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Antiquités & Brocantes
Le cri d'alarme des Antiquaires
Le cri d'alarme des Antiquaires
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| Rédaction

Le cri d'alarme des Antiquaires

Nous reproduisons de « La Gazette du Patrimoine » le cri d'alarme d’un antiquaire concernant l’état de sa profession à la suite de la crise que nous traversons, qui a été un fléau pour l’économie, que ce soit sur le plan mondial que national. Si certains secteurs semblent se relever, d’autres souffrent toujours et sont dans l’attente de mesures qui leur permettraient non pas d’espérer vivre, mais au moins survivre. C’est le cas des antiquaires qui exercent leur profession majoritairement sur les salons et les grandes foires internationales.

Il s’agit de François-Xavier Bon qui, après des études d'histoire de l'Art à Lyon2 et une formation à la Galerie Michel Descours, avait ouvert son magasin les "Curiosités d'Ainay" à Lyon qu'il dirige depuis plus de vingt ans tout en participant à de nombreux salons internationaux.

Certes, le report ou l’annulation pure et simple de certaines manifestations plombe le fonctionnement de maintes galeries d’antiquités et de nombreux brocanteurs qui auront du mal à s’en relever. Mais la stagnation – voire la chute – des prix de certains objets ne date pas de maintenant et ressort d’une situation générale peu favorable à l’intérêt pour notre histoire qui n’est pour ainsi dire plus enseignée dans les collèges, si elle n’est pas remise en question par les récents déboulonnages de statues et vandalismes en tout genre que les autorités laissent se perpétrer quasi-impunément…

Ainsi, un lecteur ne manque pas de souligner parmi les causes à cette crise de la profession d’antiquaire « la disparition progressive de l’enseignement de l’histoire comme l’on connue nos parents et ma génération qui entraîne une incompréhension des jeunes pour les objets anciens .
La campagne permanente des grandes enseignes et des médias liés à la mode et à la décoration pour un renouvellement régulier des intérieurs façon IKEA n’ont-ils pas entraîné les jeunes vers le jetable même dans ce domaine ?
Aujourd’hui les quantités d’antiquités qui partent pour les pays étrangers est effrayant et nous risquons un jour de nous retrouver comme les chinois à rechercher dans le monde entier les vestiges de notre passé ».
A cela, on pourrait encore ajouter l'exiguïté des appartements en ville, et le fonctionnel qui prime : le savoir est perdu, les gens sont peu intéressés et surtout, la notion de patrimoine familial n’existe plus...

Pour en revenir à François-Xavier Bon, dans son courrier « appel du 23 juillet 2020 » adressé au nouveau Ministre de la Culture Roselyne Bachelot, l’antiquaire alerte sur la disparition imminente de son métier :

« Je voudrais par la présente vous informer de la situation dramatique que vit le métier d’antiquaire.

Je comprends que vous êtes sollicitée par d’autres urgences, plus générales ou plus pressantes, qui requièrent l’attention du pays. Mais je ne peux me résoudre à croire que l’actualité, chargée, semble plonger notre profession dans l’indifférence.
Depuis le 17 mars notre situation ne fait que d’aller de mal en pis à l’image du commerce en général. Mais je voudrais attirer votre attention sur une particularité de notre profession qui semble vous être méconnue.

En effet depuis les années 2000, la profession est confrontée à une crise qui nous a conduits à une situation hélas regrettable : notre marché de l'art, jadis glorieux, voire le premier du monde, s'est dramatiquement affaissé. Cette situation a conduit à la fermeture massive de confrères et poussé à une adaptation rapide et brutale pour les 15000 restants. Cette mutation s’est faite pour une grande partie (environ 80 %) par une installation dite « en chambre » et par la participation aux foires et salons. Ces derniers représentant quasiment la totalité du chiffre d’affaire.

Or, depuis le début du confinement toutes les foires et salons sont annulés et au vu de l’avancée actuelle du COVID 19 la tenue de ceux de la rentrée de septembre semblent bien compromise.

