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Danse
Malgré toutes les incertitudes, l’éclatant succès de Thierry Malandain et du « Temps d’Aimer »
Malgré toutes les incertitudes, l’éclatant succès de Thierry Malandain et du « Temps d’Aimer »

| Rédaction

Malgré toutes les incertitudes, l’éclatant succès de Thierry Malandain et du « Temps d’Aimer »

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Beethoven6 ©Olivier Houeix ©
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La 30ème édition du « Temps d’Aimer » qui vient de se dérouler à Biarritz, du 11 au 20 septembre, a bénéficié de critiques extrêmement élogieuses : « à Biarritz, la danse retrouve sa liberté. Premier des grands festivals chorégraphiques à reprendre depuis la pandémie, le « Temps d'Aimer la Danse » a renoué brillamment avec son public. Du Malandain Ballet à la danseuse Nach, le rythme aura été soutenu ». Après des mois de disette et de théâtres fermés, le festival de danse de Biarritz marquait ainsi la grande rentrée chorégraphique en France. Pour "Les Echos", "la danse a retrouvé sa liberté à Biarritz", tandis que "ConcertoNet.com" loue "l’effort fourni par les danseurs privés de scène et de répétitions pendant les longs mois de confinement, qui ont repris ce spectacle dans des conditions difficiles. L’émotion était aussi palpable chez eux que chez le public, qui reprenait aussi à bras-le-corps sa passion interrompue depuis un temps ayant paru interminable"

Et le Festival à peine achevé, la troupe de Thierry Malandain s’apprête à donner la « Pastorale » au Théâtre Victoria Eugenia de Donostia/Saint-Sébastien les 9 et 10 octobre prochains.
Créé à l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, il s’agit de sa 6ème Symphonie, dite « Pastorale », dans laquelle on peut voir en filigrane les sentiers fleuris de la pastorale antique, l’innocence des premiers temps. Ou bien encore, planant comme une auréole, les poussières sacrées d’Athènes. Couplée à la Cantate op. 112, et à quelques motifs des Ruines d’Athènes, dans les pas d’un « compagnon errant », la Pastorale invoque l’antiquité hellénique, comme lieu de nostalgie et de perfection artistique, de la douleur d’un désir sans fin à la béatitude de la lumière originelle.

La « Pastorale » au Théâtre Victoria Eugenia à Donostia/Saint-Sébastien les 9 et 10 octobre à 20h / entrée 13,50 € à 32 € / billets sur 
https://tickets.donostiakultura.eus/selection/event/date?productId=101639465355&lang=es&fbclid=IwAR0SyIk4UdDm1T9m7Q2113oh1n850Ia__x73cOQ3RIVm5TrGetIPZyt5kwA

Les médias écrivent à propos du Malandain Ballet Biarritz :
Dans "La Croix" : "Samedi soir, à la gare du Midi, un mois après avoir repris le chemin des studios, les danseurs du Malandain Ballet Biarritz ont enfin renoué avec leur public. (...) La grâce ciselée de la langue néoclassique et l’extrême maîtrise d’un groupe qui palpite à l’unisson emportent le public vers une célébration de la danse." 

Parmi les commentaires les plus élogieux, on relève encore ceux de Jacqueline Thuilleux dans la lettre de « ConcertClassic » :
"La danse a survécu au gouffre de ces derniers mois, et ce ne fut pas sans d’innombrables difficultés à surmonter que Le Temps d’Aimer a pu inscrire à son fronton sa 30e édition : une session riche et complexe, malgré les multiples annulations (des danseurs israéliens, notamment), les distanciations, les contrordres, une organisation tumultueuse dans la gestion des billets, compliquée à faire pâlir une fournée de souris, problèmes sans doute au niveau des coulisses et des plateaux, ce qui a nécessité de trop longs entractes : bref une tension générale mais un résultat vigoureux, ardent, avec de hauts moments de grâce, d’autres d’agacements, le tout pour montrer le courage de ces artistes, venus de multiples horizons chorégraphiques ou sociaux, mais qui gardent foi dans le langage du corps, même en danger…
Comment comparer les exquis moments mozartiens et beethovéniens dansés avec subtilité par le toujours harmonieux Malandain Biarritz Ballet et les folies furieuses de "La Horde", venue de Marseille, comment passer de la violente et combative féminité de la belle Nach, portée par la danse krump, à la descente dans les affres d’une solitude étouffante, mais prometteuse de renouveau avec "Serre" de Martin Harriague, l’un des espoirs contemporains, qui se joue dans une boîte transparente quoique enfumée. Un homme nu, prostré, s’ouvre peu à la vie, bientôt rejoint par une Eve tout aussi retenue: tous deux parlent le langage d’un retour à la respiration du corps et de l’âme, sobrement, et sans nulle provocation sexuelle, juste l’évidence de la nature. Malgré la présence du superbe Mickaël Conte face à Harriague lui-même, on a moins aimé A-Live, le lendemain, tout en alliages corporels infiniment dansés, mais moins prenants.
(...) Enfin, le Festival s’est clos avec un éventail ouvert sur la cour des grands, à savoir deux des plus brillantes compagnies actuelles de notre sphère, les Ballets de Monte Carlo et le Ballet du Capitole. Toutes deux exultant de donner enfin libre cours à leur joie de danser et de dire leur énergie toujours vivace. Impossible de ne pas être ébloui par le talent de Jean-Christophe Maillot, même lorsqu’il ne se lance pas dans le narratif, où il excelle : ici, c’était l’un de ses chefsd’œuvre, une manière de carte de visite que ce Vers un pays sage, lequel, dansé par de multiples compagnies mondiales et créé en 1995, n’a en fait rien de sage. La pièce, géométriquement fabuleuse par ses parallélismes toujours mouvants,  a été pensée en hommage à l’énergie dévorante de son père, le peintre et plasticien Jean Maillot : on y trouve un perpétuel bouillonnement de désirs, d’explosions joyeuses ou juste dynamiques, et elle se vit comme un stress permanent mais maîtrisé par la trépidation qu’impose la musique de John Adams, sorte de compilation obsessionnelle passant du Sacre du printemps à la Danse du Sabre, avec quelques remontées du Bal de la Symphonie Fantastique. Une séquence haletante, qui ne laisse respirer ni danseurs ni public. En regards, les courbes, les langueurs, les ondoiements d’Altro canto, déroulaient, sur des pages de Monteverdi essentiellement, comme une farandole de grâces fluides, sorte de pause dans le grand charivari contemporain.
Quant au Ballet du Capitole, on sait avec quelle ardeur parfois désespérée, Kader Belarbi y maintient le cap de la tradition autant que de l’ouverture, avec toujours la nécessité d’un langage écrit, structuré, compréhensible. On a goûté à nouveau, avec combien d’émotion, le douloureux voyage dans le cycle d’une vie que représente "A nos Amours", l’une de ses pièces les plus intimes et touchantes, qui raconte en trois couples entrecroisés, le cheminement de deux vies, tandis qu’on a apprécié aussi l’esprit très proche des pièces de Mats Ek, grand maître à  penser de Belarbi, de ses Liens de table, sur le superbe Quatuor n°8 op. 110 de Chostakovitch : atmosphère oppressante et écriture percutante. Mais on a beaucoup moins été sensible à la chorégraphie un peu molle de David Dawson, pour un Faune en chaussettes, (version piano). Ce malgré de superbes interprètes comme Philippe Solano et Ramiro Gômez Samon, vedettes de la compagnie. Mais à coup sûr, l’occasion était bonne de vérifier que ces compagnies piaffantes sont toujours prêtes à garder la danse vivante dans l’hexagone. Et de se dire que le Presbytère biarrot n’a rien perdu de son charme ni le jardin, ensemencé par le Temps d’aimer et Thierry Malandain, de son éclat.

