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Histoire
Biarritz : les Halles à travers l’histoire de la ville
Biarritz : les Halles à travers l’histoire de la ville

| Alexandre de La Cerda 1045 mots

Biarritz : les Halles à travers l’histoire de la ville

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Les Halles dans les années 1900 ©
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Dans son intéressant et documenté livre sur « La belle histoire des 51 Kantxa biarrotes », Eric Sajous relate que « le 24 août 1853 à 10 heures, le maire (de Biarritz) Pierre Duprat inaugure une place de jeu de paume de 30 mètres de long sur 10 mètres de large, sur les terrains Broquedis, à l’emplacement des Halles actuelles (…) le fronton est implanté en bordure du sentier qui deviendra l’avenue Victor Hugo. On y joue sur un espace d’une centaine de mètres de long sur 60 mètres de large, au rebot, contre le mur au joko garbi, à main nue, et à ce qu’on appelait « la longue », c'est-à-dire au lachoa avec gant de cuir, puis après sa propagation à chistera en 1862 avec les frères Mathieu et Bethi Borotra, d’Ahetze. Le célèbre Melchior, Urchalle d’Oyarzun et Gazcoïna s’y produisent vers 1860 devant Napoléon III et l’impératrice Eugénie. Le lieu de pelote sera démoli après la guerre de 1870 pour faire place aux Halles »

En fait, c’est le 11 mai 1847 que débuta l’histoire des Halles, lorsque la municipalité de Biarritz décida d'étudier le projet de construction d'un bâtiment d’utilité publique pour abriter des activités établies jusque-là en plein air, sur une place bordée actuellement de bâtiments élégants et dont il paraît difficile de croire qu’à l’époque elle servait de foire aux bestiaux ! 

A ce propos, il convient d’indiquer que le premier foirail à ciel ouvert se situait à Biarritz sur la place Bellevue, avec exposition de bestiaux et d’autres produits fermiers, et tout ce monde paysan côtoyait donc la clientèle élégante du premier hôtel-casino de Biarritz avec ses salles de jeux et de bal, ses restaurant et glacier. Mais, parallèlement à cette bizarre promiscuité sur la place Bellevue, le conseil municipal de cette ville, présidé par le docteur Adéma loue en 1862 et pour une durée de quinze ans un bâtiment construit à cet effet par un Biarrot, M. Russac.

A ce propos, on rappellera qu’en 2007, se rassemblèrent au Bellevue - qui fut le premier casino de Biarritz - près de 200 descendants sur les 350 (458 en incluant les alliés) que comptait alors la postérité du Dr Jean-Henry Adéma, maire de Biarritz en 1857. C’était à l’occasion du 150e anniversaire de leur aïeul qui avait jeté les bases du Biarritz actuel. 
Car c’est lui qui fut à l’origine de la première halle. Plus généralement, on peut dire qu’il fut vraiment, avec l’aide de Napoléon III et d’Eugénie, à l’origine du premier développement de Biarritz au XIXe siècle.

Médecin et maire au service de Biarritz

Originaire de Pau où il naquit en 1821 et fit ses études, le docteur Adéma servit comme médecin militaire en Afrique du nord. A la fin de sa période militaire, l’armée le mute à Bayonne, mais il démissionne pour s’installer d’abord à Pau en 1849 puis, très vite, à Biarritz.

Mais c’est à Pampelune qu’il épousera en 1850 sa cousine Sérapia-Andréa, fille de Pierre Dutel et de Dominica de Inda. Immédiatement, il se fait remarquer dans son activité de médecin à Biarritz où il soigne l’Empereur Napoléon III et sa famille durant leurs séjours à Biarritz. Ses enfants étaient alors les compagnons de jeu du Prince Impérial.

En 1857, il devient maire de Biarritz : le tourisme encore balbutiant allait connaître un développement foudroyant grâce à la vogue - à l’époque essentiellement « thérapeutique » - des bains de mer. Dès lors, il n’était guère étonnant que le choix d’un nouveau maire de Biarritz se portât vers un médecin, apte à développer « la station médicale ».

Et le Dr Adema réussit, pendant les cinq ans de son mandat (1857-1862), à construire les « Bains Napoléon » et les promenades en bord de mer, macadamiser les principales avenues, installer des fontaines publiques. Suivirent la réfection du Port-Vieux et de la Côte des Basques, l’installation du premier bureau de tabac sur la place du bourg, l’éclairage des rues par des lampes à huile, la création d’un corps de sapeurs pompiers, du chemin autour du lac Mouriscot et même l’achat de l’horloge du Port Vieux !

Il soigna Bismarck après sa noyade et de multiples personnalités : la famille royale espagnole, le Chancelier Prince von Bulow, etc. Ses filles, après avoir été les compagnes de jeu du petit Prince Impérial, participèrent financièrement à la reconstruction de l’église Sainte-Eugénie. Parmi sa descendance figure la famille Laruë de Charlus, bien connue à Biarritz.

Durant cette époque du Second Empire, Biarritz est en plein essor : Napoléon III, constamment absorbé par son désir de donner un nouvel essor à la prospérité de Biarritz, faisait des promenades quotidiennes dans les divers quartiers et s’entretenait avec la municipalité ainsi qu’avec le corps des ingénieurs, des diverses améliorations à introduire à Biarritz. Dès qu’une difficulté survenait par suite de l’insuffisance des crédits, il la surmontait aussitôt par un don généreux prélevé sur ses fonds particuliers ou par une subvention qu’il obtenait de ses ministres. 

De nouvelles halles à Biarritz

Napoleon III, intéressé par le projet de la nouvelle halle, participera à sa dépense. Elle sera édifiée par le successeur du Dr Adéma à la mairie de Biarritz, Bernard-Pascal Pourquié, qui construira également des abreuvoirs pour les bestiaux. Les paysannes d'Arbonne , Bidart, Ahetze ou Bassussary viennent y apporter, lait, légumes et volailles, montées sur leurs ânes. Plus tard, ces équipages pittoresques feront place aux charrettes, aux " jardinières " tirées par des chevaux.

Mais dans les années qui suivirent le Second Empire, la ville s’agrandit et la première construction louée par la ville à M. Russac ne suffit plus.
Le maire engagea alors des pourparlers avec Bertrand Broquedis, propriétaire du terrain de Paume, qui avait acheté divers terrains à Biarritz depuis 1852 et construit des maisons dont plusieurs dans la rue qui porte actuellement son nom. Quant à la nouvelle halle, c’est l’architecte Ozanne de Mont-de-Marsan qui construit le bâtiment actuel dont l’inauguration eut lieu le 19 avril 1885. Elle sera encore agrandie à plusieurs reprises.

En particulier après la guerre de 14-18, c’est la municipalité Joseph Petit qui agrandit le bâtiment par l'adjonction de la halle aux poissons et dernièrement, c'est l'Architecte Patrick Laforgue qui aura restauré les Halles dans leur dernière mouture. 
C’est encore un des endroits qui a le mieux gardé les couleurs, les odeurs, le parler… en un mot toute l’authenticité de cette ville !

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Marché devant la Halle de Biarritz (années 1900) ©
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Evelyne Ferré (ex Lagun) | 26/03/2021 13:54

Bonjour Alexandre ! Il manque juste la dernière précision, c'est l'Architecte Patrick Laforgue qui a restauré les Halles dans leur dernière mouture. Mes amitiés et mon meilleur souvenir, Evelyne

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