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Cinéma
10ème anniversaire du Musée du Carlisme : «Pour Don Carlos», un film centenaire !
10ème anniversaire du Musée du Carlisme : «Pour Don Carlos», un film centenaire !

| Alexandre de La Cerda

10ème anniversaire du Musée du Carlisme : «Pour Don Carlos», un film centenaire !

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"Pour Don Carlos", 1921 ©
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Au cours de l'année écoulée, le Musée du Carlisme situé à Estella/Lizarra en Navarre a contribué à la récupération d'un joyau du cinéma européen. Dans ce projet désormais achevé, il a participé avec d'autres institutions européennes au financement de la restauration numérique du film muet «Pour Don Carlos», une initiative menée par la Cinémathèque de Toulouse.
Réalisé et mettant en vedette l'actrice Musidora, en 1921, il fait partie de l'héritage carliste. Le scénario est centré sur la deuxième guerre carliste. 

De plus, il avait bénéficié de la participation à sa production de Jaime de Lasuén, appartenant à une famille très proche du prétendant au trône Carlos VII. 
En effet, le tournage s'était déroulé du 21 mai au 15 septembre 1920, avec la précieuse collaboration de Jaime Lasuen - au générique Jacques Lasseyne -, également coproducteur du film, qui avait aidé Musidora tant en matière de financement que dans la recherche de décors naturels inclus dans les différentes séquences.
Jaime Lasuen, bien que de nationalité française, appartenait à une famille d'exilés carlistes originaires de Biscaye et entretenait de bonnes relations avec les noyaux carlistes qui existaient encore au début du XXe siècle entre les villes de Fuenterrabía, Irún et Oyarzun.

Jusqu'à il y a quelques années à peine, on considérait que ce film, parmi les plus représentatifs du cinéma muet français, avait disparu ou avait été détruit, car seules quelques scènes du métrage total - plus de deux heures - étaient conservées au Musée Basque de Bayonne. Cependant, en 2013, des copies avaient été retrouvées, en mauvais état et incomplètes, dans les cinémathèques de Toulouse et de Paris. A l'initiative de l'association des Amis de Musidora et avec l'aide du gouvernement français, ces deux exemplaires ont été utilisés pour la restauration totale du long métrage.
La reconstruction du film sorti en France le 16 décembre 1921, effectuée à partir de ces éléments ainsi que de plusieurs documents scénaristiques conservés dans les archives de la Cinémathèque française, a été réalisée par la Cinémathèque de Toulouse en partenariat avec la Cinémathèque française et le San Francisco Silent Film Festival et grâce au soutien de Fonroga – Fondation Roland Garrigou, de la Filmoteca Vasca, du Museo del Carlismo, des Amis de Pierre Benoît et des Amis de Musidora. 

L'égérie féminine du mouvement surréaliste naissant

On considère qu’il s’agit du premier long métrage tourné entièrement au Pays Basque, plus précisément dans les villes guipuzcoanes de Fontarabie, Irun et Oyarzun, sous la direction de Jeanne Roques, mieux connue sous le nom de Musidora, l'une des premières femmes à se tenir derrière une caméra pour réaliser un film de cinéma.

Concernant Musidora dans le rôle de l'héroïne, une des amazones du camp carliste qui se nomme Allegria Detchart, "plus que son meilleur rôle, ce personnage à facette (Allegria) lui a fourni ses plus beaux rôles en un seul et même film"... « Pour Don Carlos » est certainement le plus abouti des films de Musidora : réalisé d'après un scénario écrit par Pierre Benoît pour adapter son roman éponyme publié en 1920. 

Musidora était déjà célèbre dans les cercles artistiques parisiens pour ses performances dans les théâtres, les boîtes de nuit et surtout pour avoir joué dans la série « Los Vampiros » entre 1915 et 1916, où elle figurait dans un groupe de criminels de ce nom.

Femme décomplexée, entreprenante, moderne et audacieuse, elle était l'égérie féminine du mouvement surréaliste naissant, créant en 1918 sa propre société de production cinématographique - la Société des Films Musidora -, qui, après plusieurs projets mineurs, lance son grand long métrage en 1920 en adaptant le succès roman de Pierre Benoît qui se déroule dans les affres de la troisième guerre carliste (1872-1876) et dont le personnage principal est Alegría Detchart, une jeune partisane carliste française qui s'aventure en Navarre pour sauver des bataillons légitimistes en difficulté. avant l'offensive finale des troupes libérales.

Basses-Pyrénées, 1875. Le jeune Olivier de Preneste est nommé sous-préfet de Villeléon, province où se joue une partie serrée entre l’armée d’Alphonse XII, roi d’Espagne, et les partisans de Don Carlos, prétendant au trône. Ignorant tout des enjeux de cette confrontation, Olivier est fait prisonnier par l‘égérie de l’insurrection carliste. La Capitana Allegria n’hésite pas à se déguiser en sous-préfet ou à séduire les hommes pour gagner à sa cause de nouvelles recrues. Prête à mentir et à tuer pour un idéal ou pour un grand amour, elle représente un rôle qui sied parfaitement à Musidora. L'intrépide Alegría, après avoir enfermé le sous-préfet, le remplace, se déguisant en homme, pour faciliter le passage des bataillons navarrais à travers la frontière dans le but de rejoindre les forces de Don Carlos qui résistent encore en Guipuzcoa...

Quant au Musée du Carlisme, il avait été inauguré en mars 2010 sur une résolution du Parlement de Navarre afin de collecter et conserver le patrimoine historique lié au carlisme ; son exposition permanente, remodelée fin 2018, propose un récit complet de l'histoire du carlisme, de son origine dans le premier tiers du XIXème siècle jusqu’à l’époque présente.

Musée du Carlisme , Calle Rua Kalea, 27-29, 31200 Estella, Navarre / Téléphone : +34 948 55 21 11 / ouvert de 10h à 14h et de 16h à 19h, le dimanche de 11h à 14h, fermé le lundi.

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