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Actualité
Les élections municipales à Bayonne © DR - Yves Ugalde

| Yves Ugalde

Les élections municipales à Bayonne

C’est toujours avec beaucoup d’acuité tempérée d’un sens humoristique imparable qu’Yves Ugalde décrit l’actualité vécue, en particulier électorale, avec une « palme vénitienne » qu’il attribue « incontestablement au bureau 7 voisin (de celui où il officiait lui-même, ndlr.) où une dame s'est présentée pour le dépouillement, masquée d'un capitan de carnaval, doté d'un nez aquilin d'une belle vingtaine de centimètres de long. Spectacle étrange et pas vraiment rassurant que celui de cette scrutatrice à la tête d'oiseau de proie venant d'un coup d'aile participer au dénouement de cette journée placée sous le signe de la démocratie locale et de la hantise d'un virus mondial. Je vous avoue que je n'ai pas pu m'empêcher de penser d'emblée à un oiseau de mauvais augure »
(...)
Ambiance curieuse hier soir au grand salon de la mairie, à l'heure des résultats du premier tour des élections municipales sur le grand écran. Les groupes habituels des supporters des uns ou des autres avaient les yeux levés vers les chiffres et les courbes évoluant au rythme des dépouillements, mais sans un cri de joie, pas plus qu'un masque de dépit. Comme si les esprits étaient ailleurs. A part peut-être Mathieu Bergé chez lequel j'ai cru lire un rictus de satisfaction d'avoir malgré tout réussi son pari. Encore que pour lui, le plus dur reste sans doute à faire. Soit, exister entre les deux mâchoires acérées d'un étau de gauche : pas vraiment confortable !

Le coronavirus a piqué la vedette à ce rendez-vous démocratique. On a plus la tête aux éprouvettes qu'aux urnes, aux températures corporelles qu'aux taux de participation. Même si, en l'occurrence la santé des hommes a un lien direct avec celle de notre démocratie qui n'a pas affiché un grande forme dimanche. Le sens des priorités est très dépendant, quoi qu'on puisse en dire et penser, de la situation sanitaire d'un pays. La santé avant les discours et les idées qui vont avec...
En ce moment, il n'y a plus de médecins de droite ou de gauche au centre hospitalier de la côte basque. Et on ne débat plus du tout des mêmes choses qu'il y a encore quinze jours dans les salles de soins ou d'attente.
Déjà dimanche soir, au pied du grand écran, on avait du mal à se projeter sur un second tour, tant le premier avait déjà pesé sur les consciences dans tous les bureaux de vote que nous quittions à peine. L'impression d'avoir satisfait à un rite républicain qui ne s'imposait pas ce jour-là…
Le taux d'abstention, spectaculaire pour un scrutin municipal, est sûrement venu nous dire que nous ne nous consacrions pas aux urgences du moment en maintenant cette élection au milieu de tant de peurs et de risques pour la vie des gens. Je dis "nous" parce que les "politiques", comme on dit, sont englobés dans les mêmes jugements du peuple. Et quelle que fût notre ressenti face à ce maintien du premier tour, tous ses acteurs n'ont pas vraiment grandi leur image en faisant comme si le danger patent du coronavirus pouvait ne pas passer par les bureaux de vote.

Dimanche prochain, c'eût été pire et particulièrement indécent que de poursuivre le processus "démocratique". Aucune victoire électorale ne se fête, aucune défaite ne se pleure sincèrement, quand nos compatriotes votent les mâchoires serrées ou, pire, restent chez eux pour nous signifier que nous ne sommes pas à la hauteur des circonstances.

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