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Portrait
Fábio Lopez, directeur artistique et chorégraphe
Fábio Lopez, directeur artistique et chorégraphe

| Fábio Lopez

Fábio Lopez, directeur artistique et chorégraphe

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Fabio Lopez à Ekaterinbourg ©
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Je suis né à Lisbonne, terre des Lusiades, entre les chants des marchandes de marée, les "azulejos" bleus et les œillets écarlates, près d'une vieille ruelle au parfum de marrons grillés, pas loin d'une "tasca" où le Fado vagabond résonnait et où quelques vers de Camoes tapissait un mur, à peine dix ans après la libération d'un peuple opprimé avec le seul désir de s'envoler tel une hirondelle. Enfant très réservé et solitaire, élevé dans un quartier social avec une éducation très stricte, une religion gardienne du socle familial, mon destin se révélera lorsque je serai initié à l'art de Terpsichore. 

A onze ans j'entrais pour ne plus le quitter dans ce petit studio de danse situé dans l'ancien palais du Marquis de Pombal pour m'adonner à ce nouveau dogme qui me captivera à tout jamais. 

Si notre apprentissage - selon la méthode des théâtres impériaux russes - de ces pas qui remontent à l'époque de Louis XIV imposait un engagement total, rien ne pouvait être plus idyllique que d'entendre dès l'aube le pianiste appelé "maestro", comme le disait notre maître à danser que nous avons salué pendant de nombreuses années avec la fameuse révérence en gage de remerciement et de respect mutuel. Ce personnage fascinant pour moi, jeune apprenti, nous accompagnera quotidiennement sur des airs de Bach, Rachmaninov ou Glazounov, alors que mon corps se métamorphosait lentement avec la fierté de ne jamais abandonner son but, son envol.

Tous les rêves du monde

Un jour, "La Belle au bois dormant" et Tchaïkovsky sont apparus au Teatro de Sao Carlos, à une certaine époque reconnu pour son très exigeant parterre. Resté profondément impressionné par cette inoubliable grande ouverture, si éclatante, qui deviendra plus tard un leitmotiv féerique capable d'apaiser un enragé minotaure, ma mémoire n'oubliera probablement jamais la sonorité de ce violon d'où a jailli un amour si divin lors de la vision de la Belle endormie au deuxième acte. L'amour pour la Russie était né. Cette soirée mémorable me fera quêter sur les origines de mon héritage académique, mais surtout me fera connaître ma future idole, celui que je ne rencontrerai jamais, le tsar de la danse Rudolf Noureev. 

D'un coup de vent, tout avait pris sens et mes efforts de travail acharné redoubleront. La transpiration qui tombera sur le parquet n'aura plus de fin. La magie de la scène m'avait enivré. Qui ne voudrait pas se transformer en Prince désiré et rencontrer son Aurore sur les plus belles pages musicales jamais écrites pour un ballet ? Je me souviens avoir été complètement hypnotisé, non seulement par le talent des interprètes, mais aussi par les couleurs des décors monumentaux et des costumes façon Léon Baskt où on pouvait facilement imaginer Vaslav Nijinsky, Mathilde Kschessinska ou Margot Fonteyn.

Il m'aura fallu de longues années de travail ardu avant de porter un pourpoint et des collants, mais cela finira par arriver. J'aurai eu des « Casse-noisettes » et des « Lac des cygnes », poursuivi des sylphides et des willis et voyagé des ballets modernes et pluridisciplinaires de Béjart à la simplicité de Thierry Malandain.  

Comme dirait Fernando Pessoa : "J'ai en moi tous les rêves du monde".

Une belle trajectoire artistique

Diplômé en 2004 du Conservatoire National du Portugal, il obtient cette même année une bourse d’études pour la Juilliard School New York City. Il complète sa formation en Suisse avec Maurice Béjart. En 2006, il rejoint le Ballet Biarritz où il dansera pendant presque une décennie. Il se lance dans la chorégraphie et crée en 2015 la « Compagnie Illicite Bayonne », puis en 2017 il devient artiste associé à la Plateforme Chorégraphique de Bayonne « Oldeak ». Passionné de musique contemporaine il collabore en peu de temps avec quelques uns des plus grands compositeurs français d'aujourd'hui comme Thierry Escaich (2016), Bruno Mantovani (2019) et Philippe Hersant (2020). Son prochain projet prévu pour l'hiver 2021 devrait le conduire à revisiter le romantisme de Chopin. Durant sa carrière il travaille avec des artistes comme Victor Ullate, Cyril Atanassoff, Maina Gielgud, Frank Andersen, Dinna Bjorn, Azari Plissetski, Nils Christe, Georges Garcia, Michel Gascard, Rui Horta, Céline Talon, Thierry Malandain et le Maurice Béjart.

Légendes: 1 Fabio Lopez - Cie Illicite Bayonne©Stéphane Bellocq

2 Fabio Lopez à Ekaterinbourg

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