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Cinéma
Le dessin animé « Gartxot », un exemple de désinformation contre l’église basque
Le dessin animé « Gartxot », un exemple de désinformation contre l’église basque

| Alexandre de La Cerda

Le dessin animé « Gartxot », un exemple de désinformation contre l’église basque

Voilà bien une dizaine d’années que l'illustrateur Asisko Urmeneta avait réalisé avec le producteur Juanjo Elordi son film d'animation « Gartxot, Konkista Aitzineko Konkista », entièrement tourné en basque localement, en bénéficiant de l'aide des publications basques de Gipuzkoa « Argia » et « Berria » ainsi que du gouvernement basque. Ayant bénéficié d’une subvention publique de 660 770 € -, ce film avait également reçu le prix du meilleur film au XXIIème Festival international du film d'animation « Les Nuits Magiques » de Bordeaux en 2012. Et son sous-titrage en plusieurs langues lui avait permis d'être projeté dans divers pays tels que l'Espagne (au Festival du Film de Málaga en 2012), en Australie (Auburn International Film Festival), Brésil (Animamundi Festival), en Bulgarie et en Italie.

Or, d’après le scénario de ce dessin animé qui conte l’histoire d'un barde d’Itzaltzu (localité de la vallée de Salazar, au nord de la Navarre) au XIIème siècle, « Gartxot aurait chanté en basque français de village en village, ce qui n’était pas du goût de l’église qui voulait, à l’époque, latiniser les bascophones ».

Voilà un exemple assez ridicule des tentatives de réécrire l’histoire, qui ont toujours existé mais n’ont jamais été aussi répandues de nos jours : en l’occurrence, il s’agit de séparer, voire à opposer le Pays Basque à ses racines chrétiennes.

Ainsi, les promoteurs de ce dessin animé en langue basque n’annonçaient-ils pas lors de sa sortie en 2012 : « Si au XIXème siècle Karl Marx dénonce déjà dans ses essais philosophiques les méfaits de la religion, c'est en 1917 que le récit d'Arturo Campion en fait la plus bouleversante description. Dans son œuvre « Gartxot, le barde d'Itzaltzu », il s'empare avec talent de l'histoire et nous plonge dans les profondeurs obscures de la christianisation au XIIe siècle »… On nous annonçait même – sans rire – « qu’Arturo Campion ne pouvait imaginer que son héros deviendrait le porte-parole de toute une culture et de l'oppression subie en s’opposant à la volonté impérieuse de l'Eglise de réduire les cultures différentes à néant et de soumettre les peuples libres ». Pas moins !

Cette « bouleversante description des méfaits de la religion » au Pays Basque aurait mieux fait de s'exercer - tout comme les talents des dessinateurs et de quelques artistes qui avaient été embringués dans cette grotesque aventure - contre les exploits de la révolution (qui avait déporté la population labourdine en 1794) et ceux des « hussards noirs de la république » (qui avaient combattu sans pitié l'euskara à l’école)... Alors que beaucoup de curés avaient maintenu, envers et contre tout, l'usage de la langue basque dans les prêches, le catéchisme et, plus tard, dans la liturgie (grâce aux Bénédictins de Belloc). Sans compter tous les religieux qui ont participé à la sauvegarde du vocabulaire basque qui se perdait et de la linguistique (chanoine Lafitte), des coutumes et de l'anthropologie (abbé Barandiaran) de la musique et des chants (Père Donostia) et combien d'autres depuis des siècles ! 
Encore aujourd'hui, il suffit d'assister à la messe dominicale dans mon village de Béguios ou dans d’autres localités pour s'immerger dans un bain d'euskara. Et de lire « Herria » : fondé par le chanoine Lafitte et maintenu à bout de bras pendant des décennies par l’Abbé Larre, il est encore aujourd’hui, dans nos provinces du Nord, le seul hebdomadaire entièrement édité en langue basque. 
Quant aux abbés de Roncevaux qui sont chargés de tous les péchés du monde dans cette œuvre qui marquera certes les annales du cinéma mondial, les auteurs de « Gartxot » semblent avoir oublié que les religieux navarrais étaient à l’origine de la plantation du vignoble d’Irouléguy dans leur prieuré du même nom.

On ne peut cependant attribuer à « Gartxot » la palme du ridicule qui reviendrait sans conteste à la municipalité de gauche qui régnait sur Saint-Sébastien l’année de la sortie du dessin animé, et qui avait édité cette année-là (2012) un calendrier d’où étaient exclus tous les saints et les fêtes chrétiennes, même saint Ignace, patron de la province de Guipuzcoa célébré le 31 juillet, jour marqué en caractères gras car officiellement chômé, mais sans le mentionner !

En conclusion, je laisserais volontiers la conclusion de ces « palinodies » aux Ezpeletar qui ont gravé avec sagesse dans la pierre, sur un banc du village où l’on produit le célèbre piment : « Euskaldun, fededun ta biperdun » ! (basque croyant et pimenté !), toutes qualités qui me semblent parfaitement convenir aux habitants du pays !

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