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Patrimoine
Cathédrale de Bayonne : le chantier de restauration reprendra en septembre
Cathédrale de Bayonne : le chantier de restauration reprendra en septembre

| Anne de Miller-La Cerda 674 mots

Cathédrale de Bayonne : le chantier de restauration reprendra en septembre

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Construite sous la domination anglaise, la cathédrale de Bayonne a gardé cette croisée d'ogive avec clé de voûte à l'écartelé des lys de France et des léopards anglo-gascons ©
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La cathédrale de Bayonne vient de recevoir mardi dernier la visite des représentants de l'Etat, son propriétaire depuis les spoliations opérées à son profit par la Loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, et désormais garant de l'entretien de ce magnifique témoin de notre patrimoine architectural, placé également sous la protection de l'Unesco : le préfet de Pau Éric Spitz et le sous-préfet de Bayonne Philippe Le Moing-Surzur, sous la conduite éclairée de l'architecte des Bâtiments de France Charlotte Pocorull. En novembre dernier, nous avions déjà fait état des réparations à effectuer :
https://baskulture.com/article/restaurations-de-la-tour-sud-et-de-la-chapelle-des-prbendiers-la-cathdrale-de-bayonne-prvues-pour-2021-3520

Un chantier de rénovation dont on espère qu'il devrait reprendre à la rentrée de septembre, particulièrement au bénéfice de la Tour Sud et de la chapelle des Prébendiers (*) après la restauration des chapelles du déambulatoire.
Erigé dans un style gothique sur le site d’une cathédrale romane ravagée par un incendie en 1258, l’édifice religieux fut rebâti progressivement et remanié dans un style gothique entre le milieu du XIIIème et le XVIème siècle.
Les guerres et la révolution détériorèrent à nouveau la cathédrale. En 1847, grâce au mécénat du banquier Jacques Taurin de Lormand, des travaux de restauration pharaoniques furent entrepris à la cathédrale de Bayonne sous la direction de l’évêque de Bayonne, Mgr Lacroix, qui chargea du chantier l’architecte en chef Émile Boeswillwald, élève de Eugène Viollet-le-Duc. En dotant la cathédrale de deux flèches de 70 mètres de haut, c’est la création d’un rêve néo-gothique que cet architecte entreprit.
Émile Boeswillwald redessina le chœur surmonté d’un ciborium et aménagea un déambulatoire de sept chapelles qu’il fit orner des peintures des Saint Apôtres dans le style du XIII-XIVème siècle par Louis Charles Auguste Steinheil. Comme nous le rappelions, elles furent dernièrement restaurées à l’issue d’un chantier qui dura près de trois années.

Parmi les nombreuses chapelles de la cathédrale, sept autres sont situées dans le bas-côté nord. Le long du bas-côté sud, construite au XIXème siècle, trône celle dédiée à saint Léon.
Prochainement sous la direction de la nouvelle architecte des Bâtiments de France Charlotte Pocorull, la chapelle des Prébendiers et la Tour Sud seront en chantier. Dédiée à la Vierge, la chapelle construite dans un style gothique flamboyant au XVIème servit à l’origine de sacristie et de remise. « Appelée aussi “chapelle des Basques”, rappelons que le 17 janvier 1984, une quarantaine de réfugiés basques y avaient entamé une grève de la faim (pour obtenir leur “statut”) , en particulier en 1970. Le 6 février, la police les évacua et ils poursuivirent leur action à l'église d'Arbonne », commente Alexandre de La Cerda.
Comme le reste de la cathédrale, bâtie en pierres de Mousserolles de teinte ocre et en pierres blanches de Bidache, celles de la chapelle des Prébendiers et la Tour Sud, abîmées et poreuses seront changées.
A l’intérieur de la chapelle, une clef de voûte datant du XIVème siècle est éclairée par un vitrail-armorial représentant les douze blasons d'évêques bayonnais (comme les douze apôtres) ainsi que celui du pape Pie XII et du commanditaire du vitrail, Mgr Terrier, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sur les murs, un tableau de Saint Jacques le pèlerin remémore l'inscription de la cathédrale sur la liste des chemins de Saint-Jacques de Compostelle déclarés patrimoine mondial par l'UNESCO en 1998. Un autre portrait rappelle le mécène de la cathédrale, Jacques Taurin de Lormand.

Ainsi, à l'automne dernier, 807 000 euros avaient été alloués à ces restaurations dans le cadre du plan de relance du gouvernement. Nous écrivions alors qu'il s'agissait "d'une bonne nouvelle dans les circonstances difficiles du Covid, au moment de l’Avent, lorsque la cathédrale Sainte Marie, nimbée d’un brouillard hivernal, était prête à s’illuminer pour Noël". Il reste à mettre en pratique ces bonnes résolutions ! En souhaitant également que soit rapidement mis en oeuvre un plan de sécurité incendie pour lequel l'Etat avait engagé des études à la suite de l'incendie de Notre-Dame à Paris... et de bien d'autres églises en France, malheureusement...

(*) Prébende désigne le bénéfice ecclésiastique attaché à la charge des chanoine.

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