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Histoire
La Chapelle Impériale, un joyau biarrot
La Chapelle Impériale, un joyau biarrot

| Anne de Miller-La Cerda

La Chapelle Impériale, un joyau biarrot

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La Chapelle impériale - intérieur ©
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Comme tous les ans - et plus particulièrement cette année en hommage au centenaire de la disparition de l’impératrice Eugénie -, une messe sera célébrée samedi 11 juillet à 18h à la Chapelle Impériale. Afin de respecter les conditions sanitaires, les visiteurs qui viendront de préférence masqués, pourront se recueillir et ainsi découvrir l’architecture atypique de cet édifice religieux du Second Empire placé en retrait du palais impérial (1854).

Ainsi une dizaine d’années après sa construction, on édifia une chapelle privée entourée d’un parc reliant directement la Villa Eugénie par un pont de bois qui enjambait un cours d’eau.

Peu avant sa construction, l’empereur Napoléon III s’était vu remettre dans la cour de la Villa Eugénie des trophées pris aux Mexicains (le général De Gaulle les rendra lors de sa visite officielle à Mexico en 1964). L’impératrice Eugénie avait alors émis le vœu, en gage de futurs succès de l’armée française, d’élever dans son domaine une chapelle dédiée à la Sainte Patronne du Mexique. 
Un vœu qui fut exaucé puisqu’en 1865, on inaugura la Chapelle impériale consacrée à Notre-Dame de Guadalupe, localité proche de Mexico où la Vierge était apparue en 1531 à un indigène baptisé depuis peu. Cette apparition, très populaire et vénérée dans toute l’Amérique du Sud, donna lieu à de nombreux pèlerinages et à la construction d’une immense basilique ! Notre Dame de Guadalupe rappelle que dans la Sierra de « l’oued aux loups » (Guadalupe) en Estrémadure, la Vierge avait guidé la reconquête hispanique sur les Maures.

Conseillée par son ami le Conservateur des Monuments Historiques Prosper Mérimée, Eugénie de Montijo choisit de faire appel à l’architecte Emile Boeswillwald, disciple de Viollet-le-Duc dont la Sainte-Chapelle à Paris figure parmi ses rénovations les plus connues. Habitué de la côte basque, l’architecte restaurera la cathédrale de Bayonne, un « rêve néo-gothique ». Nommé inspecteur général des monuments historiques à la suite de Prosper Mérimée, Emile Boeswillwald, cet ancien élève d’Henri Labrouste à l'école des Beaux-Arts, avait effectué une talentueuse carrière. Immortalisé par un portrait de  Léon Bonnat à la fin de sa vie, il reste l’un des principaux architectes de cette époque.

En 1864, Emile Boeswillwald crée cette fois un édifice religieux original dans le style romano-byzantin aux accents andalous : une chapelle en briques marron-rouges, ornée de frises en pierres blanches et de carreaux de faïence exécutés à la manufacture de Sèvres. A l’entrée, le porche proéminent en pierres ouvre sur une nef unique aux fenêtres en demi-lune prolongée d’un chevet semi-circulaire. A droite de la façade principale est sculpté le blason des Guzman et Palafox, comtes de Teba y Montijo, à l’origine de la famille d’Eugénie (et en mémoire de santo Domingo de Guzman).

A l’intérieur de la chapelle, entourée d’un halo de rayons à la feuille d’or, une peinture de Notre-Dame de Guadalupe par Louis Charles Auguste Steinheil, trône au cœur de l’abside. Du même auteur, les ornementations florales  mêlées de rameaux d’olivier auxquelles s’ajoutent les médaillons de colombes figurés dans la nef, symbolisant la paix ainsi que de part et d’autre de l’arc triomphal, des médaillons vernis, les quatre évangélistes Mathieu, Jean, Marc et Luc - deux d’entre eux furent entièrement restaurés. Rappelons que Louis Charles Auguste Steinheil, spécialiste de l’art médiéval chrétien avait auparavant aidé à restaurer les ornementations de la cathédrale de Bayonne avec l’architecte Emile Boeswillwald. Sous l’égide de ce dernier, le peintre-verrier dessina les cartons des futurs vitraux  finalisés par la maison Coffetier.

De même le décorateur Alexandre Dominique Denuelle, nommé peintre de la Commission des Monuments historiques en 1878,  membres du jury de l’Exposition Universelle.intervint dans la décoration de la chapelle. Il y dessina les carreaux au sol, dans le style Redouté, très à la mode à l’époque pour ses délicates roses ainsi que les ornementations composées des abeilles et des aigles symboles de l’Empire. Afin de respecter le style hispano-mauresque andalou, il fit festonner le bas des murs de la nef par des azulejos. Sur le plafond à caissons étoilés d’or et vermillon, il entrecoupa des motifs géométriques gris palombe. Sur les murs, les monogrammes « NE » blanc ou or correspondent au monogramme du couple impérial. A l’extérieur, non loin d’une broderie de fleurs, le buste d'Eugénie de Montijo veille sur sa chapelle.

Classé monument historique depuis 1981, l’édifice religieux reste à jamais l’un des joyaux de Biarritz..

La Chapelle Impériale :

Ouverte en juin/juillet/août/septembre : mardi, jeudi et samedi de 14h à 18h, 1er dimanche du mois de 10h à 13h – Horaires autres périodes sur www.tourisme.biarritz.fr . Afin de respecter les conditions sanitaires, les visiteurs viendront de préférence masqués.
Tarif : A partir de 16 ans : 3 € par personne
Visite guidée de la Chapelle Impériale et de son jardin à travers les premiers pas d’Eugénie de Montijo à Biarritz en 1834. Du domaine impérial jusqu’aux styles hispano-mauresque et romano-byzantin, cet édifice d’architecture unique dans la région dévoile ses secrets.Toute l'année sauf janvier/février, le 2ème samedi du mois de 11h à 12h Tarif à partir de 16 ans : 6 €  par personne.

Pour en savoir plus :« Napoléon, Eugénie et la chapelle impériale » d’Alexandre de La Cerda avec les illustrations d'Anne de M La Cerda édité en 1997 

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Napoléon III et Eugénie et la chapelle impériale de Biarritz ©
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