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Histoire
Biarritz : il y a 25 ans, les « Rois Mages » précédaient au Casino les actuels dirigeants du G7
Biarritz : il y a 25 ans, les « Rois Mages » précédaient au Casino les actuels dirigeants du G7
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| Alexandre de La Cerda

Biarritz : il y a 25 ans, les « Rois Mages » précédaient au Casino les actuels dirigeants du G7

Le sommet du G7 qui se déroule en cette fin de semaine ne constitue pas une première pour Biarritz. Ainsi en juin 2000, le sommet informel des chefs d'Etat européens avait fourni l'occasion à la Yougoslavie de reprendre sa place parmi les nations occidentales après les criminels bombardements de l’OTAN sur la Serbie. Et dans la grisaille générale des entretiens, l'arrivée de Vojislav Kostunica, son nouveau président, avait créé un véritable événement. Car après avoir rendu visite a son allié naturel russe, c'est ˆ l'Europe réunie à Biarritz - qui lui avait tendu la main - qu'il réservait son premier déplacement officiel. Bien au fait de l'histoire de la Serbie, ce juriste - professeur de droit constitutionnel - avait marqué de l'intérêt pour les séjours à Biarritz de ses royaux prédécesseurs, Alexandre Ier et sa mère, l'infortunée reine Nathalie dont le souvenir se perpétue à travers l'avenue qui porte encore son nom, son ancienne résidence - actuellement propriété des Latécoère - ainsi que la villa "Roi Alexandre", située rue de la Fontaine. M. Kostunica devait même se rendre au Musée historique de la ville qui recèle divers objets et souvenirs ayant appartenu aux souverains serbes. Mais les exigences des services de sécurité et celles de l'horaire - très apprêté - du chef d'Etat yougoslave en décidèrent autrement : son escale biarrote ne dépassa pas trois heures de temps pour déjeuner avec les dirigeants européens.

Et six ans plus tôt, le Casino Municipal de Biarritz accueillait les 7 et 8 novembre 1994 la XVIIIe Conférence Franco-africaine des chefs d'Etat et de gouvernements, au milieu d'une armée de sept cents journalistes venus des quatre coins de la planète. Sous un soleil d'été, des tireurs d'élite avaient disposé sur les terrasses supérieures de l'édifice un lourd arsenal de défense destiné à protéger les hôtes illustres réunis au théâtre du Casino. Mais contrairement au sommet actuel du G7, cet événement venait à point après l’agrandissement de l’aéroport de Parme et la rénovation du Casino Municipal, à une époque creuse du point de vue touristique, pour concentrer sur Biarritz et toute la région l’attention de la grande presse internationale.
On avait ôté les bosses des « gendarmes couchés » sur le parcours des cortèges et voilé pudiquement les plaques ayant trait au quartier de « La Négresse ».
Si le splendide isolement du roi du Maroc au Régina (il l’avait entièrement loué) l’avait soustrait aux regards indiscrets pour mener ses affaires à bonne fin, la plupart des autres Chefs d’Etat étaient logés au Palais où, la veille, était arrivée dans le hall une cantine militaire destinée à la « Présidence du Faso ». Son ouverture devant les regards éberlués des derniers clients en partance dévoila un assemblage hétéroclite de mitraillettes, pistolets et munitions grossièrement scotchées dont le directeur de l’hôtel, Jean-Louis Leimbacher, estima le caractère offensif « disproportionné eu égard aux faibles vols de palombes » enregistrés au-dessus de la résidence de l’Impératrice Eugénie. Quant au bureau de François Mitterrand, il avait été orné de portraits de Napoléon III, d’Eugénie et d’un médaillon du Prince impérial, des vieux sceaux de la Ville et d’une maquette de navire prêtés à la hâte par le Musée historique. Et le Chef de l’Etat sut en récompenser Biarritz en consacrant du « temps au temps » de sa présence à la mairie, malgré ses souffrances et l’avis contraire de ses conseillers qui le pressaient. Ses propos, émaillés d’allusions historiques – « Bismarck, homme rude, mais qui aimait les douceurs », il avait su les trouver à Biarritz -, comportèrent une ultime coquetterie. A Didier Borotra lui rappelant sa visite à Biarritz en 1947, comme ministre des Anciens-Combattants, le Président avait répliqué à mi-voix : « Il vaut mieux ne pas le dire »

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