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Histoire
« Le Chemin d’Ernoa » – Louis Delluc – 1920-1921.
« Le Chemin d’Ernoa » – Louis Delluc – 1920-1921.

| Michel d'Arcangues

« Le Chemin d’Ernoa » – Louis Delluc – 1920-1921.

Louis Delluc (1890-1924) est un pionnier de la critique de cinéma, fondateur des ciné-clubs, romancier, scénariste, journaliste et metteur en scène de 7 longs ou moyens métrages dont 4 ont pu être sauvés et restaurés par la Cinémathèque Française et réunis en coffret DVD.

Né en Gironde dans le village de Cadouin, sa famille s’installe à Paris en 1903, où il étudie au Lycée Charlemagne. Il commence une carrière de journaliste, écrit avec abondance, et épouse en janvier 1918 la comédienne d’origine belge, Eve Francis (1886-1980),  qui deviendra sa principale interprète.
C’est sous l’influence de sa femme, collaboratrice de Paul Claudel (1868-1955) et assistante du metteur en scène Marcel L’Herbier (1888-1979), que Delluc s’intéresse au cinéma et se tourne vers la réalisation. 
Il sera avec Germaine Dulac (1882-1942), Marcel L’Herbier, Abel Gance (1889-1981), Jean Epstein (1897-1953), le fondateur d’un mouvement considéré à l’époque comme d’avant garde ou « impressionniste », bien que le cinéma de Delluc soit plus conventionnel que celui de Dulac, influencée par le surréalisme.

Très critique des feuilletonistes à la mode comme Louis Feuillade (1873-1925), qui connaît un énorme succès populaire avec la série des « Judex » et des « Vampires », et donc peu porté vers l’expression du cinéma d’aventure et de divertissement né au début du XXème siècle, Delluc se forge la réputation d’un cinéaste « sérieux » porté vers le naturalisme et le drame psychologique.

C’est en 1920 qu’il tourne son troisième film : « Le Chemin d’Ernoa », d’abord titré « L’Américain », drame sentimental de 50mn tourné entièrement au Pays Basque à St-Pée-sur-Nivelle, Ascain et dans d‘autres décors naturels très bien mis en valeur par une belle photographie de l’opérateur Alphonse Gibory.

C’est à ma connaissance le second film tourné au Pays Basque, après le « Ramuntcho » de Jacques de Baroncelli en 1919.
L’intrigue est assez curieuse : un riche paysan basque, Etchegor, revenu d’Amérique après avoir fait fortune, voue une passion tenace mais malheureuse à une riche américaine, Majesty Parnell, dont le mari est sur le point d’être arrête pour vol et qui cherche à se forger un alibi.
Etchegor va favoriser la fuite du mari en Espagne en espérant conquérir le cœur de la femme qu’il aime, mais celle-ci rejette ses avances et part rejoindre son époux.

Avec une histoire assez banale et une psychologie un peu sommaire, le film a un quelque peu vieilli, mais il reste intéressant par la fascination et l’importance que Delluc avait accordé aux paysages, à l’ambiance et à la lumière sensuelle du Pays Basque, dont on aperçoit plusieurs sites emblématiques qui donnent au film une fonction dramatique essentielle, ainsi que par le jeu sobre de ses acteurs.
Il est interprété par son épouse Eve Francis, Gaston Jaquet (1883-1970), et Albert Durec (1873-1930), ce dernier fut un réputé metteur en scène de théâtre.

La carrière de Louis Delluc fut hélas fort courte : il succomba à l’age de 33 ans à une phtisie galopante aggravée par les conditions climatiques difficiles lors du tournage de son dernier film « L’Inondation » pendant l’hiver 1923 sur les bords humides et glacés du Rhône.

Le Prix Louis Delluc – sorte de Goncourt du cinéma - est attribué chaque année depuis 1937 à une œuvre cinématographique de qualité  ou à un premier film.

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« Le Chemin d’Ernoa », bal ©
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« Le Chemin d’Ernoa », J.B. Marichalar ©
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