Quant à "Mozart à 2 & Beethoven 6" par le Malandain Ballet Biarritz, Nicolas Villodre ne tarit pas d'éloges dans « Ballroom Online » : "pour célébrer la trentième édition du festival Le Temps d’aimer la danse, Thierry Malandain nous a gratifié d’une soirée de gala inaugurale (...) dans une salle comble, quelques jours avant le passage de la cité balnéaire en zone « rouge », qui a fait un triomphe aux deux ballets néoclassiques adaptant les bonnes feuilles de compositions classiques.
Dans les deux cas, Malandain suit fidèlement la partition, sinon note à note, en en respectant la rythmique et l’esprit. Cependant, il renouvelle constamment le vocabulaire chorégraphique classique dont il use comme d’une contrainte créatrice. Il se montre, pourrait-on dire, plus inventif que bien des chorégraphes dits « contemporains », chiches en idées et en trouvailles. Il s’autorise des écarts, des incartades, des extravagances, sans verser dans le kitsch. Son humour sied à l’esprit mozartien et il combine avec légèreté les manigances de l’amour et du hasard, sujet de chacun des six morceaux choisis qu’il détourne en autant de duos déconcertants. Il aère la 6e symphonie, l’enrichit d’une variété de danses puisées à toutes les sources : aux Ländler, aux rondes enfantines, aux farandoles, aux chorus lines du music-hall, aux contorsions circassiennes, à la danse libre d’Isadora à qui il emprunte la règle spartiate des déchaussés et les tuniques à la grecque.

Malandain innove dans le langage du ballet sans aller jusqu’à le mettre en cause ou en crise, ce qui explique en partie le succès de ses spectacles auprès d’une audience qu’il a su apprivoiser avec les ans. Sans prosélytisme, il milite pour la cause gaie, dans tous les sens du terme, valorisant les hommes jadis réduits au rôle de porteurs ou de faire-valoir de prime ballerine. Au cours de la soirée, se sont succédé en un perpétuel mouvement exercices au sol, reptations, génuflexions, roues et roulades, sauts de toutes sortes, passages en demi-pointes, postures de yoga, gestes quotidiens stylisés, gifles sonores réellement portées, pantomimes, réflexes mécaniques, suites gestuelles dos au public, danse-contact, danse animalière, ponts, hochements de tête, ralentis, frappes du talon, déhanchés. Ces extravagances ouvrent l’art du ballet à l’infini".

Et la plupart des critiques abondent en félicitations pour la danse retrouvée et la qualité de la troupe de Thierry Malandain, "délicieusement néoclassique"
Nous ferons nôtre en guise de conclusion cette critique d'Amélie Bertrand : "malgré les changements parfois de dernière minute, les consignes sanitaires et un sentiment que tout est un peu sur un fil, Le Temps d'aimer est resté tel que nous l'aimons : un festival à la grande exigence artistique et véritablement populaire. Avec ce plaisir immense de retrouver le spectacle vivant, avec en ouverture le Malandain Ballet Biarritz, qui faisait lui aussi son retour en scène, intense de musicalité entre Mozart et Beethoven".

La photo de la Gare du Midi est de Stéphane Bellocq

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