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Cinéma
En attendant la réouverture des cinémas : il était une fois… Sergio Leone / 2ème partie (1)
En attendant la réouverture des cinémas : il était une fois… Sergio Leone / 2ème partie (1)

| Jean-Louis Requena 961 mots

En attendant la réouverture des cinémas : il était une fois… Sergio Leone / 2ème partie (1)

La seconde trilogie (1968/1984) : Il était une fois …

Il était une fois dans l’Ouest (1968)

Après la Trilogie du dollars, Sergio Leone ne désire plus faire de western. Il s’intéresse à un polar américains The Hoods de Harry Grey (pseudonyme de Herschel Goldberg – 1901/1980), qui narre l’histoire des premiers gangsters juifs de New-York. Ce projet auquel tient le réalisateur ne sera réalisé, après moult péripéties, qu’en 1984 sous le titre : Il était une fois l’Amérique (Once Upon à Time America).

Sergio Leone rédige un scénario avec deux jeunes co-auteurs promis à un brillant avenir : Dario Argento (1940) et Bernardo Bertolucci (1941/2018) : C’era una volta il West (Il était une fois dans l’Ouest - 166’- version d’origine). Le thème ambitieux est la Conquête de l’Ouest par la construction d’une voie de chemin de fer qui va bouleverser les paysages, les hommes et l’économie de ces lointaines contrées. Il était une fois dans l’Ouest décrit deux conflits se déroulant à Flagstone, « ville champignon » autour de l’arrivée du chemin de fer d’une part et d’autre part de la vengeance d’un homme à l’harmonica (Charles Bronson) contre un tueur froid, Frank (Henri Fonda), sanguinaire à la solde de la compagnie de chemin de fer.

Le générique est le plus long de l’histoire du cinéma : il dure près de 10 minutes ! Trois tueurs vêtus de cache poussière envoyés par Frank attendent l’homme à l’harmonica à l’arrivée du train. Un duel à trois contre un s’ensuit … L’homme à l’harmonica est blessé …

Il était une fois dans l’Ouest soutenu par un grand studio américain, La Paramount C.I.C, a un budget confortable de 5 millions de dollars. Les principaux acteurs sont américains : Henri Fonda (Frank, le tueur), Charles Bronson (Harmonica), Jason Robards (Cheyenne) auprès des quels, pour la première fois, un rôle de femme a été développé pour Claudia Cardinale (Jill McBain). Le tournage en anglais a lieu comme de coutume dans le désert d’Almeria (extérieur), avec une brève séquence dans Monument Valley (Arizona/Utah), et les scènes intérieures en studio à Cinecittà.

La mise en scène précise et élégante de Sergio Leone est magnifiée par la musique de son ami Ennio Morricone qui a composé celle-ci avant le tournage ce qui a permis au réalisateur de savants mouvements de caméra rythmés sur les mélodies (arrivée de Jill McBain à la gare de Flagstone). Dans son quatrième western en quatre ans (1964/1968) Sergio Leone a mis tout son savoir-faire secondé par son équipe habituelle (photographie, décorateur, costumier, etc.). 

Il était une fois dans l’Ouest très attendu à sa sortie fin 1968, début 1969, selon les pays, est un énorme triomphe en Europe (Italie : 9 millions d’entrées, Allemagne : 13 millions d’entrées, France : 15 millions d’entrées !). Le long métrage de 2h46’ (166’) dans sa version d’origine a été exploité dans une version de 145 minutes au États-Unis le rendant partiellement incompréhensible : c’est un échec partiel au USA. « La Conquête de l’Ouest » vu par un cinéaste européen ne fait pas recette !

Il était une fois la Révolution (1971)

Sergio Leone veut devenir producteur sur ce western. Il était une fois la révolution devait être réalise par un petit génie du cinéma américain Peter Bogdanovitch (1939) avec qui Sergio ne s’entend pas. Sam Peckinpah (1925/1984) est alors engagé par les producteurs italiens mais le distributeur américain United Artist et les deux interprètes engagés s’opposent à sa venue en Italie à une semaine du début du tournage ! Sergio Leone est contraint (dans de bonnes conditions financières pour lui) de diriger le film dont le titre original est : Giù la testa (Baisse la tête- titre anglais : Duck, You Sucker). Le scénario est réécrit dans l’urgence et modifié durant le tournage par le réalisateur et Sergio Donati (1933). En 1913, durant la Révolution Mexicaine, deux personnages que tout sépare, Juan Miranda (Rod Steiner) un péon détrousseur de diligences, et un irlandais, John Mallory (James Coburn) membre de l’IRA (Armée Républicaine Irlandaise) en fuite, font connaissance sur une route poussiéreuse du Mexique. Devenu complices en pleine tourmente révolutionnaire, Juan et John vont braquer la banque de Mesa Verde protégée par les « fédérales » …

Ce dernier « western zapatiste », tourné à la hâte est, par esprit de paradoxe de Sergio Leone, son préféré selon ses multiples interviews. Il a pu y introduire outre le côté picaresque auquel il tenait beaucoup, des souvenirs d’atrocités commises durant la Seconde Guerre mondiale à Rome : le massacre des Fosses Ardéatines par les troupes d’occupations allemandes dans les environs de Rome (1944). Une version anarchiste et pessimiste du destin des hommes …

Il était une fois la Révolution (157’) sorti sur les écrans fin 1971 en Italie, et en 1972 dans le reste du monde, ne rencontre pas le succès phénoménal de son précédent opus.

Bien que satisfait de son film, Sergio Leone veut tourner définitivement la page de réalisateur.

Grâce à une aisance financière obtenu par le succès de ses films, Sergio Leone abandonne la réalisation pour la production. A compter de 1973 il produit un western parodique, Mon nom est Personne réalisé par son ancien assistant Tonino Valerii (1934/2016) avec Henri Fonda et Terence Hill. En 1975, Un génie, deux associés et une cloche, western également parodique de Damiano Damiani (1922/2013) avec toujours Terence Hill en tête d’affiche entouré de Miou-Miou et du chanteur québécois Robert Charlebois. Ce dernier western sans grand intérêt est de trop : il décide d’abandonner le genre western. 

En 1977, il produit Qui a tué le chat ? du vénérable Luigi Comencini (1916/2007) avec Ugo Tognazzi et Mariangela Melato. Suit en 1979, Un jeu dangereux de Giuliano Montaldo (1930) avec Nino Manfredi et Marlène Jobert.

Au début des années 1980 il réalise encore quelques films publicitaires. Sa grande affaire reste le film qu’il rêve de réaliser depuis 1972 : Il était une fois en Amérique.

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