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Antiquités & Brocantes
Le bucolisme des régionalistes basques © DR

| Anne de Miller-La Cerda

Le bucolisme des régionalistes basques

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Samedi 21 avril, l’étude paloise Carrère & Laurie mettra en scène une série de tableaux et objets d’art, principalement du Pays Basque, présentés aux enchères la semaine suivante à Pau.

A la une, huit œuvres du célèbre  Ramiro Arrue (1892-1972), « le bouvier devant une église » (lot 16) format 178x95 cm, une huile « typiquement Arrue » bien que non signée, reflète l’atmosphère du Pays Basque intérieur. Cette oeuvre de l'ensemble décoratif qui provient de l'hôtel Atherbea, bd Thiers à Saint-Jean-de-Luz.

Une autre peinture à l’huile sur toile marouflée, « la pause de vendangeurs « (lot 14) format 63 x 144,5 cm, à l’atmosphère bon enfant, fut réalisée d’après la fresque du Théâtre de la Nature d'Arcangues.

Moins grande que les huiles, une gouache à la riche palette de couleurs illustre « une scène dominicale après la messe » (lot15) format 42x48cm, sans doute du Pays Basque intérieur.

Un style très personnel que souligne avec force le dessin à la mine de plomb « les joueurs de mus » daté de 1919 (lot 17 dans le catalogue de l’expo n25) format  15,5x21cm, dont le verso montre une étude de lavandière.

Plus bucoliques, quatre œuvres du peintre d’origine toulousaine Louis Benjamin Floutier plus couramment appelé Louis Floutier, dont une huile « la Ferme basque au printemps » (lot 21) format 33,2x25,7 cm, deux dessins au pochoir « Fandango » et « Pêcheurs et Kaskarotes » (24x63cm) et une lithographie « la rencontre à la Croix blanche à Ciboure » évoquent le Pays Basque d’antan.Un catalogue raisonné sur Louis Floutier dont la première édition a été publiée en 2017 rédigé par Mary-Anne Prunet est actuellement en cours.
Passionné par les décors sur poteries, Louis Floutier fonda la manufacture de Ciboure avec Victor Lukas et Etienne Villotte en 1919 à Ciboure. De 1919 à 1922, la manufacture signa au dos de chacune d’elles « LVK » (voir le grand vase néo-grec présenté signé "Ciboure" 78cm de hauteur). Floutier se chargea de la partie artistique de l’entreprise, imposant son style « à la grecque », sur fonds noirs, avec des personnages stylisés, à la mode 1920. Leurs peintures étaient dessinées directement à la main sans être décalquées. Puis aidé de Lukas, ils privilégièrent les décors sous le signe « LF ». En parallèle, Floutier réalisa des cartons pour les vaisselles de Sarreguemines, à décors de svastikas en 1930.
A partir de 1922, Etienne Vilotte se consacra entièrement au néo-basque à la manufacture de Ciboure. Pendant cette « période Vilotte », la marque « V.E » au dos, les divers décorateurs qui collaborèrent ne signèrent pas leurs œuvres.
En 1945, Rodolphe Fischer racheta l’entreprise. Jusqu’en 1951, les décorateurs purent de nouveau signer leurs œuvres auxquelles étaient ajoutées les lettres  « V.E ».  La marque fut progressivement remplacée par  « R.F. » (Rodolphe Fischer), puis par « R.S.F » (Rodolphe, Suzanne Fischer) ou « M.F.C. » (Max et Carmen Fischer). Le dernier décorateur et peintre d’origine hollandaise Robert Brandhof dessina une série de plats et d’assiettes signés aux impressions du bleu Delft natal réalisées au couteau et non au pinceau. Malheureusement, la Poterie de Ciboure fermée en 1995, fut détruite en 1997.

Figurant également à cette exposition, les peintures et dessins de Pablo Tillac (1880 - 1969) témoignent d’un remarquable coup de crayon caricatural. Né à Angoulême, il étudia aux Beaux-Arts et fréquenta les ateliers parisiens. Etablit définitivement à Cambo, tel un ethnologue, il croqua avec beaucoup de sagacité pendant un demi-siècle les personnages les plus typiques du Pays Basque. Cumulant la profession d’Illustrateur, l’artiste contribua à la publication d’une quarantaine d’ouvrages, dont le « Ramuntcho » de Loti, le « Don Quichotte » de Cervantès et la « Femme et le Pantin » de Pierre Louys. Une biographie fort documentée de cet observateur assidu de la morphologie et de la psychologie basque a été publiée par l’écrivain Pierre Minvielle aux éditions Atlantica.

Parmi ses œuvres présentées à l’exposition-vente, deux vues du port d’Orio (entre Saint-Sébastien et Guetaria) lots 26 et 27 (même format 32x50cm), flashées au plomb, témoignent de la dextérité de Pablo Tillac, jonglant entre l’architecture des maisons et bateaux avec pêcheurs en mouvement autour des filets de dorades. D’autres sujets évoquent l’Espagne du Sud avec l’utilisation de couleurs vives et tranchées à l’image de ses visages. (Voir deux  huiles de dimensions importances : « Aux portes de Tolède » lot 29 104x73cm et « Les gitans aux Saintes » lot 30 (125x175cm);

Parmi une pléiade d’autres artistes, « Deux hommes attablés dans un bar au Pays Basque", une huile datée de 1867 de Gustave Colin (1828-1910) format 55,5x 46 cm. Le peintre régionaliste basque appartient au « groupe des neuf » créé vers 1923 dont faisait partie Ramiro Arrue, Gustave Colin et ses compères, qui privilégiaient les paysages verdoyants du Pays Basque.

Bureau Carrère &Laborie : 54, rue Pannecau à Bayonne
Exposition : Samedi 21 avril de 10h30 à 17h

A l’étude Carrère &Laborie : 3 allée Catherine Bourbon à  Pau
Exposition : Samedi 28 avril de 10h à 11h30
Vente à Pau Enchères :
Samedi 28 avril à 14h30

Anne de Miller-LaCerda

 

Ferme basque au printemps par LBFloutier
© DR
Vase néo-grec de la période « LVK " 1919-21
© DR
Vue du port d'Orio par Pablo Tillac
© DR
Dessins Pablo Tillac
© DR

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