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Nos disparus
In memoriam : Joseph Zabalo, prêtre et écrivain. © Assoc. F. Jammes - L’abbé Joseph Zabalo

| F.X.Esponde

In memoriam : Joseph Zabalo, prêtre et écrivain.

Il était né à Hasparren en 1923, issu d’un père carliste venu de Navarre, réfugié à Hendaye de ces guerres historiques qui ont agité le Pays Basque. Il fit partie des jeunes fondateurs du patronage de la ville en 1913 et est cité comme un acteur primordial de cette époque. C’est le vicaire d’Hendaye qui, à sa nomination comme curé d’Hasparren, le fit venir dans cette paroisse importante pour fonder le patronage des Jeunes Basques, désormais centenaire.

Le père de Joseph, marié à une Bidabé originaire de Cambo, travailla dans le métier de la chaussure comme cadre actif dans ce secteur qui occupait la jeunesse de la cité. Installé à Hasparren avec ses parents, le jeune Joseph ressentit une vocation missionnaire aux Missions Africaines de Lyon. Entré au séminaire, ses études universitaires le conduiront au Doctorat en théologie parallèlement au  lettres classiques. Il eut à ses débuts des attaches avec les Missions africaines avant de se rapprocher du diocèse de Bordeaux où il est ordonné prêtre en 1950. Il y exercera plusieurs missions d’enseignement. Une bourse obtenue de la Casa Velasquez le conduisit à Madrid où plusieurs années durant, il mena des études en terre espagnole, à laquelle cet hispaniste d’origine était profondément attaché.

Le journal « La Croix » en fit le correspondant sur place. Il signa ses billets d’un pseudo, l’époque étaiant difficile et la presse subissant des contraintes auxquelles il dut se soumettre pour assurer ses envois d’informations. A son retour, la santé de sa mère - veuve et vivant seule à Hasparren - lui imposa de revenir chez les siens. Professeur à Villa Pia à Bayonne, il enseigna au collège Ursuya à Hasparren, dont il fut nommé directeur. Il y exerça jusqu’à sa retraite cette mission et devint par la suite aumônier des Filles de la Croix d’Ustaritz pendant de très longues années.

Dans sa jeunesse, Joseph Zabalo avait connu le poète Francis Jammes dont il aimait entretenir la mémoire avec la Société  les Amis de Francis Jammes située à Orthez,  et autour de Pierre Espil, poète et correspondant régional du journal Sud Ouest pour les affaires culturelles. Joseph Zabalo publia quelques livres historiques, en particulier sur le thème du carlisme qui lui était cher de par les origines carlistes de son père : il entretenait le feu sacré des passions d’une génération qui traversa le siècle avec de fortes convictions qu’il garda jusqu’au terme de sa vie. Ses élèves devenus adultes admiraient sa culture, et son intégrité intellectuelle.Il ne lésinait pas sur les références académiques pour asseoir ses sympathies intellectuelles dans la fidélité au passé et à l’Eglise.

Sportif jouant à la pelote dans sa jeunesse, il aimait cette discipline et suivait les compétitions avec une ferveur appuyée pour les joueurs de pelote d’Hasparren, dont la lignée des Darmendrail qu’il entourait de son soutien. Doué d’une intelligence rare, il appartenait avec Pierre Charritton, autre Hazpandar, à cette génération formée dans les humanités, riche d’une culture générale nourrie, et fier de ses origines et d’un parcours singulier. En dehors du carlisme, Joseph Zabalo consacra également des livres à la Reine Christina, ainsi qu’au souletin Augustin Xaho lqu’il admirait, et fut récompensé de plusieurs prix – dont celui des « Trois Couronnes » pour son style et ses recherches.

Joseph Zabalo sera accompagné par sa famille et ses proches amis à Hasparren ce samedi à 15 heures en l’Eglise Saint-Jean-Baptiste. Il était un seigneur dans l’âme, forgée dans le passé carliste dont il en avait gardé la noblesse et la fierté !

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Pouyet Jean | 08/11/2019 10:06

J'ai eu la chance de côtoyer ce grand humaniste

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