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Patrimoine
Bayonne : une corrida "goyesque" en "bleu Miró" le 3 septembre
Bayonne : une corrida "goyesque" en "bleu Miró" le 3 septembre

| Alexandre de La Cerda 1107 mots

Bayonne : une corrida "goyesque" en "bleu Miró" le 3 septembre

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Une corrida au décor "bleu" inspiré du peintre Joan Miró ©
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Le vendredi 3 septembre les Arènes de Bayonne accueilleront la cinquième corrida goyesque de leur histoire et, pour la deuxième fois, elle sera bleue après le succès mémorable d’il-y-a deux ans.
L’occasion de présenter en France l'élevage del Montecillo (Tolède), dont le propriétaire est le jeune David Sanchez Medina, petit-fils de Paco Medina, ancien propriétaire (aujourd'hui disparu) de Ventorillo. Certains toros sélectionnés avaient été cochés pour Madrid. Ils seront combattus par Antonio Ferrera, Daniel Luque et Emilio de Justo.

Immersion dans le Grand Bleu

Les arènes seront habillées d’un bleu inspiré par l’œuvre du peintre Joan Miró : en 1925, alors que sa production comptait de nombreuses compositions sur fond bleu, Joan Miró (1893-1983) peignit « la couleur de ses rêves » (conservé au Metropolitan Museum of Art) qui attribuait explicitement à la couleur bleue, présente là sous la forme d’une tache sur fond blanc, une portée toute particulière. Et plusieurs décennies plus tard, installé dans le grand atelier construit pour lui en 1956 par son ami architecte José Luís Sert à Palma de Majorque, il pouvait enfin « dépasser la peinture de chevalet » en « se rapprochant, par la peinture, des masses humaines auxquelles il n’avait jamais cessé de songer ». Et c’est dans ce vaste espace qu’il réalisa ces trois « Bleu », toiles « immersives » aux dimensions monumentales, où résonnaient tant son admiration pour l’expressionnisme abstrait découvert en 1947 aux États-Unis

Sauf qu'à Bayonne, dans ces « fonds plus ou moins denses, plus ou moins vibrants des étendues bleues », ce ne seront ni « l’éloquence du silence » ni la « musique muette » rêvées par le peintre, mais bien toute l'éclatante animation musicale et colorée d'une Corrida goyesque qui jaillira des Arènes ! 

Avec Goya en exergue

Unique en son genre, la "corrida goyesque"  – l’un des temps forts de la Côte basque – inscrit la tauromachie dans un spectacle alliant également arts plastiques, musiciens et chanteurs.
Une "corrida goyesque" ? Parce que les toreros y utilisent des costumes similaires à ceux en vigueur à l'époque de Goya : les paillettes sont quasiment absentes, les seules décorations étant des broderies…
Et à propos des liens de Goya avec le Pays Basque, voici un extrait d'un chapitre que j'avais écrit pour le bel album sur la peinture basque de Michel de Jauréguiberry (ed. Pimientos) : « C‘est sans doute le malheur des nations ou des peuples sans Etat que de voir souvent ignorés les trésors culturels produits par leur génie propre. Et l'on ignore généralement le Navarrais Juan de Gasco qui exerça surtout en Catalogne au XVe siècle, le Biscaïen du XVIe Francisco de Mendieta dont on connaît le « Serment des Fors de Biscaye par Ferdinand le Catholique », ou le Guipuzcoan Baltasar de Echave qui œuvra à la même époque au Mexique. Et surtout, leur compatriote Ignacio de Iriarte dont les paysages qui constituèrent plus d’une fois le fond des toiles de Murillo faisaient l’admiration de ce dernier.
Pour mémoire, indiquons encore que Goya était d’une ascendance basque : ses grands-parents avaient quitté leur Guipuzcoa natal pour aller travailler en Aragon.

