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Antiquités & Brocantes
Pau : un Rodin pour commémorer le centenaire de sa mort !
Pau : un Rodin pour commémorer le centenaire de sa mort !
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| atolstoi

Pau : un Rodin pour commémorer le centenaire de sa mort !

Ce week end à Pau, les amateurs d'art auront le plaisir de découvrir tableaux et bronzes  du XVIIIème au XXème siècle : les commissaires-priseurs Carrère & Laborie rendent ainsi hommage au célèbre sculpteur Auguste Rodin en présentant une étude de la tête de Balzac pour marquer le centenaire de la mort du sculpteur à Meudon en novembre 1917.
Il s’agit d’un Balzac aux traits expressifs, étude d'un petit modèle de buste en bronze nuancé de noir et vert (16 cm x 10,2 cm hors socle) signée et numérotée (2) 3ème version, qui fut sculptée par Rodin en 1892. Bien plus tard, entre 1918 et 1927, cette étude fut coulée en bronze par le fondeur parisien Alexis Rudier.
Suite au décès d'Honoré Balzac en 1850, le Comité des Lettres avait commandé un monument en la mémoire du célèbre écrivain tout d'abord au sculpteur Henri Chapu qui décéda sans avoir exécuter l'œuvre, puis au sculpteur Auguste Rodin. En 1897, après six années laborieuses,  Auguste Rodin avait effectué de nombreuses études sur Balzac, dont celle de la tête de l'écrivain exposée à Pau. Il se lança dans des études de nu de ce dernier, puis façonna de haut en bas son Balzac. Une sculpture avant-gardiste dépourvue des attributs habituels de l’écrivain (fauteuil, plume, livre, etc.), imaginée dans un drapé visionnaire s’inspirant de la robe de chambre que l'écrivain revêtait pour écrire.
Le poète Maria Rilke écrira à ce sujet : « Durant des années et des années, il a vécu tout entier dans cette figure. Il a visité le pays natal de Balzac, les paysages de Touraine. Il a lu sa correspondance. […] et lentement, de forme en forme, grandit la vision de Rodin. Et enfin il le vit. Il vit un corps large au pas puissamment allongé qui perdait toute sa lourdeur dans la chute du manteau […] C'est ainsi que Rodin a vu Balzac, en un instant de concentration formidable et de tragique exagération, et c'est ainsi qu'il l'a créé. La vision ne s'évanouit pas : elle se réalisa ».
Trop avant-gardiste, la sculpture fut refusée par le Comité. « J'ai laissé pendante à la Société une question grosse d'orage, la question de la statue de Balzac », écrivit - avant de mourir - Emile Zola au poète Jean Aicard, président de la Société des gens de lettres. Le Comité des Gens de Lettres est choqué par l'aspect inachevé de ces études et par le retard de Rodin. En 1897, le même comité mit le sculpteur en demeure de livrer la statue de Balzac. Rodin l'exposa au salon de 1898. La sculpture fit scandale et horreur ! C'est l'affaire Rodin qui précisément dévoile la naissance d'un sculpteur génial défendu par Zola, Monet, Mallarmé et d'autres. Cependant, Alfred Duquet, vice-président du Comité des Lettres, mena un combat contre Rodin et publia cette phrase fatidique : « défense à Monsieur Rodin de couler en bronze le plâtre présenté par Rodin ».
Décédé en 1917, Rodin ne vit jamais son œuvre finalisée en bronze. Rodin, lui-même, malgré les doutes et les souffrances, a toujours su ce qu'il faisait. Il avait confié à des amis : « Je ne me bats plus pour ma statue. Elle sait se défendre elle-même. Si la vérité doit mourir, mon Balzac sera mis en pièces par les générations à venir. Si la vérité est impérissable, je vous prédis que ma statue fera du chemin. Cette œuvre dont on a ri, qu'on a pris soin de bafouer parce qu'on ne pouvait pas la détruire, c'est le résultat de toute ma vie ».
Il a fallu attendre 1926 pour qu'enfin le Balzac de Rodin soit coulée en bronze.
Hôtel des ventes - 3, allées Catherine de Bourbon à Pau - Tél 05 59 84 72 72
Expositions : vendredi 20 octobre de 15h à 19h et samedi 21 octobre de 10h à 11h30
Enchères : samedi 21 octobre à 14h30
Anne de La Cerda

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