0
Exposition
Le peintre Baldi, en quête de lumière intérieure

| Anne de Miller-La Cerda

Le peintre Baldi, en quête de lumière intérieure

Plus qu’un week-end pour aller admirer l’œuvre de l’artiste-peintre Pierre Baldi. Invité d’honneur du 72 ème salon d’Automne de Boucau-Tarnos, ce centenaire a gardé l’esprit d’un jeune homme en restant totalement « actuel ».

On distingue plusieurs phases dans l’œuvre poétique de cet angloy : d’abord la période réaliste du tout début puis celle du figuratif abstrait aux accents cubistes et surréalistes évoluant vers l’art sacré lumineux. Une vocation artistique spirituelle tardive qu’il pratique jusqu’à présent parallèlement à ses thèmes colorés musicaux ; ses scènes urbaines de gratte-ciel et ses nus féminins, tels des bouquets de fleurs. 
Dès l’enfance, son père, artiste-peintre, lui avait enseigné les rudiments du dessin en lui communiquant le goût du travail. Pourtant, après de très brillantes études à l’école des Beaux-Arts (jumelée avec celle des Arts-Déco) de Tours, ses débuts furent difficiles à cause de la guerre. A la libération, en 1945, après avoir été démobilisé au bout de quatre ans d'armée, Pierre Baldi exerça plusieurs activités. Peintre publicitaire pour les transports routiers, affichiste de cinéma, peintre de fresques murales pour des restaurants, les métiers « free lance » et la « galère » s’enchaînent alors qu'il fallait bien faire vivre son épouse et ses trois enfants. 
Il saisit alors l'opportunité qui s’offrait à lui : un poste de professeur de dessin à l’école Tessier de Tours. Après deux ans d’enseignement, Pierre Baldi préféra rester indépendant en acquérant sa propre galerie, rue Garat à Saint-Jean-de-Luz qu’il céda à son fils Pier (décédé en 2018). 
Basée sur l’armature des bases fondamentales du dessin classique, Baldi habille sa charpente de formes réinterprétées et colorées ». Une démarche picturale qu’il intitule « CDR » et qu’il décrit ainsi : « construire avec la naissance, détruire la vie et reconstruire pour abriter le monde ». Il poursuit : « je travaille donc le moderne en parallèle avec le classique en sachant que ce dernier dicte un langage permettant d’aller vers des créations qui s’envolent vers le modernisme ».
L’art sacré,  un message d’amour
Sa palette reconquise et réinterprétée, le peintre s’aventura en Europe et aux Etats-Unis pour exposer son travail où il fut finalement très sollicité. Il partit à Paris, au festival de Cannes où il reçut le trophée à la suite d’une exposition à l’hôtel Martinez en 1970, exposa à Monte-Carlo et poursuivit son périple à New York, à Montréal où il s’établit pendant trois années, avant d'exposer à Kiev . 
Cette dernière destination - méconnue à l’époque -, où des représentants culturels étaient venus solliciter l’artiste le temps d’une exposition dans la capitale ukrainienne au moment de la dissolution de l'Union Soviétique en 1999. Pierre Baldi se rappelle avec nostalgie cette période où l'explosion de joie faisait danser les gens dans les rues. Un moment fantastique où tout se réveillait, même l’histoire. Au Moyen Age, la princesse russe Anne de Kiev était devenue l’épouse d’Henri Ier, roi de France et avait apporté avec elle la bible sur laquelle les rois de France prêtèrent serment lors de leur couronnement à la cathédrale de Reims. Avant la révolution russe de 1917,  Kiev et sa région, grenier à blé de l’Europe, étaient forts riches.  « Quelle tragédie ! », se lamente Pierre Baldi en regardant sa toile de farandoles dansantes réalisée en souvenir de Kiev. 
Lui qui, à partir de l’âge de 60 ans, avait choisi de communiquer un message d’amour par le biais de l’art sacré... A cette époque, Baldi avait réalisé avec succès son premier chemin de croix ainsi que le tableau de la Cène à l’église Notre Dame de Cauterets, avant d'organiser des expositions dans les quatorze chapelles de Lourdes… L’année passée, l’artiste termina  les toiles sur la Résurrection et le chemin de croix à la cathédrale Saint-Etienne à Toulouse. 
Après avoir utilisé les couleurs vives, dont le jaune lumineux et le bleu paradis, le peintre préfère maintenant restreindre sa palette au noir et blanc, accentuant ainsi les effets contrastés de la lumière. Ses grandes fresques murales de la Sainte Trinité, le Christ en croix et les quatorze têtes du Christ réalisées actuellement au fusain sur papier blanc ou à même la toile dévoilent la structure même du dessin.
Ces dernières années, il réalisa en parallèle les légendes de Biarritz : le phare, le Rocher de la Vierge, le quartier du Gaz, le lac Marion et la Négresse. L’œuvre de Baldi se ainsi déroule tel un fil d’Ariane, à la recherche de la lumière.
Jusqu’au 13 octobre exposition « BALDI fête ses cent ans » au 72ème salon d’automne – Salle Paul Vaillant-Couturier à Boucau – Ouvert tous les jours de 14h30 à 18h. Dimanche de 14h à 19h. Entrée libre.
 

Visuel : Atelier de Pierre Baldi @Anne de MLC


 

Répondre à () :


Captcha

Newsletter

Ne ratez aucune actualité !

Abonnez-vous à notre newsletter via ce formulaire.

| Connexion | Inscription