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Musique
Quand le « Belharra Trio » surfe sur une vague… féminine !
Quand le « Belharra Trio » surfe sur une vague… féminine !
© ALC – Le « Belharra Trio » au Musée Historique de Biarritz

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Quand le « Belharra Trio » surfe sur une vague… féminine !

Pour un surfeur, prendre une vague à Belharra - la mythique vague géante du Pays Basque qui a déferlé pendant plusieurs heures samedi dernier au large de la corniche à Urrugne - c'est comme toucher un sommet pour un montagnard avec l'engagement d'un instant et l'accomplissement d'un long parcours… Une métaphore qui exprime bien la trajectoire du talentueux « Belharra Trio » composé de Damaris Alsunard, piano, Patrick Prunel, violon et Yves Bouillier, violoncelle, soit la rencontre de trois chambristes passionnés, professeurs au Conservatoire Régional de Bayonne, qui donneront un concert exceptionnel le dimanche 8 mars prochain (à 18h) au Musée Historique de Biarritz, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes. Musiques et textes de femmes célèbres s'entremêleront pour emporter l'auditoire dans un monde où l'émotion sera au cœur de l’événement grâce à la participation de l'écrivain Marie Cosnay. Car, « le corpus d'œuvres composées par des femmes et jouées en concert représente une perle dans un océan d'opéras, de symphonies et d'innombrables œuvres écrites ». Et le répertoire, bien sûr, s’imposait pour cette occasion, avec des œuvres des compositrices Clara Schumann et Fanny Mendelssohn. 
Clara Schumann 
Ainsi, le Trio de Clara Schumann opus 14 composé en 1846 nous rappelle et nous confirme combien grands étaient ses dons de compositrice et pas seulement de pianiste virtuose. Née d’un père professeur de piano réputé, marchand de musique et de pianos (Friedrich Wieck 1785-1873) et d’une mère issue d'une d'une dynastie de musiciens qui se produisait comme pianiste et soprano (Mariane Tromlitz-Wieck, 1797-1872, fut l'élève de Friedrich Wieck avant de l'épouser), Clara étudia le piano et une partie de ses humanités avec son père, mais aussi le violon et toutes les disciplines de la composition musicale avec les meilleurs professeurs de Leipzig : théorie, harmonie, orchestration, contrepoint, fugue. Jouissant très tôt d'une réputation d'enfant prodige, jouant dès l'âge de 9 ans, à la célèbre Gewandhaus de Leipzig où vivait la famille, elle fit ses débuts de soliste à 11 ans et se produisit à Paris l'année suivante. En 1838, à l’âge de 19 ans, elle sera élue membre de la Gesellschaft der Musikfreunde (Société philharmonique) de Vienne et nommée pianiste virtuose à la cour d'Autriche ! Entre-temps, Robert Schumann avait commencé à prendre des cours de piano chez Friedrich Wieck (le père de Clara) dont il tombe amoureux. Quand Clara atteint 18 ans, Robert la demande en mariage, mais Friedrich Wieck s'y oppose. Clara et Robert devront attendre une décision de justice pour se marier le 12 septembre 1840 et Clara continuera de donner des concerts et d’enseigner pour assurer un revenu convenable au couple. Ils auront huit enfants de 1841 à 1853, elle secondera son mari, mais n'aura plus beaucoup de temps pour composer. Après avoir vécu à Leipzig et à Dresden, le couple s'installe à Düsseldorf où Robert sera nommé directeur de la musique et leur maison deviendra un lieu très couru de rencontres musicales, fréquenté par les musiciens les plus réputés, en particulier le jeune Johannes Brahms… 
Après la mort de Robert Schumann, Clara continuera ses tournées de concerts à succès en se consacrant à la mémoire de son mari, corrigeant ses œuvres et les faisant connaître, avec l’aide de Brahms et de quelques amis. Mais elle laissera elle-même un assez important catalogue de ses propres compositions. 
Fanny Mendelssohn 
Quant au Trio opus 11 de Fanny Mendelssohn, composé en 1840, il témoigne également de la destinée exceptionnelle de cette compositrice dont le talent de musicienne se manifeste très tôt : tout comme son frère Félix, elle apprend le piano, la théorie musicale et la composition avec de meilleurs professeurs de l'époque, à Berlin et à Paris. Bien qu'elle soit excellente jeune pianiste et compose des lieder et des pièces pour son instrument, elle n'aura pas le soutien de son père, et plus tard, de son frère, pour devenir musicienne. Alors que l’éducation de Felix se complète par de nombreux voyages et occasions de parfaire son art en dirigeant et en se produisant comme pianiste, Fanny doit faire face aux limites de sa condition sociale : dès l’âge de 14 ans, son père la conjure de se concentrer à son futur rôle de mère et de femme mariée, les concerts publics et la publication de ses compositions ne faisant pas partie des « activités féminines » du milieu bourgeois et protestant auquel elle appartient. Le talent de Fanny Mendelssohn restera largement méconnu de la part de ses contemporains toute sa vie durant. 
Au début des années 1820, les Mendelssohn organisent les concerts dans leur maison berlinoise ouverts à un cercle restreint d’amis et de connaissances : les Sonntagsmusiken, qui continuent à avoir lieu chez Fanny après son mariage avec Wilhelm Hensel. Ce sont pour Fanny les seules occasions de se produire devant un public : elle y dirige une vingtaine de choristes et l'orchestre de la Hofkapelle dans des oratorios et des extraits d’opéra, et joue de la musique de chambre ou se produit comme pianiste : Bach, Mozart, Beethoven, Weber, son frère Felix Mendelssohn figurent au programme, ainsi que ses propres œuvres. Avec le temps, les Sonntagsmusiken deviennent le rendez-vous de toutes les personnalités du Berlin culturel : les frères Humboldt, Franz Liszt, Clara Wieck-Schumann, Johanna Kinkel, Heinrich Heine sont les habitués des lieux. 
C'est seulement à la fin de sa vie que Fanny s'opposera à l'interdiction de son frère de publier ses œuvres. En un an, elle publie les lieder, les œuvres pour piano et les œuvres vocales pour chœur, avant d'être emportée par une attaque lors de la répétition pour une Sonntagmusik. Son mari poursuit la publication de ses œuvres après sa mort, et c'est seulement en 1987 que Furore Verlag complète le catalogue avec des œuvres qui sont restées non-publiées depuis le milieu du XIXème siècle. 
Récital du « Belharra Trio » dimanche 8 mars prochain à 18h au Musée Historique de Biarritz  
Tarifs  : 20 € / 15 € Adhérents Musée Historique de Biarritz et Les Amis du Belharra Trio / 5 € étudiants et moins de 18 ans 
Réservations :   https://bit.ly/BT-Resa ou  06 83 37 49 40 
http://belharratrio.wix.com/belharratrio 
https://www.facebook.com/BelharraTrio/  
 

 

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