Sans points de ventes, Comment voulez-vous que l’on vive ? Si l’on voulait nous faire disparaître on ne s’y prendrait pas autrement ! A l’heure où vous semblez défendre le petit commerce, sommes-nous si petits pour vous être autant indifférents ? Je suis bien conscient que le marché de l'art en France est mal connu et ne représente plus une part majeure de l’économie mais ce marché a surtout une fonction culturelle essentielle pour notre pays. Il y a des synergies et des complémentarités entre le marché de l’art et les collections privées, entre marché de l’art et métiers de la conservation et restauration d’ouvres d’art, entre collections privées et collections publiques, entre le marché et l'histoire de l'art, dont les progrès ne tiennent pas qu'à l'action désincarnée des seuls professeurs et conservateurs.

La France ne peut se résoudre à réduire le marché de l’art aux ventes aux enchères qui grâce à leur corporatisme et internet a réussi à se maintenir, car c’est bien mal connaître les rouages. Les maisons de ventes ne sont que la partie émergée de l’iceberg, par rapport à l’ensemble du commerce de l’art et des antiquités. Les antiquaires et brocanteurs sont l’une des pierres angulaires de notre patrimoine. Le premier contact du débutant avec les antiquités se fait chez le commerçant : poser des questions, toucher l’objet, se faire conseiller, réfléchir, s’informer, revenir…. Voici tout un processus qui a besoin de temps, forme la mémoire et l’identité d’un pays par son patrimoine, ses objets, son art de vivre à la française… d’où la nécessité pour la France de conserver ses magasins, ses marchés aux puces, ses foires et ses salons d’antiquaires.

Est-il l’heure de sonner le tocsin ? Nombre de spécialistes et de professionnels éminents le pensent si vous ne prenez pas des mesures urgemment. Nous sommes des passionnés qui ne comptons pas nos heures, prêts à se lever aux aurores pour « chiner » et se coucher à point d’heure pour effectuer des recherches afin de trouver le pourquoi et le comment d’un objet, transmettre l’amour de l’art du savoir et de l’histoire dans toutes les couches de la société, participer au rayonnement de la culture française. Mais, avec tout le dynamisme du monde, nous ne pouvons relever ce défi avec une aussi grande précarité de nos revenus.

Il est possible de proposer des mesures politiquement réalistes en inscrivant notre profession dans le plan de relance sans allouer de gros moyens budgétaires pour nous aider à franchir ce cap.

Je reste à votre disposition et j’espère au nom de tous les antiquaires et brocanteurs que l’on puisse déboucher sur des décisions effectives.
Je vous prie d’agréer, Madame le Ministre, l’expression de ma très haute considération ».

Lors d’un récent déplacement dans les villes dont les festivals ont été annulés, Roselyne Bachelot n’avait pas manqué de souligner : « La culture, c’est la valeur ajoutée de la France. Dans le PIB, la culture représente autant que l’agriculture et sept fois l’industrie automobile. Le monde culturel, qui accuse une perte de revenus de 22,3 milliards d’euros, vit actuellement un sinistre qui impacte, par son poids économique, la vie de tous les Français. » Et d’insister : « On n’a jamais eu autant besoin de culture. Cette crise montre qu’en être privé, c’est être privé de soi-même et des autres » ! Il est certain que l’art et l’histoire des siècles passés - dont les antiquités constituent le vivant témoignage de notre culture parvenu à nos jours - méritent d’être relevés et conservés !

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Jean-Christophe AURNAGUE | 01/08/2020 06:48

Nous sommes dans la continuation d’un effondrement culturel sans précédent Et une très grande majorité de ceux qui nous suivent ne savent plus apprécier notre patrimoine car trop affairés à des virtualités pendant ce temps nos vielles pierres s’écroulent quand elles ne sont pas saccagées par des barbares il en découle toutes ces merveilles bradées pour rien dans le bon coin ! Sincères condoléances pour le tombeau de l’art !

Jean-Christophe AURNAGUE | 01/08/2020 07:16

P.S A force d’insuffler dans les publicités des phrases idiotes du style «  c’est pas Versailles... » on finit par dénigrer tout ce qui est artistique mais aussi catholique !!

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