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Manifestation
Le Festival Biarritz Amérique Latine, du 28 septembre au 4 octobre
Le Festival Biarritz Amérique Latine, du 28 septembre au 4 octobre

| Manex Barace

Le Festival Biarritz Amérique Latine, du 28 septembre au 4 octobre

Le Festival Biarritz Amérique Latine est un festival de référence pour le cinéma latino-américain. Il propose trois compétitions de films longs-métrages, courts-métrages, et documentaires. Outre les films en compétition, le festival présente chaque année des focus autour de différentes thématiques. Le festival propose également de découvrir la culture latino-américaine sous d’autres formes avec des rencontres littéraires, des rencontres animées par l’IHEAL (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine), des expositions et des concerts. Le fameux Village du festival, lieu de convivialité et d’échanges situé face à l’océan, permet d’assister aux expositions, aux conférences et tous les soirs aux concerts gratuits. Il est ouvert de 9h à 2h du matin.

Rendez-vous des cinémas et cultures d’Amérique Latine depuis 1991 – cette année du 28 septembre au 4 octobre 2020 pour sa 29e édition - le Festival Biarritz Amérique Latine est le point de rencontres et d’échanges entre l’Europe et l’Amérique latine... Chaque année le festival rend compte de la vitalité de la culture latino-américaine à travers le cinéma, la littérature, la musique, des expositions, des débats, la gastronomie et l’artisanat. Certains films sont présentés en avant-première en Europe lors du festival.

Festival de cinéma avec trois compétitions, fictions, documentaires, courts-métrages et un focus, consacré cette année aux Latinos in the USA, le BAL-LAB rencontres professionnelles du festival.

Littérature avec les Rencontres littéraires, Rencontres de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL) et animations musicales.

Depuis quelques mois, l’avenir ne se dessine plus qu’à court terme. La distanciation est devenue le maître mot quand la proximité était le nôtre. Plus de concerts, de pièces de théâtre, plus de fêtes, plus de rassemblements. Plus de festivals « en présentiel » : les organisateurs du festival de Biarritz tiennent à exprimer leur solidarité avec ceux qui se sont vus contraints d’annuler leur édition ou de déployer des trésors d’inventivité pour se réaliser virtuellement. Salles closes, essor des plateformes, tournages interrompus, post-productions arrêtées… Et pourtant, plusieurs centaines de films ont été proposés, ils ont été visionnés et certains se sont démarqués. Ils pourront être projetés sur grand écran dans les salles obscures biarrotes, aux dates initialement prévues (28 septembre – 4 octobre), dans le plus strict respect des consignes sanitaires en vigueur. Le festival se doit de remercier chaleureusement une année encore ses partenaires institutionnels, médias et privés : c’est grâce à leur mobilisation que la tenue de cette édition est possible.

Compétition fiction

La mondialisation néo-libérale n’a pas que des effets dévastateurs, telle la propagation du Covid-19. Même si elle tend à réduire les identités culturelles, elle ne permet pas moins, dans un même temps, de les répandre. Au contraire d’autres cinématographies continentales, trop autocentrées parce que voulant justement préserver leur identité, le cinéma d’Amérique latine - parce qu’il correspond à un continent jeune et à un territoire d’immigration - s’adapte beaucoup mieux à ce « village global », comme en témoigne La Verónica qui s’attache tout particulièrement aux technologies de communication chères à McLuhan.

Ce cinéma se déterritorialise plus facilement : le Brésil, c’est aussi le Portugal et l’Afrique dans Um Animal amarelo. Il s’ouvre davantage au lointain : l’influence de l’Asie se fait sentir aussi bien dans Chico ventana también quisiera tener un submarino (la partie philippine) que dans Los Fantasmas (les postures corporelles à la Hou Hsiao-hsien), dans Lina de Lima (les parties chantées à la Tsai Ming-liang) aussi bien que dans Selva trágica (les esprits de la forêt à la Weerasethakul). Il s’aventure dans des registres inédits pour mieux les déplacer : le musical dans Lina de Lima, le fantastique dans Chico ventana et Selva trágica, le policier dans Serial Kelly.  

Même lorsqu’il s’agit de films plus directement ancrés dans des réalités locales (la crise du Venezuela dans La Fortaleza, la ville de Guatemala dans Los Fantasmas ou celle de Texcoco dans Se escuchan aullidos), ces explorations géographiques sont tout autant mentales, temporelles et formelles. Il n’y a qu’à voir comment la périphérie d’une petite ville de province de la pampa argentine se transforme en poème élégiaque dans Ofrenda pour comprendre qu’il faut nous départir définitivement d’attentes exotiques et de regards anthropologiques quant au cinéma d’Amérique latine.

