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Portrait
Le duc Philippe d’Edimbourg : ses liens avec l’Église Orthodoxe et la Russie
Le duc Philippe d’Edimbourg : ses liens avec l’Église Orthodoxe et la Russie

| Alexandre de La Cerda 1083 mots

Le duc Philippe d’Edimbourg : ses liens avec l’Église Orthodoxe et la Russie

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Le métropolite Hilarion offrant à Philippe d'Edimbourg l'icône de sainte Élisabeth de Russie ©
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Le duc d'Édimbourg, époux de la Reine de Grande-Bretagne Elizabeth II, est décédé le 9 avril dernier, dans sa 100èmee année. Il était le petit-neveu de l'impératrice Alexandra Feodorovna et le petit-fils de la grande-duchesse Olga Konstantinovna, fille du grand-duc Constantin Nikolaïevitch de Russie, devenue reine de Grèce par son mariage avec Georges 1er de Grèce . Dirigeante du « Fonds Romanov pour la Russie », la princesse Feodora Alekseevna Romanoff « se souvient comment, dans les années 90, lorsqu’avaient commencé les recherches des restes de l'empereur Nicolas II et de ses proches, Philippe d’Edimbourg avait fait don de son sang pour aider les travaux grâce à l’ADN ».
Et la princesse d’ajouter : « le duc d'Édimbourg s'est toujours intéressé à la Russie et à son histoire. Le prince Dimitri Romanovich, qui était le chef de la famille Romanoff, et moi avons eu l'occasion de le rencontrer et de discuter avec lui. Je me souviens de lui comme d'une personne très ouverte, bienveillante et attentive ».

Né prince de Grèce, Philip, cependant, se considérait comme danois. Il était proche de sa grand-mère la reine Olga de Grèce, et de sa grande-tante, l'impératrice douairière de Russie Maria Feodorovna chez qui il séjourna même en 1925 à Hvidovre, près de Copenhague : la mère du dernier empereur Nicolas II, s’était retirée dans son Danemark natal après la révolution russe de 1917. 

C’est là que la grande-duchesse Olga Alexandrovna avait offert du thé et des biscuits au jeune garçon qu’était alors Philippe. Plus tard, elle s’était rappelée : « Je me souviens du prince Philip comme d'un petit garçon aux grands yeux bleus rieurs, dans lequel on pouvait voir la nature d'une personne espiègle. Même à ce jeune âge, il possédait un esprit indépendant, bien qu'en présence de maman, il se sentait quelque peu déprimé. Je lui ai offert du thé et des biscuits, qu'il a terminés en quelques secondes. Aurais-je pu imaginer alors que ce bel enfant deviendrait un jour l'époux de la reine d'Angleterre ? Plusieurs années plus tard, ils se sont retrouvés au Canada, lorsque, étant déjà prince consort, Philip et son épouse ont effectué une visite d'État au pays de la feuille d'érable ».

Baptisé orthodoxe à sa naissance

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a évoqué pour sa part l’attachement du défunt pour la foi orthodoxe, partageant les souvenirs de sa rencontre avec le duc d’Édimbourg. Fils du prince André de Grèce et du Danemark, il avait été baptisé dans la foi orthodoxe. Après le départ de ses parents pour l’exil, il a vécu en Grande-Bretagne, adoptant le nom de famille britannique Mountbatten. Par la suite, il s’est converti à l’anglicanisme, restant, néanmoins, toute sa vie attaché à l’orthodoxie.

Lorsqu’il avait reçu le métropolite Hilarion de Volokolamsk le 25 mai 2011 dans ses appartements du palais de Buckingham, Philippe d’Édimbourg lui avait dit textuellement : « Je suis devenu anglican, mais suis resté orthodoxe ».
Et Mgr Hilarion de préciser : « Nous avons parlé en tout pendant près d’une heure. Il s’intéressait vivement à la renaissance de l’Église en Russie et dans les autres pays relevant de la responsabilité canonique de l’Église orthodoxe russe. Il m’a interrogé sur les monastères orthodoxes, sur les paroisses, sur les séminaires. Il m’a parlé avec beaucoup de chaleur de ses visites au Mont Athos. Il m’avait également parlé de ses racines orthodoxes et de ses liens de parenté avec la famille impériale russe.

