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Une papauté en constante évolution historique.
Une papauté en constante évolution historique.

| François-Xavier Esponde 1317 mots

Une papauté en constante évolution historique.

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Dictionnaire du Vatican et du Saint Siège dirigé par Christophe Dickens chez Robert Laffont Bouquins ©
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Histoire des Papes de 1789 à nos jours de Bernard Lecomte (Perrin) ©
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Trois ouvrages revisitent l’histoire de la papauté des origines à nos jours :
"Histoire des Papes de 1789 à nos jours" de Bernard Lecomte paru chez Perrin, "Dictionnaire du Vatican et du Saint Siège" dirigé par Christophe Dickens chez Robert Laffont Bouquins et "Ces douze papes qui ont bouleversé le monde" de Christophe Dickens chez Tallandier.
Loin des images d’Epinal et de caricatures récentes, parmi ces papes, onze ont fait l’histoire de la papauté et du monde.

1 – Une histoire contrastée.

265 papes se sont succédés depuis Pierre, premier chef de l’Eglise.
- Léon 1er (440-461), le plus grand pape de l’Antiquité, saint et docteur de l’Eglise, fut “un avocat de l’incarnation et un habile politique” négociant avec Attila, puis les Vandales dont il obtint qu’ils contiennent les saccages de Rome : il instaure l’autorité et organise l’église, se substitue au pouvoir impérial romain décadent et sauve son unité.

- Grégoire 1er (590-604) rêve d’être moine mais les romains le placent à la tête de l’Eglise. Erudit, Préfet de la Ville, il assure la transition entre l’Antiquité et le Moyen Age, ouvre Rome dès le VIème siècle vers l’Angleterre et l’Europe du Nord, y envoie des missionnaires.

- Grégoire VII (1073-1085), ancien moine de Cluny, auteur de “la réforme grégorienne,” crée la papauté impériale, renforce l’indépendance de l’Eglise face aux souverains, et tient la main de la nomination des pères abbés et des évêques.
Lié à “la querelle des investitures” contre le Roi Henri, il condamnera la simonie, imposera le célibat ecclésiastique avec des résultats relatifs..

- Innocent III (1198-1216), voue sa mission de “représentant du Christ”, là où les évêques sont les représentants des apôtres, et impose son autorité sur l’épiscopat et sur les souverains, affirmant “la supériorité du spirituel sur le temporel...”

- Boniface VIII (1294-1303) se heurte à Philippe le Bel et au pape Célestin V qu’il aurait poussé à la démission. Arrêté dans sa chambre, sa papauté porte l’empreinte de rapports hostiles avec les royaumes qui n’acquiescent guère à son autorité, et de luttes de pouvoir avec les autres cardinaux de l’église.

- Jean XXII (1316-1334) devient pape d’Avignon après deux années de vacances papales. Sa réputation contre les juifs qu’il spolie en Avignon lui valut une renommée difficile, mais il décida de faire d’Avignon la résidence principale des papes, connectée à l’ensemble de l’Europe.

- Jules II (1503-1513), pape de la Renaissance heureuse pose la première pierre de la Basilique Saint Pierre de Rome, protège les artistes et Michel Ange, crée la Garde suisse, mais verse dans la corruption et le népotisme. Pape soldat dénommé “Jules César II", il élimine ses adversaires - dont les Vénitiens et les Français - de la Romagne et du Milanais, en vue d’agrandir les Etats Pontificaux.

- Pie V (1566-1572), dominicain mêlé à l’Inquisition, combat les hérésies et crée l’Index des hérésies, participe au Concile de Trente, facilite l’édition du catéchisme en plusieurs langues, qui n’est plus le modèle de la Renaissance précédente. Réforme et Contre-Réforme disputent le pouvoir de l’autorité ecclésiale.

- Pie VII (1800-1823), pape de l’après Révolution Française, succède à Pie VI mort à Valence, “enterré civilement,” négociateur avec Napoléon qui le fait arrêter, le fait venir pour son couronnement et le fait enfermer à Fontainebleau, ce pape récupère les Etats Pontificaux après la défection de Napoléon avec qui les rapports seront belliqueux..

- Pie X (1903-1914) instaure le Droit canonique, revisite la liturgie et fonde la Curie, ses relations avec les courants réformistes seront tendues en ce début de XXème siècle compliqué.

