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Tradition
A propos de sexualité dans la bible aujourd'hui
A propos de sexualité dans la bible aujourd'hui

| François-Xavier Esponde 1044 mots

A propos de sexualité dans la bible aujourd'hui

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La sexualité, au-delà des préceptes bibliques ©
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Comme en toute histoire de l’humanité, la bible fourmille de récits imagés de sexualité depuis le récit de la Création à celui des tentatives de viol des habitants de Sodome, et désormais le déroulé des lois de Bioéthique actuel, de PMA, GPA probable, de mariage pour tous les genres, et in fine d’un rapport à l’autre de plus en plus diversifié, car le sujet est patent.

Dans le texte référencé de la Genèse dans la Bible, on trouve un florilège de récits érotiques, de fantasmes, d’interdits de la sexualité humaine.
Sans vouloir les ignorer ni projeter sur le passé des commentaires explicatifs anachroniques sur la génitalité de l’espèce humaine, on comptait beaucoup d’enfants morts à la naissance dans l’Antiquité, il fallait assurer la survie de l’espèce menacée en continu et en nombre.

Le descriptif des deux premiers Chapitres de la Genèse  relate “la différence sexuelle de l’homme et de la femme, comme le sommet de la Création consentie et acceptée de l’oeuvre divine au bénéfice de la vie.” Non sans raison d’affirmer la spécificité normative de cet échange pour l’humanité.

Paradoxalement, dans le Cantique des Cantiques, poème allégorique de l’amour,  on trouve pas ou peu mention de la fonction reproductive de l’espèce, sinon celle du plaisir et de la passion entretenue où le plaisir est en soi un jeu amoureux comme tel et la beauté du corps, un modèle recherché pour une relation désirable et convoitée.
On devine par conséquence induite que les effets du désir, de l’onanisme, des risques de transgression, des tentations de l’adultère et de la sodomie, des effets de la prostitution, de ce que l’on nomme le sodomasochisme, de la zoophilie, et parfois de la polygamie contenus dans ce rapport à l’autre, pouvant sous tant de facettes, devenir possibles.

La Bible relate ainsi des récits mis en scène parfois sous un jour cru, sans tabou particulièrement dans le Premier Testament “brut de décoffrage”, qui rappellent ces écrits de la littérature grecque antique, la plus libre et la plus parlante, des moeurs des populations orientales peu ou pas averties de moralités postérieures, telles que celles que le législateur  voudra un jour  réglementer au fil de l’histoire de l’humanité.

Platon n’est pas en reste dans ce répertoire, et sa conception de l’éducation juvénile est de ce temps.

Dans le texte ainsi conformé du judaisme, la sexualité biblique est une réalité ambivalente, comme le lieu du bonheur le plus accompli, “epectasis” disaient les anciens, ou celle des avilissements extrêmes par revers, qui pouvaient engendrer des crimes et des viols quasi tolérés par les moeurs de ces époques.
Le Livre de Samuel 2 S 13, 1 – 22 est d’un explicatif sans défaut, pour raconter “la tragique destinée de Tamar fille de David et de Maaca, violée et rejetée par son demi frère Amnone après un subterfuge de ce dernier qui accomplit l’opprobre.”
Comme celui encore du viol des habitants de Sodome qui peut rappeler les méfaits des légions romaines accomplissant leurs conquêtes guerrières sur des populations asservies, et les viols en surnombre accomplis sur les femmes, proies soumises de leurs victoires.

Dans une société somme toute primitive, la Bible justifiera au fil du temps des interdits. Exode 20-14 “Fuyez l’immoralité sexuelle, tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme, c’est une abomination. Chacun de vous doit savoir maitriser son corps et ne pas céder à des désirs sexuels avides et non maîtrisés comme ceux qu’ont les nations qui ne connaissent pas Dieu 1 Th 4,4-5.” indique le texte.
Ce qui laisse supposer que les pratiques en question étaient bien réelles et ne laissaient le doute subsister sur leurs effets possibles.

La Bible ne condamnera pas à priori ces us et coutumes grégaires. Elles correspondaient aux moeurs du temps,  mais cherchera à les contenir pour que de telles pratiques ne deviennent des conduites habituées de domination et de destruction altruiste.
Un déroulé long de millénaires d’éducation s’ensuivra. En peut-on croire le résultat décisif ?

Les Hébreux instruiront le recours à la Loi divine comme une protection de la relation homme-femme, pour éviter que la violence des désirs, des passions ne dénature la sexualité en ce qu’elle a de sublime, et serait invertie par ses pulsions contraires et instinctives.
Quand Paul de Tarse invite les maris à “aimer leurs femmes” la nouveauté s’inscrit dans le vivre ensemble, d’un univers polygame consenti pour les hommes, mal vécu par les femmes, et source de violences inhérentes à ces moeurs habituées.

Ce changement de monde, de mode de vie,  mettra des siècles à évoluer et produire ses effets sur les conduites positives et harmoniques de la sexualité, qui dès lors dominera l’instinct primitif de la nature humaine et deviendra sous le vocable de “la morale judéo chrétienne”, un art consenti de l’amour conjugal.

La Bible étant de son époque, les récits contenus dans le Livre évoquent l’esprit patriarcal d’une histoire faite par des hommes mâles, à des années lumière de l’époque contemporaine qui rendent parfois cette connaissance obscurantiste, dépassée et archaïque.
Mais il est un fait indéniable de l’évolution des mentalités sous cette influence spirituelle qui a donné à la femme un statut d’épouse, de mère, d’être humain à part entière, pas toujours égale de l’homme dans l’univers, mais inscrite de facto dans une évolution notable, qui n’est pas encore parvenue à ce jour à son épanouissement en plénitude.

Dans un Livre d’entretiens “Terrafutura 2020” paru en Italie, du pape François sensible à ces questions éthiques et sociétales contemporaines, il est mentionné que “l’église a toujours condamné le plaisir inhumain, brut, vulgaire, mais elle a toujours accepté le plaisir humain, sobre, moral car il vient directement de Dieu, n’étant ni catholique, ni chrétien, ni autre chose. Il est simplement voulu par Dieu” !

On peut deviner l’impression que de tels propos ont pu évoquer dans un horizon fermé, isolé de la sexualité humaine confondue avec l’intégrisme moral et l’interdit absolu, comme règle de vie conjugale.
De toute évidence le prophète n’étant jamais perçu tel parmi les siens, le Pape s’expose le disant à des turbulences inévitables sur un tel sujet complexe et incompris bien souvent en son église, qui n’est exempte de ces fantasmes en ses rangs et ses hiérarchies.
L’actualité relatée de quelques sujets ponctuels contemporains en font la démonstration douloureuse !

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