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Histoire
Le souvenir de Duvergier de Hauranne à Bayonne
Le souvenir de Duvergier de Hauranne à Bayonne

| Alexandre de La Cerda 766 mots

Le souvenir de Duvergier de Hauranne à Bayonne

zHistoire1 Duvergier de Haurane, école française du XVIIIème d'après Philippe de Champaigne.JPG
Duvergier de Haurane, école française du XVIIIème d'après Philippe de Champaigne ©
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zHistoire1 Martin de Barcos, école française du XVIIIème d'après Philippe de Champaigne.JPG
Martin de Barcos, école française du XVIIIème d'après Philippe de Champaigne ©
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Ce samedi 21 août à 11h, le philosophe Frédéric Schiffter, auteur d’une quinzaine d’essais et d’un premier roman, « Jamais la même vague » (Flammarion) donnera une conférence sur le jansénisme à l’auditorium de la Médiathèque de Biarritz. 
Perçu, à juste titre, comme un mouvement religieux, le jansénisme qui anime la pensée des Hommes de Lettres du XVIIe siècle, pâtit d’une méconnaissance de la part du public plus familier avec les philosophes du Siècle des Lumières. Sans cette théologie augustinienne, ni Pascal, ni La Rochefoucauld, mais aussi ni Racine, ni Molière, ni La Fontaine, n’auraient laissé tant de chefs-d’œuvre.

Or, en 1612, Jansénius – dont le nom sera par la suite attribué à ce mouvement - avait rejoint son ami Jean Duvergier de Hauranne à Bayonne « pour entamer un long séjour qui dura jusqu’au printemps 1617, dans un contexte politique et religieux passablement troublé. Jansénius fut alors nommé principal du collège de la ville le 7 décembre 1612, poste qu’il occupa jusqu’en juillet 1614, fait qui atteste son implication dans la vie sociale bayonnaise ».

Par la suite, le diocèse de Bayonne sera très marqué par un héritage janséniste dû à un évêque et aux Doctrinaires auxquels est confié le séminaire. Et malgré une évolution postérieure au séminaire, des attitudes et des pratiques confessionnelles attribuées au jansénisme persisteront et traverseront la Révolution. Ne s’agissait-il pas d’un rigorisme hérité de formations sévères, coïncidant avec le tempérament d’un clergé basque austère ? 
Même Marie-Anne de Neubourg, reine douairière d’Espagne en exil à Bayonne au début du XVIIIème siècle, ne parvint pas à y installer les jésuites, farouches adversaires des jansénistes, alors que la quasi-totalité des ordres religieux était représentée dans les nombreux couvents de la ville. Ce n’est qu’avec la création du Petit Séminaire de Larressorre en 1739 par l’Abbé Daguerre, formé chez les jésuites de Bordeaux, que démarre véritablement la reprise en main des consciences face à ce que l’Eglise qualifie de « fléau janséniste ». L’épilogue intervient à Bayonne en 1856, avec l’inauguration de la nouvelle église Saint-André, sur l’emplacement de l’ancien collège, à l’endroit même où avait enseigné Jansen… 

L’Hôtel de Hauranne à Bayonne

C'est l'un des beaux hôtels au coeur de la vieille ville, depuis les travaux de réhabilitation qui ont mis en valeur, il y a une douzaine d’années, les corps de logis aux fenêtres à meneau et permis de retrouver une portion de courtine, longue de près de vingt mètres et haute de six mètres environ, dont la face principale était tournée vers la Nive. 
Situé au 14 de la rue Gosse, l’hôtel de Hauranne s'appuie en effet sur l’enceinte antique et la rénovation de l'immeuble a été laissé apparent le parement dégagé. Mentionné au XVIème siècle, il conserve le nom de ses propriétaires du XVIIème, nom qui évoque Jean Duvergier de Hauranne. 

Cependant, son bel aspect ne laisse guère supposer l'humble origine du futur abbé de Saint-Cyran, né dans la rue Maiour (actuelle rue d'Espagne) en 1581, fils de bouchers et non d'une famille noble, comme sa légende le dira plus tard (son aïeul, Joantot du Verger, boucher, possédait la maison de Candéprat (ou Cam de Prat) ainsi que, sur la rive gauche de la Nive, près de la route de Cambo, la maison de campagne "Hauranna". Son père, néanmoins, était premier échevin de Bayonne et il avait du sang basque par sa mère, Agna Detcheverry. 

Après avoir étudié au collège de sa ville natale et la philosophie à la Sorbonne, il alla au collège jésuite de Louvain sur le conseil de l'évêque de Bayonne, Mgr Bertrand d'Etchauz. Une thèse brillante lui assura la maîtrise en 1604 et c'est probablement à Louvain qu'il fit la connaissance du futur théologien janséniste, Cornelius Jansen (Jansénius). 

Chanoine de la cathédrale de Bayonne entre 1607 et 1608, il composa même un nouvel office de saint Léon, patron de la ville, alors que son ami Jansénius devint en 1612 principal du collège de Bayonne. En 1614, Duvergier quitte Bayonne pour s'établir à Paris. On lui donne l'abbaye de Saint-Cyran en 1620 et en 1633, il prend la haute main sur Port-Royal où il se livra avec un grand succès à la direction des consciences à Paris, se joignant à ceux que tentaient un renouveau religieux. Parmi ses nombreux disciples et amis figurait Bérulle, fondateur de l'Oratoire. Refusant toutes les charges, dont l'évêché de Bayonne, que lui proposait Richelieu, un pamphlet le fâcha avec le cardinal : emprisonné à Vincennes de 1638 à 1643, Duvergier mourut à Port-Royal peu de temps après sa libération.

Photo de couverture : l’hôtel de Hauranne, aquarelle de Jean Pattou extraite du livre « Vol au-dessus de Bayonne ».

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