Les prix attribués :

Abrazo du meilleur film, doté sous la forme d’une aide à la distribution de 7000€. La sculpture « Abrazo » est la création d’Isabelle Esnult, le trophée du Festival Biarritz Amérique Latine
Prix du jury, doté sous la forme d’une aide à la distribution de 3000€
Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma 
Prix du public fiction 

Compétition documentaire

Les dix films sélectionnés lors de cette édition si particulière sont les représentants de sept pays latino-américains : Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Cuba, Mexique et Uruguay. Au-delà de cette diversité de nationalités et de cultures cinématographiques, la sélection s’articule autour de thématiques et axes narratifs récurrents, qui, parfois, s’entrecroisent.

Ressource naturelle du documentaire, le portrait est abordé dans Cosas que no hacemos, chronique rurale élégante et touchante du coming-out d’un jeune Mexicain. Les deux réalisatrices de A media voz usent de l’autoportrait épistolaire pour renouer avec une amitié perdue dans les méandres de l’exil. Dans El Otro, le réalisateur questionne habilement la question du double alors que Mirador est le tableau lumineux de trois amis non-voyants. El Campeón del mundo est, de son côté, une chronique douce-amère sur le caractère éphémère de la gloire et de la vie.

La mémoire, intime et collective, nourrit Las Razones del lobo, portrait politique en creux d’une micro-société de Medellin. Quant à Responsabilidad empresarial, le film interroge, de façon plus radicale, l’implication économique et idéologique de certaines entreprises argentines durant la dictature. Autre vision de l’histoire politique colombienne avec La Niebla de la paz, montage d’images d’archives des FARC qui retrace l’épopée du processus de paix entre 2012 et 2018. Dans Suspensión, c’est un projet pharaonique d’autoroute, dans le sud de la Colombie, qui est finalement abandonné pour cause de corruption, guérilla, instabilité politique, et autres glissements de terrains.

Enfin, O Indio cor de rosa contra a fera invisível : a peleja de Noel Nutels emprunte les rives ethnographiques et nous emmène, grâce aux somptueuses images 16 mm tournées par le médecin Noel Nutels durant 20 ans, au cœur de l’Amazonie, auprès de ses habitants indigènes.

Les prix attribués :
Prix du meilleur documentaire, doté par France Médias Monde de 2500€ attribués au réalisateur 
Prix du jury étudiant, parrainé par l’IHEAL de 1200€ attribués au réalisateur 
Prix du public documentaire 

Courts-métrages 
Prix du meilleur court métrage, doté par France Télévisions sous la forme d’un achat. 

 Le focus : Latinos in the USA
La relation qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique avec l’Amérique latine est complexe, ambivalente, profonde. Le groupe des latino-américains aux USA constitue aujourd’hui la première minorité démographique (18% de la population totale). Quelles sont leurs réalités aujourd’hui ? Quelle empreinte culturelle les latino-américains ont-ils laissé aux Etats-Unis au fil des générations, comment en ont-ils pollinisé la culture, comment leur propre culture a-t-elle muté pour donner naissance à des formes d’expressions neuves et formidablement vivantes ? Le Festival Biarritz Amérique latine examine cette année l’apport des diasporas latino-américaines à la culture états-unienne au fil d’une programmation pluridisciplinaire qui explorera aussi bien le cinéma que la musique ou la littérature.

Premier constat pour le nouvel arrivant : les Etats-Unis ne sont pas Disneyland. La confrontation au réel fait disparaître tout imaginaire du rêve américain (Los lobos). L’émigration latino-américaine aux Etats-Unis est, comme toute émigration, une expérience de la schizophrénie : vivre dans deux pays à la fois, un pays actuel (les Etats-Unis) et un pays virtuel (son pays d’origine). C’est ce dialogue à distance, nourri de ruptures et de souffrances, qui fait de l’émigré, plus qu’un corps déplacé, un être partagé en deux, et peu importe qu’il s’agisse d’un vieux clandestin mexicain (I’m leaving Now) ou d’une jeune artiste argentine (Hermia y Helena). Ce qu’on laisse derrière soi, ce que l’on a perdu (le père dans Rastreador de estatuas, l’amant dans Nadie nos mira) est justement ce qui ne cesse de faire retour. Le virtuel se replie alors sur l’actuel, le passé sur le présent, le sud sur le nord. Mais ce que l’on abandonne dans son pays peut aussi permettre l’affirmation d’une nouvelle singularité, une renaissance engendrée par le mélange des genres, qu’ils soient musicaux (I Like It Like That) ou sexuels (El viaje de Monalisa). Paradoxe apparent : comment se trouver soi-même dans un pays étranger, qui plus est chantre du capitalisme, de la superficialité et qui a, de tout temps, exercé sa domination sur l'Amérique latine (Memorias del desarrollo) ? C’est que les Etats-Unis, pays où la schizophrénie est érigée en mode de vie, se nourrissent de leurs propres contradictions et vivent de la crise de leur propre système. En dépit de l’épouvantail Trump, ils possèdent une constitution et des lois qui protègent la démocratie et qui permettent à tout un chacun, aussi clandestin soit-il, d’y avoir recours pour son propre usage (Los infiltrados).

