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Lire ...Le sacré  traverse le temps...
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| François-Xavier Esponde

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1 - Si le monde change au fil de générations qui se suivent, il est des constantes dans ces évolutions qui perpétuent des conduites personnelles autour de la vie, des saisons et des générations, du rythme suivi des années qui passent.

Dans l’Antiquité, les populations appartenaient déjà comme nous à plusieurs mondes à la fois.

On prête au monde juif et chrétien d’avoir prôné une foi personnelle à Un seul et l’Unique, dans un environnement où cohabitaient sans cesse une multitude de divinités actives et vénérées par les populations autochtones. S’agissant de la maisonnée et de tous ses sujets placés sous l’autorité « du pater familias », de ses femmes, ses nourrices, ses esclaves et de ses propres enfants.

Puis encore dans le monde extérieur, des rapports entretenus avec son quartier périphérique, et les temples qui pullulaient alentour de ces sanctuaires sous une veille constante de dévots et de visites continuelles.

La définition latine reçue de Cicéron rapporte que « toute religion  est le fait de prendre soin des divinités, de leur offrir un culte à leur nature supérieure comme divine selon les rites religieux qui leur conviennent ».

Il nous est familier de désigner ces rites de polythéistes et de la terre, mais dans les temps antiques on parlait de « polythéos », à plusieurs visages perçus pour les divinités comme faisant cause commune dans le commerce religieux des citoyens dans leur vie quotidienne. Car force était de retrouver cette pluralité de divinités supérieures mais jamais transcendantes ni immortelles puisque parfois soumises à leur propre mort et capables de recouvrer encore une force neuve.

Le citoyen de tout l’Empire recevait de « cette foi rituelle » la force morale de demeurer un citoyen à part entière, respectueux et appliqué aux pratiques rituelles de sa foi, qui lui donnait de siéger, comme tout autre citoyen dans l’assemblée publique de sa cité. Les hommes entre eux, dont étaient exclues les épouses, concubines et autres dames du sexe féminin, dans un espace sélectif et contenu à ce recrutement partisan.

Curieux monde des divinités et des hommes qui maintiendra l’Empire Romain au fil des siècles sur ces fondations primitivement religieuses. Sans ces croyances appliquées à la maisonnée, au quartier, aux associations combattantes et aux temples publics des cités, il n’y aurait pas eu de légitimité reconnue à cette civilisation qui fut pour l’histoire la référence de nos origines.

2 - Dans la maisonnée, les divinités « lares » occupaient le pater familias autour du feu, et des cultes domestiques rendus par des sacrifices animaux et végétaux à ces esprits selon les circonstances, bienfaisants ou malfaisants.

Sur les voies carrossables conduisant aux temples ou frayant le chemin le long des sanctuaires érigés à tant de divinités actives, on pouvait croiser de nombreuses femmes venues brûler leur cire d’abeille et rendre un culte aux dieux pour demander leur protection, et invoquer leur conduite. Dans l’espace public au milieu des assemblées venues délibérer sur les sujets relevant de l’intérêt du vivre ensemble de toute cité, les pratiques des cultes civiques étaient initiées selon l’importance des événements célébrés, de sacrifices animaux d’importance.

Le sang versé en public, au vu et au su de toute assemblée donnait à la ritualité toute sa densité.

Tout citoyen désigné par le sort pouvant accomplir ces tâches pour le bien de toute communauté, si rien ne laissait soupçonner de manquements à ces obligations civiques, pouvait tenir cette fonction honorifique qui demeurait une faveur des divinités elles-mêmes pour l’avoir accordée à ces prétendants.

La vie dans ces oratoires incalculables des cités permettait de consulter les oracles, il n’était pas étranger d’y trouver quelques divas inspirées qui prédisaient la fortune du destin, particulièrement aux jeunes hommes en quête de révélations sur leur avenir de guerrier, des combats à mener ou, le plus simplement du monde, dans l’attente de croiser l’une des favorites de la vie partagée, à laquelle le père veillait le premier dans cette société patriarcale où les décisions étaient prises sous sa gouverne.

3 - Parmi les sanctuaires, on pouvait trouver les espaces de jeux, tels ceux d’Olympie où l’on se risquait à la chance et aux paris sportifs et pécuniaires. Les divinités absorbées par toutes ces attractions ne pouvaient qu’ajouter à leur contentement la faculté « des cultes à mystères » que tout un chacun cultivait comme l’horoscope des prédictions futures et la faculté de recevoir le pouvoir d’initiation suivant un état suivi de pratiques continues probatoires et de vœux prononcés au terme d’un tel processus.

Ne sourions pas : nous n’avons rien appris ou imaginé d’autre que de telles pratiques que nous portons aujourd’hui aux jeux, tiercés, tombolas, loteries conventionnelles, aux consultations privées d’oracles et d’horoscopes de nos vies, aux guérisseurs et consultants de cabinets confidentiels, de cultes aux sports, aux équipes, aux joueurs, aux chevaux et à leurs montures, que nous adorons comme des divinités du stade et de terrains sportifs.

Rien de neuf sous le soleil sinon l’affection naturelle voulue par notre nature en quête d’absolu et de transcendance, comme en ces temps jadis où le destin de chacun éveillait les cultes aux esprits supérieurs, sans lesquels il leur semblait que leur vie était absente de l’inaccessible !

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