0
Tradition
Précautions anciennes contre les pandémies
Précautions anciennes contre les pandémies

| François-Xavier Esponde 837 mots

Précautions anciennes contre les pandémies

attestation de déplacement dérogatoire 29 octobre 1805.jpg
Attestation de déplacement dérogatoire, 29 octobre 1805 ©
attestation de déplacement dérogatoire 29 octobre 1805.jpg
attestation de sortie dérogatoire1720, Remoulin, Gard.jpg
Attestation de sortie dérogatoire1720, Remoulin, Gard ©
attestation de sortie dérogatoire1720, Remoulin, Gard.jpg

1 -  D’hier à aujourd’hui

L’histoire passée, la grande oubliée se rappelle à notre présent à l’occasion du covid 19 et des mesures prises par les autorités pour s’en protéger.

De la peste justinienne et ses vingt cinq millions de morts qui sonne la fin de l’empire byzantin, entre le VI et  le VIII ème siècle, à la peste noire venue de la Mer Noire qui décima 25 millions de victimes, le tiers de la population européenne de l’époque au XIV ème siècle, à la peste de Chine  partie en 1896 de Yunnan et fit une douzaine de millions de morts, enfin la grippe espagnole et ses 50 millions de morts au bas mot, la plus grande épidémie de l’histoire de l’humanité, les épidémies marquèrent le passé ..

Curieusement les méthodes préventives adoptées rappellent des pratiques médiévales initiées depuis la fin du Moyen Age. Délivrance de billets de santé pour circuler, se frotter les mains au vinaigre, et délivrer des contraventions lourdes contre les contrevenants..

Rien de nouveau sous le soleil !

Les historiens relatent le passé de Sisteron restée fermée trois ans de l’été 1720 au printemps 1723 à cause de la peste. 

2020 rappelant le tricentenaire de la peste de Marseille, qui décima la Provence de 1720 à 1722, devient l’année du covid universel.

Président de la République, artistes, sportifs, humanitaires, sanitaires et soignants, ecclésiastiques, tous les milieux sociaux en subirent les désagréments.La liste des victimes dépassant les 72 000  désormais il serait indécent de l’ignorer davantage sinon de penser un jour honorer cette mémoire du destin qui s’abattit sur autant de victimes innocentes le long de ce temps d’infortune.

Sisteron pour l’exemple ville fermée, à l’heure où l’on ignorait l’origine de la peste prévenait les effets sur la population.

Depuis la peste noire au XIVème siècle, on change les pratiques.
Les romains dans l’Antiquité fuyaient les villes contaminées comme le dit le médecin de Galien qui s’en retourna chez lui faute de solutions autres que la fuite en avant et l’abandon de Rome soumise au 1er siècle à l’épidémie de la peste.

A Dubrovnik actuelle, dénommée Raguse d’antan, on innova mettant en quarantaine les navires, les équipages et leurs marchandises en 1377, suspects en provenance du Levant. Venise dès 1423 créa les lazarets ou hôpitaux pour les lépreux sur l’ile de Santa Maria di Nazaret. Le confinement faisait déjà ses preuves.

“Il fallait étouffer les risques de la peste” et lorsque la peste advint à Marseille en 1720, on fit preuve d’inadvertance fatale par la suite et  l’épidémie se répandit en Provence. Le Parlement d’Aix mit la ville “en interdit”, et l’idée d’une santé publique fit jour, pressant l’état de prendre le relai des autorités provinciales et de bloquer la Provence aux visiteurs.

On érigea “un mur de la peste”de trente kilomètres,  dont demeurent des vestiges oubliés dans la terre, pour cloisonner l’espace de la contamination existante.

Lambesc ou La Ciotat s’en souviennent tandis que d’autres villes s’isolèrent avec les malades et contaminèrent leurs voisinages, faute de le savoir, par pure ignorance.

2 – Préventions et hygiènes imposées.

On ferma églises et écoles placées sous bonne garde par la maréchaussée, surveillant les rues, les entrées et sorties des villes, et pénalisant ou tuant à bout portant,  les insoumis.

Les habitants munis de billets de santé pouvaient circuler de ville en ville, puis au XIXème siècle avec le choléra, on pratiqua les mêmes règles restrictives et de précaution sécuritaire.

Organiser de grands feux dans le coeur des cités pour purifier l’air ambiant , nettoyer et désinfecter de chaux les maisons, organiser des gestes barrières, se mirent  en place, du XIVème jusqu’au XVIIème siècle.

Le vinaigre ayant vertu préservative , on se lava les mains, rinça les monnaies dans le produit, trempa le courrier dans une eau purifiée et pratiqua des us hygiéniques totalement nouveaux pour l’époque.

Les musulmans dans l’empire andalou sous la férule du médecin Ibn Al Khatib rédigea à Grenade un traité sur la peste pour ses fidèles.

Les méthodes utilisées de nos jours n’ont dès lors rien de nouveau, et  s’inspirent des us déjà utilisés par les anciens.

- Les lazarets eurent meilleur accueil en Provence qu’en Afrique du Nord où leur diffusion ne trouva de réponse.

- Concernant les masques à longs becs d’oiseau, les tableaux du XVIème siècle montrent les praticiens de la médecine thaumaturge de ce temps, se protégeant par ces objets dans le suivi médical de leur métier de soignant.

Il est rappelé dans l’Indépendant des Basses Pyrénées le 2 mars 1919, “que le masque procure une immunité contre le microbe encore inconnu et que son port a été rendu obligatoire en Australie où l’épidémie fait des ravages”.

Le port du masque devenu habituel en Asie, il fut oublié en Europe. Les épidémies asiatiques ne soulevèrent aucune émotion dans le continent et se passèrent dans une indifférence souveraine.

Il n’en sera plus ainsi avec la covid venu de Chine dont il serait prématuré de relater l’historique en cours, en l’état, des méthodes et préventions retenues encore aux destinées incalculables pour le présent !

Répondre à () :


Captcha

| | Connexion | Inscription