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Notre disparu
In Mémoriam : Jean Bonneterre, ancien président du musée historique de Biarritz
In Mémoriam : Jean Bonneterre, ancien président du musée historique de Biarritz

| Alexandre de La Cerda 628 mots

In Mémoriam : Jean Bonneterre, ancien président du musée historique de Biarritz

C'est un passionné de l'histoire de Biarritz qui est parti dans sa 98ème année : après la cérémonie religieuse en l'église Saint-Joseph de Biarritz, l'inhumation de Jean Bonneterre a eu lieu jeudi dernier au cimetière de Ranquine.

Mais c'est dans sa 76ème année qu'il avait laissé la présidence du Musée Historique de Biarritz en déclarant : "Ayant atteint l'âge auquel même les évêques prennent leur retraite, je ne solliciterai pas vos suffrages pour la quatrième fois !" C'était en février 2001 et ce Lorrain à la tête solide et aux idées bien ancrées dans un corps dont l'aspect presque ténu dissimulait en réalité un 5ème dan de karateka, ancien professeur diplômé de l'Etat, avait alors renoncé à la direction du musée "sans idée de dauphin, la charge n'étant ni de droit divin, ni héréditaire..."

Ingénieur de formation (il avait dirigé pendant dix-sept ans une société gérant l'alimentation en électricité de la sidérurgie lorraine), Jean Bonneterre avait vécu dans l'ombre du colonel Laborde - "l'âme du musée" - la formation des collections qui avaient donné naissance au musée et leur installation dans la chapelle anglicane St-Andrew, rachetée par la ville en 1980. Gestionnaire avisé, il avait eu la lourde tâche, pendant ses sept années de présidence (succédant à une décennie au secrétariat général) de faire vivre l'association, continuer la collecte de nouvelles pièces, créer une animation vivante autour de concerts et d'expositions, et assurer ses finances à travers les écueils d'un procès clochemerlesque et les difficultés inhérentes au site. En effet, à l'image d'autres monuments de Biarritz, telles la Chapelle Impériale ou l'Eglise Russe, les murs et la voûte de la chapelle Saint-Andrew, exposés aux intempéries océanes, souffraient (et souffrent toujours) de l'humidité ambiante et des infiltrations consécutives aux fréquentes intempéries. C'était au moment où j'écrivais ma série de biographies historiques sur Biarritz et je me souviens que des morceaux de fresques se détachaient alors, menaçant même d'endommager certaines vitrines qui avaient dû être déplacées hors de l'abside !

Après consultation de spécialistes - Vincent Ducourau et Olivier Ribeton, respectivement conservateurs du Musée Bonnat et du Musée Basque -, les élus avaient même envisagé un déménagement du musée dans un autre immeuble, de préférence historique, par exemple le "Château Boulard" dont les copropriétaires (de la voisine "résidence Arcadie", destinée principalement au 3ème âge) ne souhaitaient cependant pas se défaire à l'époque. 
Quant à la chapelle St-Andrew, dans l'idée de l'adjoint à la Culture Jakes Abeberry, elle aurait pu constituer un auditorium accessible, sans contraintes ni charges excessives, aux formations de chambres, aux chorales, aux associations locales, ainsi qu'aux répétitions de l'Orchestre régional.

Le musée en resta donc au statu quo, d'autant plus que la mairie refusait à l'époque d'engager de quelconques travaux à St-Andrew, en particulier le nécessaire traitement des vitraux pour filtrer les rayons ultra-violets qui menaçaient tous les objets d'origine végétale et organique, tissus, couleurs, etc.. Je me souviens que c'était l'une des déceptions avouées de Jean Bonneterre, avec la constatation d'une certaine désaffection des jeunes, malgré tous les efforts qu'il avait déployés envers les écoles de Biarritz, mais qui ne semblaient guère avoir suscité l'engouement des enseignants...
Or, Jean Bonneterre avait toujours eu de bons contacts avec les jeunes, en particulier lorsqu'il avait créé avec une poignée de pionniers judokas le Karaté-Club de Briey qu'il dirigea, ainsi que la Ligue de Lorraine, pays où l'avaient attiré ses occupations professionnelles (le dojo porte même actuellement son nom) : les jeunes sportifs de cette époque se souviennent encore de "la personnalité de cet homme de rigueur, de droiture : par son tempérament basque, il ne lâchait rien et ne s’en laissait pas conter. Nous l’avions pris en affection malgré sa main de fer dans un gant de velours, pour nous il était papa Bonneterre". R.I.P. - Goian bego.

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