En mémoire de cette rencontre, je lui avais offert une icône de sainte Élisabeth de Russie, dont il était le petit-neveu.

Je compatis sincèrement à la peine de Sa Majesté la Reine Élisabeth, qui perd un être cher avec lequel elle a vécu pendant près de trois quarts de siècle. Mémoire éternelle ».

Sa Sainteté le patriarche Kirill de Moscou et de toute la Russie a également exprimé ses condoléances à Sa Majesté la reine Elizabeth II et, par son intermédiaire, à l'ensemble du peuple britannique, pour la mort du duc Philip d'Édimbourg : « Une époque entière se reflétait dans le sort du prince. En tant que représentant de la lignée grecque de la dynastie Oldenburg, Son Altesse Royale avait des sentiments chaleureux pour la culture et les traditions orthodoxes, était l'un des administrateurs honoraires de l'organisation publique des Amis du Mont Athos. Le prince Philip était vivement intéressé par l'histoire et la culture de la Russie, qu'il a visitée à plusieurs reprises ».

Addenda : Lors des funérailles du duc d’Édimbourg célébrées ce samedi dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, une prière de l'Eglise orthodoxe russe a été chantée pour rendre hommage aux racines orthodoxes de l’époux de la reine Élisabeth II. Parmi les prières et les morceaux de musique sélectionnés par le duc d'Édimbourg lui-même pour ses funérailles et interprétées par un chœur de quatre chanteurs, on notait le Kontakion des Défunts orthodoxe « Fais reposer avec les saints ô Christ, l'âme de Ton serviteur défunt là où il n'y a ni souffrance, ni peine, ni gémissement, mais la vie éternelle »

https://www.youtube.com/watch?v=cvwW5ju6PH8&t=4s 

En Béarn et en Bordelais

Indiquons encore que le duc d’Edimbourg s’était rendu à plusieurs reprises dans notre région, en particulier en Béarn afin de visiter le 11 juin 1992 l’usine Turbomeca de Bordes, près de Pau (devenue depuis lors « Safran Helicopters Engines »). Car le premier motoriste mondial sur le marché des hélicoptères entretient, à partir de Bordes, une relation étroite avec la société Rolls-Royce. Pas moins de 7 000 moteurs ont été mis au point au pied des Pyrénées, comme avait pu le constater le duc d’Edimbourg qui termina son séjour béarnais par une visite du château de Pau. 

Auparavant, l’hôte royal avait visité en juin 1974 le Château Latour dans le Médoc où il fut même intronisé commandeur de Bontemps du Médoc et des Graves.

Enfin, signalons le grand intérêt marqué par ce prince pour le monde équestre. Si dans les années 1960, il était l’un des dix meilleurs joueurs de polo anglais, plus tard, en 1971, il s’intéressa à la conduite de calèche, contribuant à en faire un sport et représentant même avec succès la Grande-Bretagne lors de championnats européens et plusieurs compétitions internationales. Il eut à cœur de transmettre ses passions à ses enfants : il a initié le Prince Charles à la chasse et au polo, tandis que la Princesse Anne passait des concours et s’intéressait aux courses.

Retrouvez Kevin Guillot, créateur du site Monarchie Britannique samedi 17 avril à 13h30 sur CNEWS (canal 16 de la TNT), juste avant le début des funérailles du duc Philippe d’Edimbourg.

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Jeune marin ©
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Jeune officier naval britannique ©
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Jeunes mariés avec la future reine d'Angleterre ©
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Nikolaï Singier-kurzawa | 18/04/2021 21:29

Merci infiniment Anne pour cet article très pertinent est très instructif merci infiniment du fond du cœur

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