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Devant la cathédrale de Bayonne : « rendez-nous la messe ! »
Devant la cathédrale de Bayonne : « rendez-nous la messe ! »

| Alexandre de La Cerda

Devant la cathédrale de Bayonne : « rendez-nous la messe ! »

A l'image de très nombreuses villes de France, de Nantes à Versailles et à Paris, malgré la pluie, plus d'une centaine de personnes s'étaient rassemblées dimanche dernier 15 novembre devant la cathédrale de Bayonne à l’appel d’un groupe de jeunes catholiques afin de demander le retour des messes dans les églises.

J’ai voulu interroger Sibylle Lagrolet, une des organisatrices, sur les motivations qui ont présidé à l’organisation de ce rassemblement : 
- J’ai lancé cette invitation à manifester pour retrouver les messes publiques en réponse à un appel national.

Nous avons organisé cette manifestation dans le but de retrouver notre liberté, notre droit de culte qui nous a été supprimée. Nous l’avons prouvé suite au premier confinement, nous pouvons tenir des règles sanitaires strictes dans les églises (bien plus que dans les supermarchés ou autres magasins dit essentiels). Pouvez-vous me citer une église Catholique en France où il y a eu un cluster depuis le dernier confinement ? Nous ne pouvons pas nous, Catholiques, nous nourrir seulement de pain, nous avons besoin de nourrir notre âme avec l’Eucharistie.  C’est un besoin essentiel !

Il est pour nous anormal de pouvoir acheter une scie chez Leroy Merlin le dimanche matin mais pas d’aller à la messe.  Comment s’est déroulée la manifestation ?
- La manifestation s’est très bien déroulée. Elle avait été préalablement déclarée à la sous-préfecture de Bayonne. Une voiture de police patrouillait pour veiller à la sécurité du rassemblement.  Nous étions respectueux des gestes barrières. Aucune prière n’a été dite sur la voie publique.  La manifestation était rythmée de prises de parole et de temps de silence. Des chants ont été entonnés comme « Hegoak ». À la fin, nous nous sommes dispersés en disant tous ensemble « rendez-nous la messe ! ».

La Foi et l’Espérance portées par les jeunes chrétiens

Alors même que dans quelques milieux ecclésiastiques, on désapprouverait cette revendication du retour des messes publiques, ce sont les jeunes qui ont voulu crier à la face d’un monde de plus en plus déchristianisé, coupé de ses racines spirituelles : « Oui : laissez-nous prier ! Laissez-nous manifester notre colère comme notre espérance. Laissez-nous exprimer nos aspirations les plus profondes comme notre dégoût des injonctions liberticides. Laissez-nous joindre les mains, chanter des cantiques et, si le cœur nous en dit, laissez-nous nous agenouiller !
La vocation du chrétien n’est pas de se taire mais de proclamer » !

Et qu’en sera-t-il donc à Noël, alors que la grande fête de Pâques avait déjà été sacrifiée sur l’autel du coronavirus ? Déjà une infectiologue belge, appelant à faire preuve de « beaucoup d’imagination », ne suggérait-elle pas, dans une émission sur la chaîne belge RTBF, de reporter Noël à « juillet-août, quand il fait beau » ?

Or, au-delà de tous ces « black friday » et autres amusettes d’une consommation dévergondée, n’attendons-nous pas avec impatience cette fin d’année qui voit nos églises briller de mille feux, remplies d’enfants joyeux – petites filles avec ailes d’ange et petits garçons costumés en bergers – entourant et s’émerveillant devant la belle crèche disposée devant l’autel où repose le Divin Enfant, emmailloté, au pied de la Vierge Marie et de Joseph, avec l’âne et le bœuf pour le réchauffer. Les enfants chantant, comme les anges dans nos campagnes, le « Gloria in excelsis Deo » de Noël, et notre beau chant basque – traditionnel en Iparralde – « Atzar gaiten, atzar lotarik / Gau huntan da Jesus sortzen / Amodioak garraiturik / gure gatik da etortzen… » (Réveillons-nous, cette nuit Jésus est né, il est venu pour nous…), ainsi que le non moins traditionnel « Oi Eguberri gaua » (Ô nuit de Noël).

Oui : laissez-nous prier ! Laissez-nous manifester notre colère comme notre espérance. Laissez-nous exprimer nos aspirations les plus profondes comme notre dégoût des injonctions liberticides. Laissez-nous joindre les mains, chanter des cantiques et, si le cœur nous en dit, laissez-nous nous agenouiller ! La vocation du chrétien n’est pas de se taire mais de proclamer !

zActu1 Béguios église Noël 24 déc 17.jpg
Veillée de Noël en Basse-Navarre (Amikuze) ©
zActu1 Béguios église Noël 24 déc 17.jpg

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esponde marie | 20/11/2020 12:57

Qui ne rêve pas de retour à une vie normale....Pour ma part, je veux témoigner comme catholique pratiquante et infirmiére DE.Je n'approuve pas ces manifestations religieuses pour demander des messes comme si les pouvoirs publics voulaient nous priver d'offices religieux. Nous traversons une pandémie et croyez-moi, lorsque l'on a des amis malades ou décédés ,nous n'avons pas envie de nous rassembler à plusieurs dans un lieu confiné malgré toutes les mesures sanitaires prises!! Votre vision angélique de NOËL ne sera pas possible cette année et DIEU sait si, pour ma part, je l'ai vécu et ai participé activement l'année dernière avec les enfants du KT à organiser cette fête. Soyons des adultes raisonnables et responsables ,qui pouvons prier dans les églises ,soyons patients comme cette période de l'AVENT qui nous conduira vers l'espérance et des jours meilleurs pour tous.

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