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Tradition
La spiritualité, croissance de toute vie
La spiritualité, croissance de toute vie

| François-Xavier Esponde

La spiritualité, croissance de toute vie

1 – Au coeur de la vie.

La pandémie actuelle vécue au quotidien a fait prendre conscience à chacun de la précarité physique du moment et du regain d’intérêt pour une spiritualité personnelle à l’école de la vie.
Un propos quelque peu différent des barèmes habitués de l’espérance de vie, de bien être physique et d’une jeunesse inoxydable qui leurrent d’illusion les images publicitaires.
Il est dit que la croissance se poursuit toute la vie en quête d’une transcendance inter et personnelle que l’on désigne sous le titre de spirituelle.
Au fil des déclins successifs d’une jeunesse d’utopie éternelle, les forces de résistance ou de résilience, mot familier actuel, développent des facultés et la force d’un état d’esprit que des auteurs du milieu du siècle dernier ont évoqué diversement, comme une forme spirituelle de réponse à la condition humaine et personnelle de tout individu.
Il devient bénéfique de reprendre ces réflexions de Bergson, Tillich, Buber, Gabriel Marcel, Teilhard de Chardin, qui parlent encore à nos contemporains en quête du sens de vivre, particulièrement en ces temps ténébreux, soumis à une pandémie aux conséquences funestes.

2 – Des penseurs de référence.

- De Bergson et de son livre L’« Elan vital » on relève, “la vie est comme une traversée de la matière par la conscience. L’homme créateur se libère par son ingéniosité et sa faculté créatrice, de ce qui reste emprisonné chez l’animal et se dégage définitivement chez l’homme.
Telle parait au philosophe comme l’hypothèse que la vie est entraînée par un élan irrésistible vers une efficacité de plus en plus grande. D’un élan qui rapporte une énergie spirituelle différente des autres, qu’elle dire d’elle plus qu’elle ne peut la contenir.
Telle sera la créativité de soi par soi, pour bâtir sa personnalité par un effort spirituel qui enrichit le monde”.

- Teilhard de Chardin, le jésuite scientifique, nourrit une pensée philosophique innovante pour son temps.
Il écrira que la spiritualité s’inscrit dans l’évolution de la vie qui rejette un univers entièrement fermé, ou soumis à un développement du hasard des éléments spirituels spontanés, selon une hypothèse d’un cosmos de particules élémentaires, sans une optique possible d’un univers à étoffe spirituelle.
Formé à la physique et à la biologie, Teilhard de Chardin rapporta que l’histoire entière de l’évolution de l’univers n’était que le lent rassemblement d’une conscience diffuse échappant graduellement aux conditions matérielles pour rejoindre une réponse qui l’attire vers le « centre ».
Ce que le philosophe des sciences relate comme une loi de l’évolution donnant naissance aux réalités morales parvenues à un niveau de conscience supérieur, de forces physico-morales.
Une affinité fondamentale relevant des individus en phase les uns avec les autres, et tournés vers le Centre Oméga de l’Univers.
Le chercheur et penseur désignera cette affinité fondamentale l’Amour.
Car pour devenir pleinement humain c’est à dire un être libre, l’être humain doit s’ouvrir à cette force attractive qui demeure l’Amour !

- Gabriel Marcel s’interrogea sur le mystère de l’être, comme une exigence de la transcendance qui ne saurait être réduite à une vie d’ici, un lieu d’exil fortuit, opposé à une Centre qui serait un bien réel évoqué comme une perspective d’au delà.
Malgré tous les déterminismes imposés à l’homme dira le penseur, l’homme demeure un être libre. Une réalité qui porte une forme d’existence sur son moi sans le réduire à un objet. Il sera un égo parmi d’autres dans une communauté profondément enracinée dans l’ontologie sans laquelle les humains seraient inintelligibles pour eux et entre eux.
Le « Je » n’existe que dans un rapport inter subjectif, dans l’Amour!

- Le philosophe Buber s’ouvrira à son propos au « Tu », l’autre, pour résister au non-être. Les humains doivent refouler les empiétements du « cela » et ouvrir à la relation.
Être voué à la disparition est ancré dans la conscience de lois régulées par les conditions immuables de la nature contre lesquelles toute résistance est inutile.
Rencontre l’autre « Je » ne fonde pas la relation sinon en s’ouvrant au « Tu » fondamental, au monde vivant qui relie les êtres les uns aux autres, dans la réciprocité. C’est là l’ouverture pour l’humain en vérité du bien cosmique qui définit l’homme.

- Paul Tillich encore posera les fondements de sa pensée sur l’existence.
Il faut du courage à être pour affronter l’angoisse de l’existence, à savoir le mourir et le vivre.
La spiritualité proposera une démarche universelle fondamentale et universelle, pour guider la conscience vers la profondeur du sens ultime de la vie.
Car cette préoccupation ultime donne la direction d’éternité et de quête de sens à la personnalité.
Ce Centre de vie  structure tous les éléments de la vie personnelle. les angoisses de la vie, la fatalité, la question de la mort, celle du vide et de l’absurdité du suivi de toute existence, la culpabilité et pire encore, la crainte de la damnation d’une existence condamnée et désavouée.

Telle serait une synthèse brève d’un recueil résumé d’auteurs, philosophes, et penseurs qui se posèrent la question de la transcendance au coeur d’un siècle passé traversé par les affres de nombreuses  calamités endurées par les hommes.

La transcendance appelle le rapport, intra et interpersonnel, faisant communier avec une force de désir avec le divin, l’universel, l’absolu, l’ultime, quels que puissent être les finalités recherchées par tous les humains en état de vie spirituelle, à chaque parcours de l’intériorité pour chaque être humain !

François-Xavier Esponde

Légende : Teilhard de Chardin paléontologue à Altamira et Aizbitarte

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