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Tradition
La bible, recueil botanique de l’humanité. © DR - École de l'Allgäu, Le Christ dans la maison de Simon, vers 1470-80

| François-Xavier Esponde

La bible, recueil botanique de l’humanité.

On trouve toute sorte d’informations dans la bible, recueil des senteurs, des odeurs et des couleurs de l’Orient, sans doute de premier intérêt pour les curieux qui s’intéressent aux origines de ces plantes odoriférantes
Au printemps en germination, le soleil enflammant ces terres sablonneuses illumine la nature et les senteurs de ces marchés approvisionnés d’aromates qui fournissent aux curieux une profusion d’espèces naturelles.
Epices, arbustes de saison, arborent les premiers bourgeons des parfums de la terre.
Le pays de Tyr y est cité pour son commerce familier d’aromates prisés des populations s’approvisionnant en Arabie. Le prophète Ezékiel décrit ce commerce coloré de la Méditerranée à Tyr, plaque tournante de ces échanges (Ezékiel, 27).
Les historiens relatent que de ce port partaient toutes espèces de marchandises vers l’Occident, les céréales (blé et orge), des matières telles l’ivoire et l’ébène, les étoffes prisées de brocarts et de pourpre, le marché du luxe de l’époque.
Ces échanges entre Tyr et l’Arabie comportaient le poivre, le safran, la vanille, le cumin, la cannelle, le gingembre, la cardamone, ainsi que l’or et les pierres précieuses.Ce sentiment de l’avoir et du pouvoir acquis dans ce commerce lucratif fit penser au roi de Tyr : « je suis un dieu, qui habite une résidence divine, au coeur des mers ». mais le prophète biblique le mit en garde de placer son coeur au rang du coeur des dieux (Ezekiel 28, 1).
Tentation de se comparer à ces forces invisibles qui peuplent les cultes grégaires en Orient -comme partout – chez des hommes assoiffés de potentat et de règne !

La Bible et les Evangiles montrent les usages des populations sémites dans leur commerce habitué des senteurs. Invité chez Simon le pharisien, Jésus est accueilli par une femme de vie libertine qui le reçut, selon la coutume, avec un flacon de parfum en albâtre (Luc 7, 36-49).
Elle en répandit sur les pieds de son hôte, qu’elle arrosa de ses larmes, dit l’Ecriture, et les essuya de ses cheveux selon un désir de pénitence…Une pratique de l’époque, impensable de nos jours !
Or, la présence de cette « favorite » choqua l’assistance, et l’on proposa de l’éloigner de cette illustre compagnie. La suite est connue, Jésus lui accorda un accueil inespéré et salua dans sa conduite l’amour des gestes qu’elle accomplissait. Le mot grec qui définit sa conduite est celui de “porné”, dont chacun comprend l’origine.
Apaisée et réconciliée dans sa nature tourmentée, elle s’en alla, comme si l’onction qu’elle avait donnée lui fut rendue d’une senteur intérieure, dont le désir s’exprimait dans ses gestes.

Il est encore un autre personnage biblique...
Marie Madeleine est porteuse de l’huile parfumée qui l’accompagne dans les généreuses rencontres de sa vie singulière. Il s’agit d’un récit connu lors des pratiques funéraires de l’Orient.
Parfumer les corps, ce saint chrême venu de l’orient accompagne toujours les sacrements de toute vie religieuse. Baptême, confirmation, ordination, accompagnement de la maladie, et onction sur les malades, sont oints de ces parfums venus de l’Orient, à la senteur suave et généreuse.Car les odeurs participent à la célébration festive des sacrements.
Il n’est pas jusqu’au cierge parfumé de miel, un carré d’encens et de myrrhe, qui ne donnent un goût de plénitude inassouvi d’une appartenance à un univers indicible de contentement, quand on jouit de leur bienfait.L’huile et les parfums mêlés donnent des odeurs sublimes dont en Orient et chez nous on se parfume, se purifie ou s’imprègne.
Les marchés publics de ces cités sentent l’exotisme, et les senteurs de thé, de café et de tisanes diverses emplissent les espaces de convivialité.
Les fragrances et le mélange avec l’huile de patchouli sont dans nos boutiques parfumées depuis des siècles, selon les époques, car pour bien de nos contemporains l’attrait irréfutable de la nouveauté emprunte à des origines anciennes de ces terres méditerranéennes la provenance de senteurs telles la coumarine qui dans des boutiques de luxe constituent aujourd’hui des produits rares et chers destinés à des clientèles de connaisseurs.
Dans le paysages des ambres et des odeurs, la variété des espèces croisées aujourd’hui ressemble au chai du vigneron où tout existe, peut exister et se créer selon la demande du moment.

Ne souriez pas, la quête insatiable des chercheurs en laboratoire des études olfactives est intarissable.Ce qui pouvait sembler démodé ou hors circuit il y a peu revient en demande, et à l’inverse ce qui semblait indémodable est abandonné comme indigeste aux goûts singuliers du présent !

DR - École de l'Allgäu, Le Christ dans la maison de Simon, vers 1470-80 

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Jeanne Develle | 14/03/2020 13:42

article passionnant.

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