- Jean XXIII, le plus contemporain (1958-1963), dénommé ‘'le bon pape Jean”, est le premier pape de l’ère contemporaine après Pie XII, le dernier pape monarchique dans ses faits et gestes. Il lança le Concile Vatican II dès 1965 et mourut avant la fin, mais entra dans l’histoire comme pasteur universel réconciliant l’Eglise et la Modernité..

2 - 1870 le tournant de l’histoire.

Un matin de septembre 1870 à Rome, tonnent les canons juste à la fin du Concile de Vatican 1er, la ville est annexée au royaume d’Italie, les Royaumes pontificaux sont confisqués, Pie IX n’est désormais plus “pape et roi” et se retire au Vatican qui deviendra depuis, la résidence habituée du pape élu.
Les révolutions de 1848 divisent les royaumes italiens, et le Saint Siège fait partie du nombre. Le pape tiraillé entre sa fonction impériale et sa mission spirituelle reconnaît que le Chef de l’Eglise universelle doit rester neutre, mais le chef de l’Etat pontifical ne peut l’être.

C’est l’heure du confinement au Vatican administré désormais par les fidèles du monde et le versement du Denier de Saint Pierre par faute de dividendes de revenus de l’état papal. Pie IX reste roi, mais “un roi prisonnier et déchu, un roi sans terre”... A la tête d’un Etat de 44 hectares, et une communauté de plus d’un milliard de fidèles hors de l’Italie !

Léon XIII succédant à Pie IX comprend que la fonction du pape est désormais morale et diplomatique. Qualifié par Jacques Maritain, ancien diplomate français au Vatican, de “firmament théologique, et le Saint-Siège, de puissance morale”.

Une étape suivante surgit avec Pie X et “le droit d’exclusive” supprimé par ce pape, un privilège que la France, l’Espagne et l’Autriche pouvaient exercer sur le conclave lors de l’élection d’un cardinal à la fonction papale.
Le cardinal Mariano Rampolla Del Tindaro, jugé trop francophile aux yeux de l’Autriche, en fera les frais.

Les événements en France autour de 1905 et la dite séparation des pouvoirs, exacerbe à nouveau les rapports du pape, des évêques français, et des autorités civiles.
Plus d’Etat entre les fidèles et la Papauté, une laïcisation à la française qui renforce le lien entre le pontife et les fidèles s’ensuivra.
Le modèle napoléonien d’un Code civil inspirera à l’échelle de l’église celui d’un Code canonique adapté, remplaçant des codes régionaux existants qui se tournent désormais vers celui centralisé du Vatican.

Benoît XV, pape du temps de la Grande guerre, endosse l’habit de la diplomatie de la paix et celui des accords du Latran.
Après des années de conflits entre le Vatican et l’Italie, le pape privé de terres mais assuré d’un pouvoir spirituel sur le catholicisme universel, prend de la distance et de la dimension internationale. Par deux encycliques restées célèbres, contre le nazisme et le communisme, l’autorité morale et spirituelle de Pie XI dépasse les frontières italiennes, et est saluée jusqu’en France par le radical et anticlérical Edouard Herriot comme “autorité qui s’est élevée contre les totalitarismes du XXème siècle.”

La Seconde guerre mondiale bousculera une fois encore la papauté et ses traditions monarchiques.
La célèbre chaise à porteurs utilisée encore par jean XXIII et la tiare rutilante sur sa tête disparaîtront du paysage pontifical dès la fin du Concile Vatican II.

Le Discours du pape Paul VI à l’ONU en plein concile, donnera le tempo aux changements intervenus des influences de la papauté hors de l’Italie en ces années conciliaires en cours.

Messager de paix et de la justice, porteur de la charte des droits humains universelle, le pape Jean Paul II voyagera en 120 pays, accompagné pour nombre d’entre eux, du cardinal Roger Etchegaray.

Changement de monde, changement de dimension universelle, le pontife romain suprême devenu le pasteur universel de l’humanité endosse un uniforme inattendu au regard d’une histoire récente de la papauté. “Le pontificat n’a rien perdu de sa grandeur même si la dimension humaine de la charge apparaît désormais plus distinctement “ diront les historiens contemporains de l’église.
Dans un monde globalisé l’Europe ayant perdu de sa force au sein de l’église, le catholicisme subit de l’intérieur de l’institution de surcroit, un agnosticisme prégnant et contestataire renforcé par l ‘émulation d’églises évangéliques extérieures mettant à rude épreuve les pratique en interne de la transmission de la foi.

Des défis nouveaux pour un Synode en 2023 sur l’évangélisation actuelle en cours d’étude, demeurent des objectifs d’un proche avenir.

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