix des parents en faveur de prénoms locaux, régionaux ou autochtones dans les populations concernées.

Les prénoms basques fille ou garçon en connaissent la même tendance.
Choisir ce prénom pour son enfant est une nette évaluation contemporaine qui corrige les anciennes règles adoptées dans les familles pour perpétuer les prénoms anciens de grands parents disparus.

 Une  certaine prudence s’impose cependant sur le sujet. Les générations se suivent et les évolutions sont variables selon les époques et les faits historiques.
Les prénoms datés des filles, Marguerite, Amélie, Eugénie, Mélanie, et bien d’autres deviennent  convertibles, basquisés, avec une terminaison sonore en A, plus agréable, paisible et douce à partager selon les auteurs.
Il en est aussi des garçons qui voient disparaître les prénoms de vieux parents dont les références sont inscrites dans les papiers des familles, chez les Notaires ou les registres de Catholicité, l’Etat civil des communes.

 Le constater n’est pas vouloir incriminer les ambitions des  jeunes générations mais observer les évolutions indéniables et factuelles du moment.

 Les demoiselles s’appellent désormais en plus grand nombre, Elaia ou l’hirondelle, Domeka ou dominique au genre unique du masculin ou féminin dans sa définition biblique du Seigneur, Xana ou Jeanne, prénom universel à l’origine basquisé dans son origine Dieu fait grâce. Aux Asturies elle représente encore une fée dans les traditions de cette province.
Puis encore Enea ou mienne d’origine grecque et écossaise.
Maika est choisi comme “goutte de mer” combinant deux prénoms Marie et Kamele par ceux qui participent à cet échange avec l’eau marine.
Adriana prénom répandu en italie et en grèce, en espagne vient d’Adrienne.

Le prénom résiste à l’usure des générations et se rappelle aux choix des parents pour leur fille.

Amaya ou celle qui est aimée est aussi répandu auprès des jeunes générations.
Milia ou Emilie a son origine du rival en latin, désigne la parfaite contraction du terme basquisé pour le cas.
Ainhoa est répandu en Espagne, en Pays Basque et bien au-delà. La Vierge Marie bénéficie toujours de son origine ancienne et de la diffusion de ce prénom dans ces régions du sud de l’Europe.
Zilia ou Cécile, “blanche et pure”, rappelle la vie de la sainte, martyrisée dans son adolescence dont il est à penser que l’on a oublié son origine..
Nahia la désirée ou Naia s’est répandu depuis ces trente dernières années comme un prénom féminin apprécié, suave et de sonorité légère.
Naroa est moins répandu mais se trouve dans l’état civil récent.
Loria ou “dieu est ma lumière” a une origine religieuse incontestable.
Eider la jolie, prénom gaélique est adopté chez les basques.
Santxa au féminin ou Santxo au masculin fait nombre parmi les jeunes générations.
Maialen a traversé les siècles depuis son origine hébraïque.
Catalin reste indémodable dans sa version basque de Catherine.
Joana venu de l’hébreu, Jeanne en français progresse en Pays Basque. Après des faveurs passées, des abandons et des retours...
Aumena rappelle la maternité
Maddi en grec ou “haute tour” existe encore en arabe comme “sûre et invulnérable.”

Ainsi donc, le sachant ou sans le savoir, les prénoms eux mêmes subissent des influences réciproques qui entretiennent des rencontres d’origine et de l’histoire passée de ces provenances dont certaines sont datées, et portées par des générations précédentes.

2 -  La gent masculine semble demeurer plus traditionnelle.

Bixente, Savenio, la maison neuve, Ozan ou la santé, Yanick, Andoni, Patxi ou Francois, Stefan et Iban appartiennent à des traditions déjà empruntées par des générations précédentes.

Il faut convenir que ce florilège serait incomplet si ne s’ajoutaient ces noms de lieux, de contrées, des luminaires du ciel et de la terre, à qui se lient les saisons, les époques, les paysages et l’environnement que les jeunes générations adoptent avec célérité pour leurs rejetons. Question de goûts sans doute mais également d’adhésion pour la nature, l’écologie et leur tendresse filiale pour la planète.

