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Tradition
Sainte corona, saint Victor protégez-nous !
Sainte corona, saint Victor protégez-nous !

| François-Xavier Esponde

Sainte corona, saint Victor protégez-nous !

1 – Rome aux prises avec les Vandales. 
Dans le passé, sur deux périodes de graves épidémies en 2000 ans, les humains se recommandèrent de tous les pouvoirs bénéfiques physiques et spirituels nécessaires pour guérir, se protéger et se restaurer dans la vie. 
Les historiens le rapportent. “Deux pestes aux conséquences incalculables ont traversé l’histoire passée. La peste bubonique entre le III et le VIIème siècle,  et la peste pulmonaire depuis 1317 jusqu’au XVIIIème siècle”
Le règne de l’Empereur Trajan était prospère, la ville de Rome rutilante de tous ses ors et des  splendeurs de ses palais. Le Colisée venait d’être bâti. 
C’était ne pas imaginer l’arrivée de barbares venus d’Asie, attisés par tant de beautés d’une capitale jupitérienne, souveraine et dominatrice, qui subira les démolitions à l'égal de plus de soixante-dix villes de l’Empire, par le feu et la haine, par des soldats assoiffés de prédations . 
En réparation, le Pape Grégoire inaugurera en ces temps troubles et funestes une procession - rapportée par la tradition comme "Salus populi romani" - pour libérer la ville de la prégnance de la peste et sans doute des traces de ces barbares sans âme, sans honneur. 
Tel est l’origine de l’emplacement de la statue de Saint Michel érigée sur le château Saint Ange pour le défendre des imposteurs. 
On se protège désormais et toute protection supérieure vient à son heure pour libérer les esprits des dominations étrangères, sanitaires, et invasives... 

2 – Saints Corona et Victor 
Dans une autre tradition ancienne, Saint Corona et Saint Victor renvoient vers 160 en Egypte-Syrie où se lève en 177 la figure de Sainte Corona et celle de Victor de Damas, soldat martyrisé placé entre deux palmiers et démembré, selon quelque probabilité, époux de Corona avec lequel il partageait la foi des chrétiens contre l’avis de ses supérieurs...
Le 14 mai comme tous les ans, on célèbre Corona en Autriche, en Allemagne et en ces pays anglo-saxons où la tradition religieuse rattache ces deux figures de sainteté à la guerre contre les barbares, la défense des populations contre les épidémies, et la défense des trésors victimes des vols de barbares sans foi ni loi. 
Les historiens soulignent que les reliques de ces saints connaîtront leur destination en 945 dans le reliquaire de la cathédrale de Brême. 
Charlemagne les déposera à Aix-la-Chapelle avec celles de Saint Léopardus. 
La châsse disparut cependant, comme bien souvent au cours de l’histoire. 
L’intérêt de ces lieux investis de pouvoirs invisibles était le propre des commerces qui tournaient autour de leur droit de propriété. 
On raconte que l'itinéraire de ces reliques passa par la France où les révolutionnaires excellaient dans les rapines de ces biens donnant lieu à de lucratifs échanges. 
De la cathédrale de Dijon où elles se logeaient, elles furent vendues et dispersées… 
Comme en ces temps troubles, elles furent renvoyées outre Rhin où elles trouvèrent à nouveau une hospitalité religieuse plus assurée. 
Retrouvées en 1843 dans une structure plombée du XIème siècle, ces reliques reviendront en la cathédrale d’Aix-la-Chapelle où elles font l’objet, depuis l'actuelle propagation du virus, d’un culte partagé par les fidèles allemands et français des deux versants du Rhin. 

Pour l’histoire, Strasbourg dispose d’un vitrail du XIVème siècle représentant Corona une palme à la main, martyre et vénérée pour ses bienfaits. 
Tout au long des siècles, la prière de sainte Corona connaîtra une diffusion populaire large. 
Elle fit l’objet de bénéfices indélicats par ceux qui s’adonnèrent encore à des commerces illicites pour obtenir des avantages personnels de leurs ventes qui n’avaient que peu à voir avec les faveurs célestes attribuées par les fidèles. 
L’histoire ayant ces aléas et renvois au passé, le culte de ces saints protecteurs germaniques auxquels il faut ajouter chez nous saint Roch, font l’objet d’un rappel impensable il y a peu des fidèles de la religion populaire sensibles à ces cultes. 
Devant la mort et l’adversité sanitaire que nous subissons, chacun cherche à comprendre, à partager et expliquer la peur qui neutralise le monde aujourd’hui. 
En attendant des forces vives, neuves et confiantes pour un avenir pressant comme souhaitable pour les victimes nombreuses de la pandémie et le travail harassant des volontaires pour se protéger de la mort ! 
Les Allemands donneront au cours du prochain mois de mai une place de choix aux cultes anciens de leurs églises chrétiennes, happées comme les nôtres par ce déroulé macabre et quotidien de la pandémie. 
Corona et Victor feront le bénéfice de ce retour en grâce inattendu d’une ferveur personnelle poussée par les circonstances... 

Légende : les saints Corona et Victor, Livre d’Heures (Paris, vers 1480)

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