La littérature 
Festival de premier plan en Europe pour le cinéma latino-américain, le Festival Biarritz Amérique Latine a décidé, dès sa création, de rendre compte de la richesse et de la diversité des cultures latino-américaines à travers la littérature, la musique ou les arts plastiques. Au fil des années, il a reçu des auteurs de grand renom, tels que Gabriel García Marquez, Alvaro Mutis, Leonardo Padura, Paco Ignacio Taïbo II, Elsa Osorio, Luis Sepúlveda, Mario Vargas Llosa, Florence Delay, Guillermo Arriaga, María Kodama, Eduardo Manet, José Munoz... Cette année, où les déplacements internationaux sont rendus difficiles par la crise sanitaire, le Festival s’honore de la présence des auteurs suivants : Jorge González (Argentine), Ariana Harwicz (Argentine), Eduardo Fernando Varela (Argentine).

Hommage à Luis Sepúlveda (Chili) - Avec Anne-Marie Métaillé et Daniel Mordzinski Né en 1949 à Ovalle (Chili), installéen 1997 à Gijón, dans le nord de l’Espagne, ses livres sont publiés dans 52 pays et plusieurs ont été adaptés au cinéma. Il succombe au coronavirus en avril 2020.  

Compte-tenu de la situation sanitaire, l’organisation du festival a été adaptée. Les lieux d’accueil sont nettoyés et désinfectés régulièrement. La ventilation des lieux de projection est contrôlée, l’air est renouvelé. Du gel hydroalcoolique sera à disposition dans les espaces du festival. Réduction des jauges, limitation du nombre de festivaliers. Afin d’éviter les files d’attentes au cinéma Le Royal, il sera demandé aux abonnés de réserver leurs places pour les séances auxquelles ils souhaitent assister. A la Gare du Midi et au Théâtre du Casino Municipal, chaque spectateur se verra attribuer une place numérotée à l’entrée de la salle. Différentiation des entrées et des sorties à la Gare du midi et au théâtre du Casino Municipal. Dans toutes les salles, les délais entre deux séances ont été étendus. Il ne sera malheureusement pas possible cette année de proposer cours de danse et concerts en jauge debout. A la buvette et aux deux points de restauration, seules pourront être servies les personnes bénéficiant d’une place assise sur la terrasse.
Port du masque obligatoire dans le centre-ville de Biarritz, dans tous les espaces du festival (halls, Village du Festival), pendant les projections ainsi que les rencontres littéraires et universitaires. Un mètre de distanciation physique est à respecter dans les halls et aux abords des salles. En salle, un fauteuil d’écart entre chaque personne ou groupe de personnes constitué (dans la limite de 10 personnes). Sur la terrasse du Casino Municipal, la limite de convives par table est de 10 personnes, formant un groupe de personnes homogène et préconstitué. Les paiements par carte bancaire « sans contact » seront à privilégier pour tous les achats durant le festival.

Tarifs :
- Abonnements à la semaine :
Plein tarif :  65 € /Tarif réduit* :  45 € / Cérémonie d’ouverture :  10 € / Cérémonie de clôture :  10 € / Réservations sur le site www.festivaldebiarritz.com 
- Uniquement pendant le festival : Catalogue :  4 € / Grande affiche :  5 € / Petite affiche :  1 € / Sac :  8 € / Entrée pour une séance plein tarif** :  6.5 € / Entrée pour une séance tarif réduit :  4.5€ (le tarif réduit est accordé sur présentation d’un justificatif : aux étudiants, aux moins de 25 ans, aux demandeurs d’emploi, aux titulaires de la carte Synergies, aux membres des associations Biarritz Festivals et AFLACOBA).

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Terrasse des festivaliers au Casino ©Manex Barace ©
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SCHAETZEL | 26/09/2020 09:32

Je n’irai pas cette année au Festival malgré mon affection pour l’Amérique latine . J’y ai vécu 20ans dans presque tous les pays. Les conditions sanitaires deviennent une aberration ! Dommage de ne pas vous soutenir et désolée.

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