L’imagination peut y être luxuriante.
On ne lésine plus sur quelque originalité faisant exception pour désigner son chérubin ou sa chérubine, d’un prénom inusité qui fera la différence avec les usages.
L’orage, la foudre, la rivière, la source, la montagne proche peuvent remplacer aisément des transmissions familiales anciennes.

Les agréments obtenus auprès de l’Etat Civil sont cependant soumis à validation qui peut in fine demander la décision de la Justice avant quelque qualification et transcription dans les registres officiels de la commune.

On comprend en effet que certains prénoms soient difficiles à porter, d’autres inappropriés, d’autres encore aux accents ambigus et de nature polémiques.. Kezo voulant dire l’entêté serait par exemple une désignation lourde à porter toute une vie à l’effigie d’un surnom qui ne peut être le prénom de naissance de quelque individu.

Le choix des prénoms tout à la fois au masculin et au féminin soumis à des nouveautés ou en retour à des époques révolues peuvent faire l’objet de discussions avec les jeunes parents lors de l’inscription de l’enfant dans les registres de la ville.

Il semblerait qu’en Pays Basque, le vouloir des néo-basques de s’identifier au pays, de rechercher une origine adoptive avérée prédominent sur les précautions d’usage pour le choix de tels prénoms authentiques qui fleurent le terroir et les coutumes.
Ce sont bien là des pratiques conventionnelles qui généralement décident du choix des prénoms.
Théodore l’ancien devenant Théo, Gaxuxa, Xuxa, et l’on peut à l’infini poursuivre cette liste à la terminaison basque en A majuscule ou minuscule, si telle est la préférence des actants pour l’authenticité en ... A ! Pourquoi pas !

 3 – Le calendrier des ikastolas.

Pour ceux qui adoptent la lecture simplifiée des travaux de J.M. Satrustegi, on peut suivre les centaines de prénoms ajoutés depuis janvier à décembre dans ce calendrier.
Une mine dense d’informations sur un tel sujet.

La lecture naturaliste des douze volets mensuels de l’année rappelle janvier mois des eaux, février mois des loups, mars mois de la taille, avril mois du sarclage, mai celui des fleurs, juin celui du solstice, juillet celui des moissons, août celui de la sècheresse, septembre celui de la fougère, octobre le temps de la décroissance, novembre mois de la semence,décembre celui de la germination.

Le modèle initial demeurant le calendrier chrétien ancien et originel, le volet en basque s’enrichit d’emprunts à la nature, à l’histoire, à la botanique, aux saints dérivés de l’ancien sans le renier ni l’adopter in fine.

Pour les adeptes du genre acquis,il s’agirait d’une floraison ajoutée aux lexiques primitifs, pour les esprits contrastés d’un abandon inavoué du calendrier chrétien qui fut un recueil patrimonial de prénoms d’une époque révolue, dynamique, et non figée cependant dans des transmissions linéaires et définitives.

Les fêtes religieuses mentionnées, tout le long de l’année font référence à des liens entretenus dans le passé avec l’histoire, la littérature et des biographies de Basques renommés.

De nouvelles voient le jour, la fête de la patrie basque à Pâques, qui suit le vendredi saint où il est rappelé le rôle de l’enfant dieu.

Le calendrier dispose d’un recueil documenté et parfois raconté de l’origine de certains prénoms des débuts du christianisme, de l’influence lexicale du latin sur le basque, d’ermitages anciens vénérés par la tradition religieuse en pays basque, d’arbres mythiques tels le chêne, le frêne dans la mémoire spirituelle des autochtones, de l’influence directe de la Navarre sur les autres provinces de la communauté...

On note cependant l’absence des noms de communes administratives dans ce récapitulatif, ou de noms propres remplacés par leur lieu géographique de naissance, ni de surnoms ou titres de guerre pour des illustres qui imprimèrent par leur vie la mémoire de cette terre.

De quoi inciter à poursuivre la lecture brève de ce récit inachevé des prénoms en basque qui ne semblent se tarir à une source définie pour les jeunes générations partagée par le goût de la tradition et de la nouveauté en ce sens.

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