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Notre disparu(e)
In Memoriam : Kattalin Ithurralde, une grande dame du Pays Basque
In Memoriam : Kattalin Ithurralde, une grande dame du Pays Basque

| Alexandre de La Cerda 673 mots

In Memoriam : Kattalin Ithurralde, une grande dame du Pays Basque

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Sa famille lui rend hommage à la messe des funérailles... ©
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... ainsi que les jeunes danseurs de Begiraleak. ©
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Quittant sa famille et sa villa Mathilde, quai de l’Infante, Kattalin Ithurralde, doyenne des Luziens, est partie vendredi dernier à 107 ans rejoindre son cher mari, l’ancien maire et conseiller général de Saint-Jean-de-Luz, André Ithurralde. 

Mercredi, l’église Saint-Jean-Baptiste était remplie de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants accompagnés de nombreux luziens et amis venus prendre congé d’une grande dame qui avait particulièrement marqué sa vielle natale où elle avait vu le jour le 23 novembre 1914, avenue Labrouche, où ses parents (son père, arangoiztar et sa mère, arbonar) tenaient un commerce. 

Après l’école Saint-Joseph, Kattalin Biolet entra chez les dames de Saint-Maur à Pau où elle passera le baccalauréat. Elle a égrené ses nombreux souvenirs au cours d’une entrevue avec Terexa Lekumberri pour le portail Mintzoak sur  https://www.mintzoak.eus/fr/temoins/kattalin-ithurralde/ 

Des souvenirs essentiellement liés à Saint-Jean-de-Luz : jeux d’enfance, pratiques religieuses (catéchisme, communion, congrégation des Enfants de Marie, Mgr Bellevue et les paysans d'Acotz), les loisirs d’adolescente et de jeune fille, en particulier la danse basque et le théâtre au sein du groupe Begiraleak ou les leçons de piano avec Mme Elhuyar de Bordagain, la vie culturelle à Saint-Jean-de-Luz dans les années 1920 à 1950, les concerts de l'Harmonie Municipale, le Carnaval, l’animation dans le voisinage de l’établissement familial sur l'avenue Labrouche, entre la gare et les Halles, la tempête de 1951 ; titulaire du permis de conduire à 18 ans (très rare pour une jeune fille à l’époque), Kattalin se mariera en 1941 avec André Ithurralde pour s’adapter au rythme d’activités de son époux, chef d’entreprise dès les années 1940 (conserveries Saint-Jean puis Soluco) et armateur. 
Et de considérer le parcours politique de son époux, premier magistrat de la commune pendant 17 ans, de 1971 à 1987, et qu’elle considérait comme « un visionnaire »...

Terexa Lekumberri notera à propos de cet entretien que « malgré la forte présence de son mari, Kattalin ne sera pas une femme de l’ombre : elle a sa personnalité et ne s’en cache pas »

Comment ne pas me souvenir du vif plaisir de la retrouver chaque lundi de Pâques au Biltzar des écrivains basques de Sare où elle ne manquait jamais de me rendre visite et s’enquérir de ma production littéraire et des derniers crus de mon vignoble, ou bien parcourant Saint-Jean-de-Luz pour l’ouverture des fêtes, encadrée par le maire Peyuco Duhart et son adjoint, scène qui nous ramène au souvenir de son mari, le regretté maire André Ithurralde, egiazko Jauna ! 
Sa fille Maritxu Etchandy nous donnait régulièrement des nouvelles de l’alerte et toujours allègre centenaire : « Ama est toujours en forme. Nous avons fêté son anniversaire samedi dernier à la maison, avec tous ses enfants. Bon pied, bon œil : nous l'accompagnons deux fois par jour en centre-ville, faire une petite promenade et dire bonjour aux Luziens qu'elle rencontre et qu'elle reconnaît. On peut dire qu'elle ne manque jamais la messe du dimanche, et ce par n'importe quel temps. Même si elle ne suit pas l'actualité comme avant, elle reconnaît et s'intéresse à tous ceux qu'elle a connus. C'est la poursuite d'une vie saine, pleine d'intérêt pour les autres »

En novembre 2014, à la veille de souffler ses 100 bougies, Kattalin Ithurralde avait reçu un groupe collégiens du lycée Maurice Ravel qui désiraient « comparer le basque unifié (celui appris à l’école) avec le basque labourdin utilisé au début du siècle dernier dans les familles ».

L’alerte jeune centenaire avait ainsi relaté « ses premiers pas de danse devant le kiosque Louis-XIV à la sortie de la messe, son travail dans l’établissement familial, les après-midi en famille où la tradition du conte était très forte, sa rencontre avec André Ithurralde lors d’une partie de pelote à Ustaritz, ses cinq enfants, ce jour où elle a fui les bombardements pour se mettre à l’abri à Saint-Pée-sur-Nivelle, son amour pour Saint-Jean-de-Luz, etc ».

Et c’est sur de beaux chants religieux basques, agrémentés d’Espata dantzak exécutées par les jeunes danseurs de Begiraleak ainsi que l’interprétation d’une poignante chanson « Ama » interprétée par ses jeunes descendants que Kattalin Ithurralde nous a quittés en beauté lors d’une dernière messe à Saint-Jean-Baptiste.

R.I.P. Goian Bego.

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Un anniversaire de Catherine Ithurralde, avec sa nombreuse famille ©
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Répondre à () :

Andre et Anne Marie LAJUSTICIA | 30/07/2022 16:46

Merci jean pour cette attention qui nous touche. Nous apprécions beaucoup de connaître le beau parcours de vie de ta maman . Bravo pour ce témoignage et cette belle famille. On vous fait des mouchous (malgré la pandemie)..

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