Etait-ce le souvenir de récits familiaux concernant les procès de sorcellerie au Labourd et dans la Navarre proche, au début du XVIIe siècle ? Ou bien son amitié avec le financier bayonnais François Cabarrus, dont la sœur était mariée à un Haraneder, propriétaire de la « Maison de l’Infante » à Saint-Jean-de-Luz, et dont le secrétaire, Leandro Fernandez de Moratin, expert ès-sorcellerie, deviendra un intime de Goya et le suivra en exil en France ? Peut-être Goya s’était-il attardé dans « la cathédrale du diable » à Zugarramurdi, en franchissant les Pyrénées ? Toujours est-il que, bien avant ses célèbres « peintures noires » d’où sourd l’hallucinante fureur du « Pré au bouc », l’« Aquelarre » des scènes de sorcellerie et de mythologie basques avait déjà inspiré Goya. En particulier, un « Aquelarre » qu’il peignit entre 1797 et 1798 pour la maison de plaisance des ducs d’Osuna aux environs de Madrid. Dans toute cette production, on retrouve l’assemblée des « sorgins » autour d’un akerra « satanisé » et, dans « Asmodea », l’envol vers le sabbat avec au fond le profil caractéristique de la montagne des « Trois Couronnes » vue de la Rhune.

Suite de la Feria de l’Atlantique

Samedi 4 septembre 
- novillada de la Feria de l'Atlantique à 11 h avec les novillos de Los Maños pour Tomas Rufo, Adam Samira et Yon Lamothe. Tomas Rufo, révélé à Bayonne il y a deux ans, sera à nouveau face à une novillada de Los Maños, élevage qui a connu de grands succès ces dernières années à Bayonne. Suivront 2 novilleros Français, des promesses au style bien affirmé. L'un du Sud-Est, Adam Samira, l'autre du Sud-Ouest, le Tarusate Yon Lamothe, qui vient de connaître un grand succès pour le 15 août dans la très respectée Plaza de toros de Roquefort dans les Landes : 3 oreilles face aux redoutables novillos de La Quinta, soit un spectacle annoncé comme très prometteur.
- corrida avec 6 toros à 19h : pour la troisième année, Bayonne a choisi de se distinguer en proposant une palette de 6 toreros, aux inspirations et aux arômes divers. Un duel d'élevages de premier choix pour les aficionados : 3 toros de Fraile de Valdefresno (José Enrique Fraile) et 3 toros du Conde de Mayalde pour Morenito de Aranda, qui vient de triompher à Tolède, le Montois Thomas Dufau, Tomas Campos, Alejandro Marcos Jesus Colombo et Diego Carretero / Un cartel inédit, ouvert aux découvertes.

Dimanche 5 septembre
- novillada sans picadors à 11h avec cinq élevages du Sud-Ouest : Camino de Santiago, Lartet, Alma Serena, Casanueva et La Espera, du Bayonnais Jean-François Majesté.
Le cartel de la novillada sans picadors : Jean-Baptiste Lucq (Adour Afición) Juanito (Adour Afición), Marcos Linares (Ubeda) et Tristán Barroso (Almendralejo).
- « la » corrida à 17h30 avec des toros de Garcigrande (Salamanque) pour El Juli, Paco Ureña et Juan Leal. Il s’agit de deux des plus grandes vedettes du monde taurin: le maestro El Juli et le dernier triomphateur des Arènes de Madrid, Paco Ureña. Ils seront accompagnés du Français Juan Leal qui a su se distinguer avec force dans de nombreuses arènes ces dernières temporadas.

Informations et locations : à partir de 15€. Tarifs réduits pour les étudiants, carte déclic et peñas. Corrida gratuite - 8 ans (10€ pour les 8 – 15 ans).
Bureau des Arènes de Bayonne, du lundi au samedi de 10h à 17h30.
Vente en ligne et informations sur :  https://arenes.bayonne.fr/ Courriel :  arenes@bayonne.fr  / Tél : 0 970 82 46 64
Points de vente : Arènes de Bayonne, Offices de Tourisme de Bayonne, Anglet et Biarritz.

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Corrida goyesque ©
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La Feria Atlantique à Bayonne les 3, 4, 5 septembre ©
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