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Exposition
Bayonne : Raphaël au Musée Bonnat
Bayonne : Raphaël au Musée Bonnat

| Anne de Miller-La Cerda

Bayonne : Raphaël au Musée Bonnat

2 Hommes nus face à face par Raphaël.jpg
Deux hommes nus Caïn et Abel face à face par Raphaël.jpg ©
2 Hommes nus face à face par Raphaël.jpg

Du 19 septembre jusqu’au 4 octobre, le musée Bonnat-Helleu qui organise l’exposition « Raphaël à Bayonne » entrouvre l’entrée de son atrium à l’occasion des 500 ans de la mort de l’artiste et des journées du patrimoine.

Le musée Bonnat-Helleu  est l’un des rares avec le Louvre à posséder des œuvres  de Raphaël (1483- 1520) ainsi que ceux de ses disciples contenus dans la collection Bonnat.  Huit des dix dessins de l'artiste  regroupant surtout des compositions religieuses de Raphaël réalisées au contact de Léonard de Vinci et Michel-Angle entre 1504 et 1508 conservés à Bayonne, seront exposés. Les talentueux œuvres de ses élèves: Giulio Romano, Perino del Vaga et Polidoro da Caravaggio accompagneront cette présentation. Des tableaux et dessins d’après Raphaël du XIXème, tels que Jean-Auguste Dominique Ingres, Eugène Delacroix et Léon Bonnat seront également exposés. Grand admirateur de Raphaël, Léon Bonnat avait acquis plusieurs dessins du maître italien s’était inspiré dans la peinture de Raphël lors de la réalisation de deux huiles : « Détail du Saint Sacrement » et « Détail de l’Ecole d’Athènes », marquant ainsi son intérêt pour la religion et l’Antiquité grecque.

Lors du récolement, à l’œil nu, la restauratrice du musée,  Cécile Bignon dévoile le tracé préliminaire à la pointe de plomb d’un poignet et le changement de position du bras droit de l’homme nu de dos, dessin au final réalisé à la plume et l’encre brune. Dans une autre étude, deux hommes nus debout, celui de droite portant un agneau dans ses bras, la spécialiste observe que la tête de l’animal n’est pas l’original et qu’elle aurait a été rajoutée par une autre main. Ce beau dessin ne représente pas des chasseurs, il s’agirait d’un extrait de la Genèse où Abel offrirait en offrande les premiers-nés de son troupeau à Yahvé qui les accepte tandis que les produits du sol proposés par son frère Abel au Créateur sont refusés. La scène de Raphaël présentant les deux nus face-à-face,  fut inventée par le peintre en prélude à la suite du récit. Jaloux, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

Sur un autre dessin à l’encre brune de la Vierge à l’enfant à la composition gracile, se profile en filigrane à l’aide d’une table lumineuse, une croix grecque tréflée dans un cercle, correspondant à une marque utilisée par des papetiers en Toscane à la fin du XVème siècle. Parmi les autres dessins de Raphaël, acquis par Bonnat « Quatre études d'hommes nus et contours d’une tête » portent au bas du papier les célèbres initiales « WM » du collectionneur anglais William Mitchell.

Sur un papier vergé brun, lavis à l’encre brune avec rehauts de gouache blanche et plume : « Le Portement de croix » par Polidoro da Caravaggio (1492-1543),  disciple de Raphaël montre à la table lumineuse un réseau de contours piqués pour le transfert de la composition sur un autre support.

Ces nombreux détails historiques contribuent pour la plupart à mieux faire connaître la genèse des dessins ;

Admiré dès son plus jeune âge

Très connu de son temps, admiré par de nombreux disciples, le petit Raffaello Santi ou Sanzio, dit Raphaël Giovanni Santi, peintre et poète officiel de la cour du duc d'Urbin, Frédéric III de Montefeltro natif d’Urbin et alors âgé de onze ans, se retrouva orphelin. Cependant, Raphaël avait appris le dessin avec père. Il poursuivra son apprentissage chez le père Giovanni Santi. Puis il quitta Urbin pour Pérouse. Il y réalisa les « Trois Grâces » (1501) puis le « Songe du chevalier » la même année dont l’œuvre la plus importante « Le couronnement de la Vierge (1502-1503)» destinée au départ à l’église Saint-François de Pérouse.

A Florence de 1504 à 1508, sa carrière s’illuminera aux contacts des plus grands notamment Léonard de Vinci avec qui il apprit la ligne et la lumière puis Michel-Ange avec qui il apprend à composer des formes puissances. Pendant la période florentine, il se consacra uniquement aux sujets religieux telles « la Vierge du grand duc «  datant du palais Pitti ou de 1506 de « La Madone au chardonneret » et « la Madone au belvédère ».
Autre et dernière étape jusqu’à son décès, Raphaël se révèle à Rome. Il  aborde les thèmes de la justice, de la théologie, de la poésie et de l’histoire.

Vasari évoquera à son propos « un souffle de divinité dans la beauté des figures et dans la noblesse de la peinture ». Le Pape X lui accorde sa protection. Il est chargé d’illustrer les cartons des « Actes des Apôtres », soit dix tapisseries pour les parties inférieures de la chapelle Sixtine. A partir de 1516-17, il réalise les croquis de ses futurs fresques murales qu’il fait exécuter par ses élèves (Jules Romain et Giovanni dia Udine).

Sa dernière œuvre « La Transfiguration » (1508), dont la parie inférieure est de Jules Romain, commandée pour la pinacothèque du Vatican, révèle par des effets de clairs-obscurs l’angoisse intérieure du maître. Coloriste mais aussi architecte, il sera nommé architecte de la Basilique Saint-Pierre à Rome et d’autres palais.

Glorifié à sa mort en 1520, l’humaniste Pietro Bembo écrivit : « Ci-gît Raphaël : à sa vue la nature craignit d’être vaincue, aujourd’hui qu’il est mort, elle craint de mourir ».

Pratique :
Exposition « Raphaël à Bayonne «  du samedi 19 septembre au dimanche 4 octobre au musée Bonnat.
Réservation obligatoire préalable par mail (public.mbh@bayonne.fr) ou par téléphone (05 59 46 61 52) pour les créneaux horaires suivants : 14h, 15h, 16h, 17h (les matinées sont réservées aux groupes scolaires et des amis du musée). Places limitées. Dans le cadre de l'application des gestes barrière, le port du masque sera obligatoire à partir de 11 ans. (Pas de toilettes pour le public !)

Vous pouvez également commander le catalogue de l’exposition"Raphaël à Bayonne » Textes Benjamin Couilleaux, : la publication offre une vision exhaustive et actualisée d’un fonds majeur d’œuvres de la Renaissance italienne. Vous pourrez acheter cet ouvrage dès le 19 septembre, au musée, ou en nous contactant sur le site internet ou par téléphone (05 59 46 63 60).

Légendes : 
1-Raffaello Santi dit Raphaël (1483-1520) , Homme nu courant, visage de profil, bras droit et homme nu de dos, plume et encre brune, tracé préliminaire à la pointe de plomb sur papier vergé anciennement crème@musée Bonnat-Helleu
2-Raffaello Santi dit Raphaël (1483-1520) , Deux hommes nus debout, celui de droite portant un agneau dans ses bras, plume et encre brune, tracé préliminaire à la pointe de plomb, sur papier vergé beige@musée Bonnat-Helleu

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